Rome

FONDATIONS – Quand les entreprises se veulent responsables et solidaires

Les fondations d'entreprises, très développées en Italie comme en France, traduisent la volonté des grands groupes de se recentrer sur l'humain. Comment deviennent-elle la solution à la réintégration sociale des multinationales, dont l’image est malmenée par la crise et une société toujours plus exigeante ?

Au cœur de la stratégie d'entreprise
Depuis les années 1990, les grands groupes italiens et français se sont engagés dans la création de fondations. A l'instar des œuvres philanthropiques des multimilliardaires Bill Gates et Donald Trump, les entreprises souhaitent rendre à la société une part du succès qu'elle leur a accordée.

Si les fondations ont un but non lucratif, elles visent également à améliorer l'image, la crédibilité et l'intégration territoriale de leur entreprise-mère. Les solutions développées par les fondations valorisent, en effet, l'expérience industrielle de leur groupe.

Ainsi, la Fondation Altran pour l'innovation récompense chaque année les avancées technologiques au service de tous, en fournissant les moyens techniques et humains nécessaires à la réalisation du projet primé. Le vainqueur français 2012 a été désigné pour sa contribution à la prise en charge des maladies chroniques, tandis que le lauréat italien sera bientôt distingué pour ses travaux sur la bio-ingénierie et les cellules souches.

Développer des fondations a un coût pour une entreprise. 66% d'entre-elles disposent même d'un budget annuel supérieur à un million d'euros et la moitié de leurs financements est issue à plus de 80% de la société-mère. La crise économique n'a pas remis en cause le développement croissant des fondations. Même si leur dotation n'a pas diminué, désormais, la cohérence des projets est davantage étudiée pour rationaliser les coûts. En outre, les fondations bénéficient de mesures fiscales incitatives, instaurée par l'article 143 du code italien TUIR ou encore la loi française Aillagon en date de 2003.

Une mission sociale au cœur d'un territoire
Les fondations sont davantage de nature "financières" en France, étant souvent rattachées à une institution bancaire. En Italie, intégrées à un grand groupe industriel, elles sont décrites comme plus "sociales". Mais toutes font de la solidarité un maître-mot. Ainsi, 61% d'entre-elles considèrent la proximité du projet comme une priorité.

Comparables aux politiques de mécénat, leurs missions se construisent autour d'une cause sociale, proche de l'éducation, l'assistance et l'aide à autrui, la culture, l'art ou le sport. N'ayant pas pour objectif de produire une activité commerciale, les fondations réinvestissent ainsi les profits qui peuvent être réalisés dans les projets développés.

Près de 8.000 fondations s'intègrent au tissu social européen. Selon les chiffres avancés par l'agence Vigeo Entreprise, plus de la moitié d'entre-elles sont françaises et bénéficient d'un ancrage local fort. Plus tournées vers l'international, les 1.226 fondations italiennes ont, quant à elles, été en nette augmentation depuis le début des années 2000.

Plus largement, les entreprises visent désormais à mettre en place des politiques de "RSE" ("Responsabilité sociale des entreprises"), qui dépassent le seul périmètre des causes non lucratives défendues par les fondations. En effet, l'entreprise elle-même intègre aussi les préoccupations sociales, économiques et environnementales à ses activités proprement commerciales. Un des objectifs passe en une consommation d'énergie responsable.

Toutefois, la RSE peut s'avérer être un leurre mercantiliste. Le "green-washing" consiste ainsi pour certaines entreprises à s'engager publiquement dans la défense de l'environnement alors que leur production est polluante. En 2009, la participation financière de la Fondation Total au documentaire "Océans", de Jacques Perrin, a été dénoncée par des associations écologistes. Parmi d'autres, le géant français du pétrole tentait de restaurer son image, après  la catastrophe de l'Erika en 1999.

Des salariés intégrés dans une démarche citoyenne
Le personnel de l'entreprise est directement impliqué dans les réseaux de solidarité mis en place par les fondations. Ainsi, 80% des salariés italiens se disent personnellement motivés et souhaitent améliorer les relations entre leur entreprise et la communauté qui l'entoure.

Par ailleurs, l'engagement citoyen relayé par les fondations permet aux entreprises de développer une nouvelle forme managériale. Ces dernières donnent plus de responsabilités au travail de leurs collaborateurs et en appellent à leur expertise.

Améliorer l'habitat des personnes âgées ou en situation de handicap est l'une des promesses de la Fondation Leroy Merlin. Présente sur le territoire italien et français depuis 1996, ses membres, désignés comme des "accompagnateurs", s'appuient sur un budget quinquennal de 3 millions d'euros. Alertés par les parents d'une petite fille handicapée de 7 ans, ils ont ainsi aménagé leur maison d'équipements adaptés.

En plaçant leurs salariés au cœur de projets solidaires, les grands groupes italiens et français tentent de convaincre leurs clients de leurs investissements humains, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise.

Martin CANGELOSI (www.lepetitjournal.com/rome) Lundi 19 novembre 2012

Les informations et exemples présents dans cet article ont été recueillis lors de la conférence "Fondazione d'Imprese: Trait d'union tra Business e società" organisée à Rome, mercredi 14 novembre, par la CFCCI et L'osservatorio CSR franco-italien.

La Chambre Française de Commerce et d’Industrie en Italie a été fondée en 1885. Elle regroupe 350 entreprises françaises implantées en Italie et entreprises italiennes qui entretiennent des rapports commerciaux avec la France. Son objectif est de développer les relations commerciales entre les deux pays favorisant les échanges d’idées et d’expérience. Pour connaître les événements et rencontres organisés par la CFCII : Cliquez ICI

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