Shanghai

CHRISTINE LEANG – Le défi de la quête d’identité

Par Lydie Helmy

Christine Leang est de plus en plus connue dans la communauté française de Shanghai. La publication de son livre "Embarquement pour la Chine" durant l’été 2013 l’a propulsée sur le devant de la scène et cela continue ! Lepetitjournal.com/shanghai a rencontré cette personnalité au parcours singulier qui fait réfléchir sur la difficulté d’être soi lorsque l’on a grandi entre deux cultures.

Naissance apatride dans une famille déracinée depuis deux générations

Christine LEANGLa famille de Christine est d’origine chinoise. Ses quatre grands-parents naissent à Canton, au sud de la Chine. Dans les années 1930, encore jeunes enfants, ils fuient avec leurs parents l’invasion japonaise qui a commencé au nord du pays et qui s’étend vers le sud. La destination refuge est le Cambodge, où les deux parents de Christine viennent au monde. La culture familiale du pays d’origine continue de se transmettre jusqu’au Cambodge, puisque le quartier et l’école des parents sont chinois. En 1967, la guerre civile éclate au Cambodge. Les Khmers Rouges s’emparent finalement du pouvoir en 1975, et s’inspirant de l’idéologie maoïste qu’ils poussent à l’extrême, vident les villes de leurs habitants et imposent les travaux forcés. Ils veulent reconstruire une société en partant de zéro et rendre la terre aux paysans. Les parents de Christine, appartenant à la classe intellectuelle, sont menacés de mourir par exécution. Il faut fuir à nouveau ! La famille compte déjà trois jeunes enfants, et la mère est enceinte de Christine. Après une première tentative infructueuse, la fuite initiée en janvier 1980 est la bonne. Un long trajet à pieds vers la Thaïlande s’engage alors, à travers montagnes, forêts et champs truffés de mines, emportant avec lui les vies de deux des enfants… Une semaine après l’arrivée dans un camp de réfugiés de l’ONU, le 8 juillet 1980, comme une revanche sur la mort, Christine nait.

Une enfance et une jeunesse en France

La Thaïlande n’est qu’une étape. Dans le camp, les informations venant de l’extérieur circulent et on fait rapidement savoir aux parents de Christine qu’une partie de la famille a trouvé refuge en France à Paris. Un autre départ s’organise. En octobre 1980, Christine et sa famille débarque à Paris. L’entourage et l’éducation de Christine sont chinois. Elle intègre le système éducatif français et grandit dans un quartier de banlieue pour le moins multiculturel. Pour autant, Christine ne connaît aucune disharmonie identitaire durant son enfance.

Le voyage en Chine, déclencheur de la quête d’identité

C’est à quinze ans, lors de son premier voyage en Chine avec ses parents, que Christine prend conscience de sa différence. A son retour, elle comprend que, surtout dans les milieux élitistes, on ne la considère pas comme les autres parce que ses origines étrangères sont visibles. Harassée par cette stigmatisation permanente, elle décide de mieux connaÏtre ses racines en s’inscrivant à des cours de chinois à Paris et, à la fin de son DEA d’anglais, en suivant un programme de MBA à Shanghai d’un an. Sur place, la fréquentation volontairement exclusive des Chinois lui montre qu’elle n’est pas chinoise non plus !

Christine doit alors trouver sa propre identité et faire ses propres choix, et non pas ceux d’une communauté quelle qu’elle soit. Ce n’est pas chose facile lorsque l’éducation des parents privilégie le groupe à la personne, et inculque l’obsession de la sécurité financière qu’ils ont subie de par leurs épreuves. Ce n’est pas chose facile non plus quand il faut expliquer ses choix privilégiant la famille avant tout à des Français, plus individualistes ! Trouver son identité résulte d’un combat quotidien, mais qui en vaut la peine. Christine continue de vivre à Shanghai depuis 2005. La bonne humeur des Chinois et leur regard frais sur les choses, s’opposant à l’aigreur ou l’amertume, lui plaisent. Shanghai est devenue sa ville de cœur. Elle y a tissé un large réseau amical et professionnel qui lui a permis, après plusieurs expériences dans des industries aussi diverses que variées, de développer sa passion : l’art de l’écriture, en tant qu’écrivain, mais aussi à travers le coaching en écriture, et une activité de conférencière. Les contours de son identité sont plus nets, même s’ils cherchent toujours davantage de précisions. C’est le chemin de toute une vie.

Lydie Helmy lepetitjournal.com/shanghai Jeudi 5 mars 2015

 
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