

Les étudiants franco-romains se sont pressés au Forum des métiers, organisé par l'APE Châteaubriand, vendredi 23 et samedi 24 novembre. S'interrogeant sur leur avenir, tous s'apprêtent à franchir un cap important de leur vie, hésitant entre université et Università, économie et photographie. Forts de leur parcours international, leur espoirs et ambitions se portent souvent sur des carrières à l'étranger
Crédits : C.d.F. pour LPJ de Rome
Prendre son envol
La nervosité ingénue qui anime tous les Terminales n'a pas épargné le lycée Châteaubriand, samedi 24 novembre. Les jeunes internationaux et leurs camarades de Saint-Dominique ont rencontré les intervenants d'écoles et universités prestigieuses de France et d'Italie, dans un sympathique chahut.
Tous s'exprimaient allègrement dans un franco-italien de rigueur entre les murs de l'établissement d'expatriés. Quelques accents témoignaient cependant de l'origine clairement italienne de certains d'entre eux. Une enseignante de l'ESSEC, grande école de commerce, a trouvé les élèves motivés et bien informés des différentes opportunités qui s'ouvrent à eux. Les ateliers et conférences proposés la veille, à l'université Tor Vergata, leur ont permis de cibler leurs recherches et entretiens.
Les parents et professeurs, regroupés en petit nombre, ont supervisé les allers et venues, participant également au difficile choix de l'orientation professionnelle. ?Ici comme en France, laisser partir ses enfants est toujours un pincement au c?ur. Mais les voir prendre l'avion, même en sachant que c'est pour leur bonheur, nous oblige vraiment à couper le cordon !?, affirmait une mère française qui a décidé, d'un commun accord avec son époux italien, de confier ses enfants au lycée Châteaubriand.
Le bac à l'italienne
Deux jeunes lycéennes de Terminale, Garance et Ambra, discutaient sur les bancs de la cour de présent et d'avenir. La première se dit ?française-française !?, l'autre oscille entre les deux nationalités qui départagent ses parents. Les deux se voient traverser la frontière l'été prochain pour se consacrer respectivement à la philosophie et à une classe préparatoire. ?Beaucoup d'entre nous vont en France pour faire de bonnes études et pensent avoir de meilleures chances plus tard? C'est pour ça d'ailleurs que nous sommes tous au lycée français, qui a bonne réputation à Rome. Mais après le bac, beaucoup d'Italiens parmi nous restent quand même en Italie, voire partent pour l'Angleterre ou le Canada?, ont-elles déclaré.
Au Forum des métiers, les stands de médecine, aéronautique, métiers de l'art et de la communication ont connu un grand succès. Les carrières militaires et diplomatiques, évidemment, ont été hautement convoitées tandis que les métiers de l'administration publique et de l'enseignement sont un peu moins plébiscités. Les prépas (CPGE), enfin, ont suscité l'appréhension de la majorité, du fait de leurs exigences.
Crédits : C.d.F. pour LPJ de Rome
Une formule magique pour l'insertion professionnelle ?
L'envie de voyage et de découvertes taraude en effet les presque bacheliers, le taux de réussite avoisinant les 100% au lycée Chateaubriand. Ont-ils raison de se tourner ainsi vers ces carrières aventureuses ? Ces jeunes peuvent tranquillement miser sur un bilinguisme précieux et sur une ouverture d'esprit recherchée. Pourtant, à entendre les élèves et leurs parents, il semble que ?l'herbe est plus verte ailleurs? : la France revêt l'aspect d'un Eldorado du marché du travail face à l'Italie engluée dans la crise.
Selon les professeurs, tout espoir n'est pas perdu pour les jeunes qui entrent dans la vie active. Certes en Italie, parmi les 20-30 ans, les choix se font systématiquement sur le gage de la sécurité professionnelle. En 2012, nombre d'étudiants italiens se sont inscrits en économie ou en ingénierie, renonçant à leurs rêves de littérature, philosophie ou même d'histoire, par pur pragmatisme. Mais les intervenants se sont tous attachés, avec un réalisme plus optimiste, à scander à la jeune génération : ?Faites ce qu'il vous plaît? Et faites des stages !? Telle est la clef, semble-t-il, de l'insertion professionnelle.
Martin CANGELOSI et Camille de FOUCAULD (www.lepetitjournal.com/rome) Mardi 27 novembre 2012





































