São Paulo

EXPAT - Quand les bacheliers prennent leur envol

Les résultats du baccalauréat approchent pour les lycéens de l'hémisphère sud. Et c'est bientôt une nouvelle vie qui commencera pour ces jeunes bacheliers. Que faire des neufs mois qui précèdent la rentrée universitaire française ? Comment gérer cette période de bouleversements ? Voici quelques pistes pour bien préparer cette transition à la fois source d'angoisses et d'excitation.

En cette fin de mois de novembre, la tension est palpable autour des lycées français du Brésil. Les résultats des examens vont bientôt tomber, annonçant le début de la fin de l'année scolaire. Trois niveaux concernés : les Troisièmes, les Premières et les Terminales ; trois épreuves : le Brevet des Collèges, le Bac Français et le Baccalauréat (L, ES et S).

Alors dans un mois, que deviendront ces élèves ? Les adolescents de Troisième profiteront de leurs vacances avant de reprendre le chemin des cours dès février. Les Premières feront de même. Quand aux bacheliers, leur vie prendra un virage définitif. Dernière ligne droite, de trois à cinq ans, avant d’entrer dans leur vie d’adulte : les études supérieures.

Ici, ce "fichu" système hémisphère sud peut, au début, sembler pénaliser nos ambitions parentales si nous avons choisi d’envoyer notre enfant en France. Parce qu’il y a bien longtemps que tout son suivi a été pensé et réfléchi, de l’ambition nous en avons à revendre. Alors ce décalage perçu au premier abord comme "une perte", va se révéler être un atout indéniable pour les préparer et leur donner "un plus". Une possible demi-année de libre avant d’attaquer prépa ou fac, car tout dépend de celles visées, certaines proposant des admissions en février, spécialement pour ces bacheliers de l'hémisphère sud. S’agissant d’une entrée en septembre prochain, nos jeunes vont utiliser ces quasi neuf mois pour profiter, approfondir, et s'épanouir. Et, évidemment, c’est nous, parents, qui allons organiser tout cela.

Faire du tri et passer son permis
En décembre : que peut-il faire ? Décompresser. Aller surfer entre copains, louer une maison, y passer une semaine à 10 jours et faire la fête. Cette fois-ci, aucun "flicage", ils sont enfin grands. Leur éducation est terminée. Taisons nos souvenirs de débauche et d'excès sous peine de les garder dans le giron maternel. Retour à la maison, la grasse mat´ devient la nouvelle habitude. Nous l’engageons vivement à classer ses cours, vider les trucs-bidules-machins choses de ses tiroirs, trier le magma livres-notes-dictionnaires-feuilles volantes-cartes d’anniversaire-post-it, laver son Eastpak, jeter le contenu fossilisé de sa trousse et avoir enfin un dessus de bureau dégagé.

Deuxième étape : passer le permis de conduire en deux mois maximum. Le permis brésilien est reconnu en France, il suffit de se rendre à la préfecture de police et de le leur remettre pour obtenir un permis français. Il va s’en dire qu’il faut le passer sur boîte manuelle. L’examen est beaucoup moins ardu qu'en métropole, certaines mauvaises langues iraient jusqu’à dire qu’il est donné, mais le but premier est savoir manipuler le véhicule, quant à faire un créneau serré, rien à faire, il est plus aisé que dans un centre-ville français !

Et après ? Permis en poche, il reste encore six mois d’ici à septembre. Avant toute chose, l'heure est venue de remplir la liste des désidératas pour les prépas et universités. Il a son idée. On a les nôtres. C'est son choix, mais nous avons de l'expérience. Nous y sommes passés. Chacun argumente, on prend en compte les localisations des écoles. Il y a-t-il de la famille à proximité ? Des fiables ? Seront-ils être là si besoin ? Pourront-ils veiller sur notre progéniture avec autant de dévouement et de patience que nous ? Rapidement, on immerge notre étudiant dans un historique des bisbilles familiales pour conclure que "Ah non, pas la sœur de Papa ! Elle ne sait pas se gérer seule, je refuse qu’elle te chapeaute !" On cherche dans nos souvenirs qui est rentré d’expat’ et habite dans le coin. Fin mars, tout est bouclé. De nouveau, les dés sont lancés.

Stage en entreprise ou séjour à l'étranger
Ensuite ? Troisième étape : l’option stage chez Papa, mais si possible, pas là où est Papa, plutôt dans un pays anglophone. Cela a un coût net sans apport : il est difficile de demander un salaire pour notre rejeton d’à peine 18 ans, d’autant qu’ils sont bien sympas de le prendre ! Mais rien n'est trop beau pour les ambitions de notre enfant, ni pour les nôtres. Si cela ne marche pas avec l’entreprise de Papa, on vise le séjour à l’étranger où notre grand suivra des cours, baignera dans la culture du pays et pourra développer ses acquis en anglais voire plus si affinités. Alors, où ? Généralement, on penche pour un lieu lointain ou glamour, on évite le Rocher de Gibraltar et les îles anglo-normandes. Il est beaucoup plus valorisant d’aller à New York ou à Sydney que ce soit pour lui sur son CV que pour nous lors de nos apéritifs dînatoires.

Projection dans une indépendance toute relative. Nous voulons qu'il se débrouille - mais on définit tout le cadre de son séjour, nous voulons qu'il perfectionne son accent - et on essaie de l’isoler de toute présence francophone ou brésilienne ; nous voulons le retrouver beau, fort, épanoui et brillant comme tout futur TBTN - "Tout Beau Tout Neuf", statut succédant à celui de "Fils à Papa" - et pas encore parti, nous en sommes déjà extrêmement fiers. On en profite d’ailleurs pour aller sur place vérifier que tout va bien, depuis la qualité de son matelas jusqu"au menu de la cafeteria. Papa a proposé de se dévouer lors d’un voyage professionnel dans la zone. Que nenni, nous irons tous ou sinon que Maman, car il n’y a qu’elle pour détecter les couacs, même les plus silencieux.

Logement, médecin et supérette
Notre bachelier revenu de ses pérégrinations, le stress reprend de fin juin à juillet avec les résultats des admissions post-bac. Pris ? Pas pris ? Deuxième choix ou troisième ? Que répondre ? "Oui, mais" en attendant... De nouveau, la famille entière croise les doigts. Les retrouvailles en métropole débutent dans la joie et la tension. On exhibe fièrement notre futur étudiant tel un trophée. Enfin de retour au bercail, pensent les grands-parents. Bientôt libre, nous semble-t-il l’entendre penser. Ça y est ! On sait où et quand. Excitation et angoisse.

Ambiance rappelant les confirmations d'expatriation. C'en est une d’expatriation, mais sans nous. On fait tout de même, ensemble, un unique voyage de reconnaissance-installation. Munis d’une liste, nous cochons. Simulacre d’une agence de relocation. La course est effrénée : logement, repérage des commerces, d'un docteur généraliste, on l'inonde de conseils sur comment gérer un budget, comment repasser une chemise,  de mise en garde contre les tentations trop grandes... Les peurs restent inavouées d’un côté comme de l’autre… On lui remplit son frigo. Puis… On quitte notre jeune adulte.

D'ici à neuf mois, les Terminales auront pris leur envol. Si vite…

Anne LEBAS-SIGNORA (www.lepetitjournal.com - Brésil) Rediffusion

 
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