Shanghai

SHANGHAI MODE D’EMPLOI - Le permis de conduire chinois !

Par Aurélie Evalet

Ce qu’on sait des routes à Shanghai, c’est qu’elles sont une suite d’embouteillages permanents; on sait également que les pare-chocs se frôlent souvent, et que pour la plupart d’entre nous, ce ne serait pas forcément un cadeau que de nous laisser au volant d’une voiture dans cette jungle ! Pourtant, quelques irréductibles font quand même le pari de la conduite, quitte à devoir adopter des repères… qu’il faudra s’empresser de perdre en rentrant en France !

(crédit photo AE)

Ce qui se dit lorsqu’on arrive à Shanghai (et ce serait valable partout en Chine), c'est que sur la route règne la loi du plus gros ! Le bus l’emporte sur la voiture, qui l’emporte sur le scooter, qui l’emporte sur le vélo, qui l’emporte sur le piéton ! Qu’est-ce que ça signifie ? Que le piéton est la dernière roue du carrosse, et qu’il doit faire attention à tout. Vous n’êtes pas sans ignorer quelques règles basiques : aux carrefours, les véhicules ont la liberté de tourner à droite, même au feu rouge ; et même si le bonhomme du passage piéton est vert pour les 30 prochaines secondes, regardez-y à deux fois avant de traverser la deux fois quatre voies… Surtout, gardez bien votre sang froid si vous vous faites frôler par un pare-choc ou qu’on vous refuse le passage… c’est normal, et on s’y fait à la longue.

Se lancer !

Mais alors, comment faire pour devenir le roi de la route à Shanghai, pour monter dans la hiérarchie du plus fort… pour passer du côté obscur ? En ayant un permis de conduire valide bien sûr !
Sachez dans un premier temps que des négociations sont engagées depuis mars 2010 entre la France et la Chine concernant la reconnaissance du permis français sur le sol chinois. Mais ce n’est pas si simple d’arriver à un accord longue durée semble t-il.

En attendant, conduire en Chine n’est pas interdit aux laowai, mais présenter son papier rose ou son permis international n’a aucune valeur. Après pas mal de démarches de traductions, photocopies en tout genre, photos d’identité, visite médicale et RMB dispersés à droite à gauche, quelques semaines de bachotage s’imposeront à vous : la procédure d’obtention du permis chinois est semblable à la française, mais puisque vous aurez déjà fait vos preuves sur route en France, vous n’aurez que la théorie à valider en Chine ! Cette procédure allégée, sous forme d’un examen QCM, ne se prépare pas le soir après le travail ou le samedi matin dans une "salle d’auto-école" avec rétroprojecteur et diapositives, mais seul, applications smartphone et livres à l’appui ! Un millier de questions à apprendre par cœur, 100 d’entre elles le jour J, et une marge de 10% d’erreur, voilà ce qu’il vous faudra braver. Finalement, c’est le test du code de la route que vous allez repasser, mais la version chinoise est bien plus originale ! Comme en France, le verdict est immédiat, mais si vous ne réussissez pas du premier coup, vous pouvez repasser l’examen autant de fois que vous le voulez sans frais supplémentaire, même plusieurs fois en un mois s’il y a de la place !
Attention, pour bénéficier de cette procédure, il vous faut un visa de séjour supérieur à 90 jours. Détenteur d’un visa touriste d’une durée inférieure, vous n’avez pas été oublié pour autant : votre sésame s’appelle le permis de conduire temporaire, qui vous sera remis sur présentation de votre permis français et d’un visa valide, et qui sera valable pour la durée de votre séjour.

Bulldozer VS vélo (photo AE)

Mais le passer… en quelle langue me direz-vous ?

A Shanghai, dans de nombreuses langues, mais c’est vers l’anglais qu’il faut vous tourner, car c’est cette traduction qui vous paraîtra la moins farfelue ! Le passer en français, n’y songez même pas… pour le coup, c’est votre propre langue maternelle qui vous paraîtra "être du chinois" ! Notez tout de même que si vous passez votre permis dans une plus petite ville, il y a fort à parier que seule la langue chinoise soit disponible… alors s’offre à vous la possibilité d’avoir un traducteur à vos côtés le jour de l’examen. Vous vous en doutez, il ne fera pas que traduire, moyennant une petite rémunération supplémentaire, il garantira que vous obteniez au moins les 90% de bonnes réponses requis !
Quant à ceux qui n’ont pas de permis tout court, vous êtes autorisés à faire comme tout Chinois : vous rendre dans une auto école et passer l’ensemble du permis ! La seule difficulté – la première plutôt, d’autres suivront sûrement… -, sera de trouver une école qui vous accepte si vous ne pouvez pas parler mandarin… Toutes les infos ici.

 

Pour vous mettre en appétit, un petit exemple croustillant :
" En cas de blessure abdominale ouverte, si l'intestin est à l'air libre, faut-il :
A. le remettre en place ?
B. ne rien faire
C. le recouvrir d'un récipient qu'on aura fixé avec un tissu autour du corps?"
A question évidente, réponse évidente ! La réponse est C…

 

 

 

 

Acheter ou non une auto ?

En Chine, une fois son bolide acheté, il faut s’acquitter de l’achat de son immatriculation, et dans les grandes villes comme Shanghai, cela coûte entre 40 et 80 000 RMB (!)… C’est en effet un système d’enchères mensuelles qui régule leur vente, système mis en place afin de limiter le nombre de voitures en circulation ; à Shanghai, 7500 immatriculations sont distribuées chaque mois, pour plusieurs dizaines de milliers de candidats ! Pour les étrangers néanmoins, il est en général conseillé d’aller acheter une plaque d’une ville voisine, une waidi paizhou, bien moins chère pour quelques inconvénients minimes, tels que vous limiter l’accès aux gaojia shanghaiennes à certaines heures.
Le système d’enchères est en place depuis une vingtaine d’années en Chine, il a bien entendu ses limites, dont la première est l’envol des prix lors des ventes. D’ailleurs, quelques tristes records ont déjà fait les gros titres, malheureusement pour ces acheteurs qui ont peut-être payé plus cher ces deux malheureux morceaux de métal que la voiture en elle-même !

Merci à Florian et Valentin, volontaires au permis, pour leurs réponses et leur aide !

Sous la Yanan (photo AE)

Aurélie Evalet lepetitjournal.com/shanghai Jeudi 27 novembre 2014

Infos supplémentaires
Pour connaître toutes les étapes vers le permis, suivez ce lien.

Traduction des documents : 
Shanghai Interpreters’ Association
1277 Beijing lu (W), Room 1607
Tel. 63239910
Ouvert de 9h à 16h30 du lundi au vendredi

Centre du permis :
Driving License Issuing Authority, Shanghai Vehicle Management Bureau
1330 Hami lu (croisement Kele lu), à proximité de l’aéroport de Hongqiao

Réviser : ce PDF est parfait, il reprend toutes les questions  / sur smartphone l'appli China drive Thinknao (App Store / Androïd / .apk) est également pratique, mais ne reprend pas toutes les questions / tout ce que vous avez toujours voulu avoir sur les gestes des agents de police aux carrefours / et n'hésitez pas à vous mettre en situation d'examen via le site de test http://www.chinesedrivingtest.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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