Le 15 novembre, nous fêtons la proclamation de la république du Brésil par Deodoro da Fonseca, en 1889. Quelles ont été les circonstances de ce coup d’état historique qui a sorti le Brésil de la monarchie ?

Gravure de Deodoro da Fonseca, Bibliothèque Nationale

C’est en 1889, que le maréchal Deodoro da Fonseca, menant un groupe de militaires de l’armée brésilienne, instaura un coup d’état, et déposséda Dom Pedro II de son empire. Le 15 novembre, à Rio de Janeiro, alors capitale de l’Empire du Brésil, la république du Brésil fut proclamée. Rui Barbosa, signa le premier décret du nouveau régime, instituant un gouvernement provisoire. Prévu initialement pour le 20 novembre, le coup d’état a été anticipé car des rumeurs annonçaient que da Fonseca allait être emprisonné.

Les révolutionnaires occupèrent d’abord le quartier général et le ministère de la guerre, dont ils arrêtèrent le président, Afonso Celso de Assis. Dom Pedro, revint en catastrophe de Petropolis, pensant qu’il allait nommer un nouveau chef de cabinet. Il fut donc surpris face à la sommation de quitter le pays. Car les idées républicaines n’étaient pas très en vogue parmi le peuple, même à la veille de la proclamation du régime provisoire. Le mouvement du 15 novembre, n’avait rien d’une agitation populaire. Mais le régime de l’empereur était fragilisé par une série de facteurs, qui faisaient de la république le seul salut possible à la souveraineté du pays.

Drapeau inspiré des Etats-Unis, proposé à da Fonseca dans les jours suivants la proclamation et immédiatement refusé par celui-ci, connu sous le nom de “drapeau du régime provisoire”.

Le contexte de crise politique, économique et sociale
Dom Pedro II, n’avait que des filles, et son ainée, la princesse Isabelle, était promise au Français Gaston d’Orléans. Aussi, une classe moyenne de fonctionnaires publiques, professions libérales, artistes et commerçants, réclamait plus de participation dans la vie politique et soutenait les idéaux républicains. D’autre part, la guerre de la Triple Alliance (le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay contre le Paraguay, de1864 à 1870), avait été financée par des capitaux externes, le Brésil devait rembourser de lourdes dettes, et l’inflation se faisait sentir.

Au niveau social enfin, la fin du trafic négrier rencontrait de fortes résistances parmi les élites conservatrices, qui réclamaient des compensations à l’état. L’abolition de l’esclavagisme en 1888, marqua un tournant dans l’appui des grands propriétaires terriens, qui se tournèrent vers la cause républicaine, n’ayant plus d’avantage à soutenir la couronne. Même l’église n’était plus un appui pour le régime de l’empereur : toute ordonnance du pape devait être approuvée d’abord par Dom Pedro II, ce qui conduisit à une désobéissance des évêques. L’ensemble de ces facteurs, laissait entendre que la monarchie avait fait son temps. Malgré des tentatives de réformes par le vicomte d’Ouro Preto, Deodoro da Fonseca devint le premier président du Brésil.

LB (www.lepetitjournal.com – Brésil) Rediffusion

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