Édition internationale

EXPATRIATION – Quelles plus-values lors de son retour en France ?

Écrit par Lepetitjournal Singapour
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Après plusieurs années passées à l'étranger, comment valoriser ses compétences et ses savoirs -être afin que les effets positifs de cette expérience se prolongent et se perpétuent lors du retour en France.

Les expatriés français sont un million et demi à travers le monde et leur nombre a progressé de 40% depuis les années 2000. Aux quatre coins du monde, ils accompagnent la mondialisation de leurs employeurs. Quand ils rentrent en France, après plusieurs années à l'étranger, il va s'agir pour l'expatrié en poste, comme pour son conjoint, de savoir valoriser ses compétences et ses savoirs-être pour que les effets positifs de cette expérience à l'étranger se prolongent et se perpétuent au retour en France.

Pourquoi valoriser ses compétences ?
L'expatrié a envie que ses nouvelles compétences soient reconnues dans ses nouvelles fonctions.
En général, les entreprises exploitent peu les compétences acquises à l'étranger, les témoignages allant dans ce sens sont nombreux. « A mon retour, et malgré ma compréhension du fonctionnement des filiales suite à un poste régional en Asie, ma direction en France gardait une vision réduite des problématiques et ne prenait pas en compte le discernement que j'avais acquis lors de mon expérience à l'étranger » nous explique Pierre. Le « retour sur investissement » ne se fait pas tout de suite : « Il faut être patient », explique Patrice de retour à Paris après quatre années en Chine.

L'expatrié de son côté ne semble pas enclin à mettre en avant ses nouvelles compétences dans sa propre entreprise. Il le fait généralement plus naturellement et avec plus d'assurance devant un chasseur de tête.
Cependant pourquoi ne pas convaincre dans sa propre société en valorisant ses nouvelles compétences, en expliquant et étayant son discours afin d'utiliser son expérience « overseas » comme un tremplin professionnel. L'expatriation devient alors un « accélérateur » de réussite personnelle et professionnelle.

Le conjoint, quant à lui, ne prend pas toujours conscience de la valeur ajoutée de l'expatriation dans sa vie professionnelle et/ou personnelle. Cependant il a lui aussi une carte à jouer dans la valorisation de son expatriation. Il doit souvent faire face à des idées reçues vis-à-vis du temps passé à l'étranger.
Caroline après 7 années d'expatriation en Amérique du Sud fut surprise du scepticisme des recruteurs vis-à-vis de son interruption professionnelle. Pourtant, très active durant cette période, elle n'avait pas l'impression d'avoir perdu son temps.
Valoriser les compétences acquises permet indéniablement d'être plus armé lors d'un retour.

Comment valoriser ses compétences ?
Première étape : l'identification de sa valeur ajoutée.
 Il faut savoir identifier, reconnaître les apports de l'expatriation et les changements opérés.
Les questions suivantes peuvent être un outil de réflexion:
Qu'ai-je acquis en matière de savoir-faire et savoir-être? Quelles sont mes nouvelles compétences transférables ? Sur quelles réussites puis-je m'appuyer ? Quelles ont été mes difficultés et qu'ai-je mis en place pour les surmonter ? Qu'est-ce qui a changé dans ma perception globale des situations ? Dans mon efficacité ? Ma résistance au stress ? Ma capacité à comprendre les situations?
Bien entendu c'est à chacun de personnaliser cette approche.

Deuxième étape : avoir un projet professionnel clair
Voilà quelques questions essentielles à ce stade du processus :
Au regard de mon expérience, de mes nouveaux acquis identifiés, en termes de compétences et de savoir-être, qu'ai-je envie de faire ? De ne plus faire ? De faire autrement ? Quelles sont les compétences que je souhaite absolument conserver dans ma prochaine étape professionnelle ? Au sein de mon entreprise est-ce possible ? Ai-je envie de me lancer dans une autre aventure professionnelle ?

Troisième étape : en être convaincu(e) et communiquer
L'expatrié n'a pas toujours conscience de ces changements, de cette valeur ajoutée. Il a le plus souvent changé « à son insu ».
Cependant, afin de communiquer positivement sur son expérience, il faut être convaincu de la réalisation de ses changements.
Faire un travail d'analyse de son expérience professionnelle et personnelle suivi d'une réflexion sur son avenir professionnel est un premier pas vers sa propre prise de conscience. Communiquer et convaincre sera le deuxième.

Quelques exemples de changements positifs
Une nouvelle façon de travailler, plus souple et adaptable : travailler et vivre dans un environnement multiculturel demande une remise en cause de ses habitudes et de ses réflexes en termes de management et d'organisation. Au retour on est plus enclin à comprendre les problématiques et à mettre en place différentes stratégies gagnantes.

Au delà de l'apprentissage d'une nouvelle langue ou d'une nouvelle culture, les nouvelles compétences acquises sont nombreuses. Pour le cas particuliers des expatriés, les périmètres des postes à l?étranger sont souvent plus larges et plus flous, les attentes des responsables et du siège plus importantes ; il faut savoir « monter en puissance » sur son poste, et développer son autonomie et ses savoir-faire.

Le conjoint qui n'a pas travaillé a également acquis de nouvelles compétences au travers de ses nombreuses activités. "M'investir dans une formation culturelle et linguistique donnant accès à une activité extraprofessionnelle m'a permis de développer de nouvelles compétences : la prise de parole devant un groupe dans une langue étrangère et la communication d'informations après étude de nombreux documents" témoigne Hélène.

Savoir travailler dans l'urgence, sans balises, savoir gérer son stress, savoir maintenir le cap en étant toujours autant impliqué dans ses missions, l'énergie et le positivisme déployés, sont des moteurs qui doivent être encouragés et mis en valeur au retour.

L'expatriation c'est aussi une opportunité de tisser un réseau professionnel international sur différents continents et de développer son network. Savoir faire tomber les barrières est une compétence souvent acquise et indéniablement positive lors d'un retour en France.

Valoriser ses compétences se fait bien entendu en amont, dès que la question du retour se pose. L ?expatrié identifie ses nouveaux points d'appui et ses leviers de changement, il valorise son expérience.
Il met ainsi toutes les chances de son côté, pour rentrer dans de bonnes conditions, avec la perspective d'un poste qui va correspondre à ses attentes.

Françoise Carbonnel, Aude Beneton, Marie Rivière et Catherine LazBounatirou ? Harmony Mobility
(www.lepetitjournal.com-Singapour) lundi 6 mai 2013

logofbsingapour
Publié le 5 mai 2013, mis à jour le 5 janvier 2018
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