Shanghai

ENTREPRISE - Syngenta sous drapeau rouge

L’affaire a pris 14 mois à être validée : en février 2016, l’helvétique Syngenta, n°2 mondial de l’agrochimie était racheté par ChemChina, 43 milliards de $. En même temps, se faisait la fusion de DuPont et Dow Chemical (130 milliards de $) et le rachat de Monsanto par Bayer (66 milliards de $), réduisant le nombre des acteurs mondiaux de 6 à 3, qui détiennent ensemble 60% du marché des semences et 75% des pesticides et régulateurs de croissance végétale.

La reprise de Syngenta enchantait les actionnaires par la grosse plus-value offerte. Elle plaisait aussi à l’entreprise, assurée contre toute reprise hostile, bien placée désormais sur le plus grand marché du monde -1,4 milliard de bouches à nourrir, en sus de ses marchés extérieurs et de la coopération chinoise en Afrique, Asie Centrale ou au Cône Sud.

14 mois ont passé en discussions avec l’UE et les USA pour vérifier que Syngenta, chinois, ne dominera pas leurs marchés. Ils ont donné leur feu vert, moyennant la cession par Syngenta de sa filiale Adama au Californien American Vanguard, d’une majorité de ses formules pesticides et adjuvants des semences (céréales, betterave).

Pour Pékin, le profit est grand : 20 ans de recherches stériles en OGM sont oubliés. Le pays dispose à présent de laboratoires de R&D hors-pair, de quoi créer un grand succès sous 10 ans. Combinant cet outil à un effort de remodelage du terroir (remembrement) et de réforme du crédit rural et du droit foncier, la Chine est en train de se doter des moyens d’une agriculture intensive, capable de nourrir une clientèle chinoise exigeante et d’exporter.

Toutes les incertitudes ne sont pas balayées. À Bâle, Erik Fyrwald, CEO de Syngenta, croit que le management restera 100% indépendant. Mais la Chine à ce jour, n’a jamais réussi à racheter une firme sans tenter de lui imposer son propre style de gestion. En outre, ses besoins sont souvent différents de ceux du reste du monde, comme en graines oléagineuses pour lesquelles le sol chinois n’est pas adapté. La Chine saura-t-elle laisser Syngenta rechercher et produire en Chine-même, en concurrence avec des rivaux locaux malgré leurs puissants lobbies ? Saura-t-elle s’abstenir de bloquer des ventes par Syngenta à des pays avec lequel elle se trouve momentanément en litige, comme aujourd’hui avec la Corée du Sud suite au déploiement sur son sol d’une rampe Thaad anti-missiles ? Sur la manière dont la Chine réagira face à un tel défi, la page d’histoire de l’avenir reste à écrire, et rien n’est acquis.

Eric Meyer (VdlC) pour lepetitjournal.com/shanghai Mardi 11 avril 2017

Informations complémentaires :
Extrait du n°13 du 10/04/17 au 16/04/17
www.leventdelachine.com

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