Singapour

FESTIVAL CULTUREL VOILAH! 2017 – « Mettre en lumière l’innovation et la créativité de la France », Laurence Lochu, directrice de l’Institut Français

A quelques jours du lancement du Festival VOILAH! Laurence Lochu, Conseillère Culturelle et Directrice de l’Institut Français de Singapour, évoque à travers sa programmation la place de la culture française à Singapour : celle d'une ambition affichée d'une France innovante et tournée vers l’avenir. Elle revient également sur les liens culturels entre Singapour et la France encouragés par une politique française active. 

 Singapour/laurence Lochu

Laurence Lochu, Conseillère Culturelle et directrice de l’Institut Français de Singapour

www.lepetitjournal.com/singapour - Le 8 avril est lancé le festival Voilah ! qui met en avant pendant 6 semaines la  culture française à Singapour. Pouvez vous nous donner les principaux axes de cette nouvelle édition ? 

Laurence Lochu - Le festival français Voilah! a été relancé il y a 2 ans par le précédent ambassadeur de France, Benjamin Dubertret. Nous sommes à la 3ème édition du festival sous son nouveau concept. Les résultats sont positifs en termes de fréquentation : 310 000 visiteurs en 2016 ; il a bénéficié en outre d’une excellente couverture médiatique.

Après ces deux années de relance qui ont su conquérir le grand public et les médias, il était important à présent de donner une identité plus forte et plus ciblée à ce festival. Dans la lignée de l’ensemble de notre action, nous avons placé cette manifestation sous la thématique de l’innovation et de l’imagination. Notre slogan cette année est : « France imagines, France innovates ».

Quand on évoque la culture de notre pays, on pense d’abord au patrimoine français, à notre histoire. Cela fait partie de notre « ADN » comme la gastronomie ou le vin, secteurs toujours présents dans notre programme cette année.  A travers ce festival, nous voulons cependant mettre en avant la créativité et le savoir-faire de nos entreprises culturelles. C’est une volonté claire de l’Institut Français d’axer ce festival sur les industries créatives, pour communiquer sur une France innovante. Par les différents événements culturels, nous voulons non seulement construire un lien affectif entre la France et le grand public singapourien, mais aussi montrer une France moderne, dynamique, tournée vers l’avenir. 

Vous avez pris vos fonctions en septembre 2016. Comment vous êtes-vous insérée dans votre mission et dans l’organisation de ce festival culturel ? 

- Je bénéficie d’une longue expérience à la fois dans la coopération culturelle et dans l’organisation de festivals de culture française à l’étranger. J’ai fait partie de l’équipe des débuts du French May (1996-1998), festival à Hong-Kong, qui a inspiré la relance du Festival Voilah!. En 2010-2014, j’ai coordonné le festival Croisements en Chine du Sud-Ouest, qui durait plus de 3 mois avec des événements d’envergure, et auparavant j’ai accompagné l’année croisée France-Russie… Mes missions à Singapour sont diversifiées : coopération artistique, scientifique, universitaire, ce qui me permet de tracer des ponts dans la programmation de Voilah!, qui a été bâtie par toute l’équipe de Institut Français.

Quels seront  donc les événements phares de ces deux mois ? Singapour/voilah opening

- A travers cette nouvelle programmation, très rythmée tout au long de ces six semaines, nous avons essayé de couvrir tous les champs de la création et l’ouvrir au maximum au grand public. Nous allons être présents dans les lieux emblématiques de Singapour, où le public aime aller. 

Le message de notre politique culturelle à Singapour s’oriente vers les industries créatives et notre expertise dans les nouveaux médias, afin de faire savoir au grand public singapourien que la France a de très bons atouts. Je suis convaincue que la France dispose d’un potentiel de créativité supérieur à  beaucoup d’autres pays et il faut le faire savoir ! Cette créativité française touche un large nombre de domaines et c’est pour cela que la programmation de Voilah ! est diversifiée.

Par exemple, un de nos marqueurs forts cette année est l’exposition autour de la société Ubisoft qui sera présentée au National Design Center à partir du 18 avril, entreprise emblématique de cette créativité française et de son rayonnement international. Nous mettons aussi en avant notre culture scientifique : ainsi nous organisons des visites pour les étudiants dans les grands centres de recherches d’entreprises françaises basées à Singapour. A l’Alliance française, des films d’animation, qui font notre renommée à travers le monde, seront projetés. 

Cette « envie de France » passe également par la promotion du tourisme notamment avec notre région partenaire de cette année : l’île de France. 

Et puis, cette innovation sera aussi visible à travers les spectacles. Lors du grand week-end d’ouverture, nous investissons des lieux emblématiques de Singapour, comme Gardens by the Bay ou le jardin botanique, et nous présenterons des créations de la Compagnie Mademoiselle Paillette, qui se produira dans les jardins et « les airs » avec des acrobates suspendus... Ces événements sont gratuits et ouverts à tous, accessibles aux familles : c’est une volonté très forte de ma part d’inviter tout le monde à participer à la soirée d’ouverture. Le 8 avril au soir, il y aura aussi le vernissage de l’exposition du photographe Chris Morin-Eitner, et une projection du film en plein air The Artist de Michel Hazanavisius. Nous voulons faire de ce week-end une grande fête dédiée à la culture française. 

Qu’attendez-vous en termes de retombées de ce festival ? 

- Nous souhaitons bien sûr une fréquentation en hausse. Par ailleurs, ce festival, soutenu par des entreprises françaises, est organisé avec de nombreux partenaires singapouriens. Nous travaillons toujours en relation avec les institutions culturelles locales et avons réalisé de nombreuses co-productions. Nous espérons installer ces partenariats dans le temps. Certains projets s’inscrivent sur plusieurs années comme par exemple la production d’une pièce de théâtre, mise en scène par Jacques Vincey, qui sera lancée pendant le festival, ou bien l’organisation du Symposium sur les mutations urbaines en vue d’une grande exposition au Science Centre l’an prochain.

La France est le seul pays qui a signé un accord culturel avec le gouvernement singapourien, en quoi consiste-t-il ? 

- C’est un accord-cadre qui a été signé entre nos deux gouvernements en 2009. Dans le même temps, un fonds a été lancé pour 10 ans, géré par le gouvernement singapourien, qui permet aux institutions culturelles françaises et aux artistes français d’être des partenaires de choix pour tous les acteurs culturels singapouriens : festival, théâtre, lieux d’exposition. 

C’est donc grâce à cet accord qu’il y a eu récemment de magnifiques expositions de nos collections dans les musées singapouriens : celles de Beaubourg, du Louvres. Des artistes français sont  également programmés dans les plus grands festivals comme à la dernière Biennale d’art contemporain, au Night Festival ou au Singapore International Festival of Arts (SIFA). Toutes ces initiatives variées ont pu voir le jour grâce à cet accord. 

Sur le plan culturel, la visite du chef de l’Etat a-t-elle amenée de nouveaux partenariats ou de nouveaux accords dans ce domaine ? 

- Oui, tout à fait. Pour inscrire une nouvelle étape à cet accord, un séminaire Malraux sera co-organisé en mars 2018 par les deux ministères de la Culture singapourien et français avec comme thématique l’innovation dans le domaine culturel : ingénierie, nouveaux médias, nouveaux publics. 

Par ailleurs, des acteurs culturels étaient présents dans la délégation qui accompagnait le chef de l’Etat, notamment une représentante de la Gaîté Lyrique, un lieu hybride de culture numérique à Paris, avec lequel nous envisageons des coopérations franco-singapouriennes. D’autre part la présidente du  musée Guimet prépare une exposition qui devrait être présentée à l’Asian Civilisations Museum en 2018… 

En attendant ces belles perspectives, j’invite les Français et Singapouriens ce week end pour l’ouverture de Voilah!.

 

Propos recueillis par Clémentine de Beaupuy, www.lepetitjournal.com/singapour, le mercredi 5 avril 2017

 

Tout le programme du festival ici

et sur la page Facebook et le site de Voilah! 

 
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