INDIENS GUARANI - “Nous lutterons jusqu’à la mort”

Une décision judiciaire ordonnant à un groupe de 170 Indiens d’abandonner une aire de deux hectares, dans le Mato Grosso do Sul, ravive les vieilles tensions entre "fermiers blancs" et Indiens dans la région

Un peuple natif et indigène historique
"Cette terre n’est pas aux Blancs. Elle est à nous, à nos ancêtres. Nous resterons ici jusqu’à la mort" , affirme le leader Lopes. Celui-ci estime que le groupe est pourchassé par des fermiers au courant de la décision judiciaire. "Mais nous ne partirons pas d’ici. S’ils viennent pour nous faire partir, ils devront nous tuer".

Lopes affirme que la lutte des Indiens guarani, les caiovás, vise à garantir la possession d’une zone qui serait celle où leurs ancêtres vivaient avant que les fermiers n’apparaissent sur ces terres, à la frontière avec le Paraguay. La décision judiciaire, favorable au fermier Osmar Luís Bonamigo, ne reconnaît pas la propriété des terres aux caiovás.

La Funai (Fondation Nationale de l’Indien) a obtenu que les Indiens puissent rester sur place jusqu’au terme d’une étude anthropologique. La tension est montée d’un cran avec l’arrivée des techniciens de la Fondation. Un groupe de paysans a déposé une plainte contre l’action de la Funai.

Une action indienne collective
La situation pourrait s’aggraver étant donné que les 40.000 Indiens guaranis répartis sur 30.000 hectares de la région, pourraient se mêler au conflit.

Lopes affirme que son peuple est abandonné, subissant les menaces de tueurs à gages. La nouvelle d’une tragédie imminente chez les guarani caiová s’est répandue comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une lettre du groupe sur internet annonçant son intention de résister jusqu’à la mort. "Nous savons que nous serons expulsés d’ici par la justice, mais nous ne partirons pas. En tant que peuple natif et indigène historique, nous avons décidé que nous mourrons collectivement ici", peut-on lire sur le communiqué. La version diffusée laissait entendre que le groupe se préparait à commettre un suicide collectif. Cependant la lettre n’affirme pas cela. "Il y a eu un malentendu sur le contenu de cette lettre", explique Flávio Vicente Machado, conseiller du Cimi (Conseil Indigène Missionnaire).

"Ils disent qu’ils sont menacés et qu’ils ne quitteront pas la zone en cas de tentative d’expropriation", explique le cacique (chef de la tribu) Voninho Benites Pedro, d’une tribu guarani voisine.

De fortes tensions ethniques
Les guarani caiová estiment en vérité que l’Etat brésilien a une dette historique envers eux. Avec le processus de colonisation des années 40 et 50, lorsque le Mato Grosso du Sud a été choisi pour y appliquer le projet de réforme agraire des années 50 du Président Getúlio Vargas, les installations de fermes se sont multipliées et les indiens ont été logés dans des réserves. Les revendications des caiová sur ces terres ont créé de fortes tensions ethniques.

Stéphane DARMANI © Green et Vert (www.lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 8 novembre 2012

 
A la Une

SPORT - Venez courir avec Arca do Saber pour les enfants défavorisés de São Paulo

Le 11 juin prochain, le parc Ibirapuera aura un parfum de solidarité. L’ONG franco-brésilienne Arca do Saber y organisera une course solidaire baptisée "la Course du Savoir" et espère attirer plusieurs centaines de participants. Tous les fonds récoltés seront destinés aux actions menées par l’association en faveur des 120 enfants de la favela Vila Prudente de São Paulo. Lepetitjournal.com a rencontré Evelyne Debrosse, présidente de…

SWEET SAO PAULO - Dernière chance

Chaque vendredi, découvrez un bon plan "découvertes", "délices", "kids" ou "bien-être" de São Paulo grâce à notre partenaire, "Sweet São Paulo". Il…

OLA BRASIL - Tour de magie ! (vidéo)

Alexis Radoux est un jeune Français vivant à São Paulo. Photographe, musicien, professeur de français, il est aussi l'auteur de vidéos courtes, sur…
Actualité Brésil

LA PHOTO DU WEEK-END - Des milliers de manifestantes à Brasilia contre le viol et les violences faites aux femmes

Le viol d'une adolescente par plus de 30 hommes à Rio a choqué le Brésil et le monde la semaine dernière. Des mobilisations ont eu lieu depuis mercredi dernier et la révélation de l'affaire après la diffusion de la vidéo de l'acte sur les réseaux sociaux. Dimanche, près de 3.000 de personnes, dont une grande majorité de femmes, ont ainsi battu le pavé à Brasilia dans une "caminhada das flores" ("marche des fleurs") afin de protester contre le viol et les violences faites aux femmes, et demander justice. C'est la photo du week-end choisie par Lepetitjournal.com.
Une internationale

REGARDS – La France vue par les Youtubers d’ailleurs

Ils adorent croquer nos travers, pointer nos lubies et nos drôles de manières… Certains étrangers résidant en France vont même jusqu’à faire des web séries pour raconter ce qui les étonne chez nous, et ça prête à sourire. Démonstration en vidéo
Actu internationale
En direct des Amériques
Expat
Expat - Emploi

FUITE DES CERVEAUX – Est-ce qu’elle fragilise la France ?

La fuite des cerveaux semble inéluctable, c’est ce qu’indiquent deux chercheurs dans une note inédite présentée au Conseil d’analyse économique et social. Le nombre d’actifs français partis à l’étranger aurait doublé entre 2006 et 2011 mais les auteurs de la note relativisent le phénomène et proposent des solutions pour accompagner cette évolution et tirer profit de la mobilité internationale. 
Expat - Politique

MATTHIAS FEKL - « Pourquoi la France pourrait dire non au TTIP »

Matthias Fekl, Secrétaire d'Etat au commerce extérieur, a la semaine dernière déclaré officiellement l’opposition de la France au TTIP en l'état. Mais qu’est ce que le TTIP ? Retour sur l’historique et la nature de ce traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. Un article de notre édition de Rome
Magazine