VATICAN – Un Synode s'achève, une célébration commence

Dimanche 28 octobre, trois semaines de réflexion en huis clos se sont achevées au Vatican pour les représentants catholiques venus de la quasi-totalité des pays du monde. Cinquante-huit propositions au Pape en résultent, destinées à faire le point sur le visage du Catholicisme dans le monde actuel et sur les futurs objectifs d’une Eglise au succès décroissant dans les pays occidentaux

crédits : dici.org

Tous les chemins mènent à Rome
Ce rassemblement, plus précisément appelé la "XIIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques" se réclame de la continuité du révolutionnaire Concile Vatican II et de la pensée du Pape Jean-Paul II, qui a lui-même employé pour la première fois l’expression "Nouvelle Evangélisation".

Une "mise au point" qui a lieu dans les mêmes conditions, tous les trois ans depuis 50 ans mais qui revêt cette année une ambition sociale décisive et révèle son contenu au public. Cette fois, l’Assemblée Générale a pour vocation de faire entendre son bilan.

L’idée concrète du Synode des évêques qui s’est donc terminé la semaine dernière, est de réunir les témoignages des grands noms de l’Eglise sur tous les continents. Ainsi, les douze groupes linguistiques ont tenté d’analyser le mariage du Catholicisme et du monde actuel. Sa présence dans le Tiers Monde en particulier a été sujet à discussion. Car "la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne" - ainsi se nomme cette entreprise, cherche à trouver les voies d’entrée de l’Eglise chrétienne dans le tableau social et géopolitique du monde d’aujourd’hui.

Huis-clos et mise au point
Sous la coupole du Vatican, l’Eglise s’est penché sur un certain nombre de grands thèmes qui font écho aux problématiques mondiales de grande échelle: la mondialisation, la sécularisation et les migrations sont autant de facteurs qui déterminent les points d’ancrage des représentants de l’Eglise. "Evangélisation" est le terme le plus souvent employé dans chacun des discours diplomatiques. Il implique, en ces temps de crise, l’idée d’une "nouvelle" diffusion de l’évangile catholique, modernisée. Saura-t-elle s’appuyer sur la situation actuelle du catholicisme ?

crédits : ilestvivant.com

Rappelons en effet que les cinquante dernières années ont fondamentalement modifié le visage de l’Eglise dans le monde. L’Europe, qui comportait les nations les plus catholiques du monde il y a un demi-siècle, est aujourd’hui loin derrière l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie qui gagnent du terrain. Le nombre de séminaristes – futurs prêtres ou religieux- est en baisse constante en Europe. Mais actuellement la planète comporte deux milliards de catholiques, soit un homme sur trois ou une évolution de 45% en 26 ans. Il est ainsi évident que le Pape, pour donner un nouvel élan à une communauté qui n’est pas des moindres, doit se tourner vers le Tiers-Monde.

Le discours tenu par les évêques ne porte pas uniquement sur les moyens de diffusion de la religion. Le rapport provisoire est aussi largement centré sur l’interprétation des textes, textes sur lesquels l’Eglise et les croyants doivent réfléchir pour se redéfinir. Il s’agit d’établir un ʺbilanʺ, plus ou moins théorique, des valeurs que le Catholicisme du XXIe siècle doit consacrer ou re-consacrer aujourd’hui. Finalement, le rapport final laisse entendre la difficulté que représente le mot ʺévangélisationʺ à notre époque. Au temps des critiques envers l’individualisme et le matérialisme de sociétés dont la disparité s’accroît, la nécessité pour l’Eglise de se recentrer est plus que jamais d’actualité. Peut-on croire à une politique de modernisation réelle de la part de Benoît XVI, qui cherche assidûment l’entente avec les traditionalistes?

Plafond de la chapelle Sixtine. Crédits : ledevoir.com

Le Vatican cherche à joindre les deux bouts
Dernière étape, décisive, de cette entreprise : le rapport définitif appelé ʺ Exhortation apostolique post synodaleʺ paraîtra dans quelques mois et donnera l’occasion d’aviser concrètement la politique du Vatican à l’aube du siècle. La capacité de l’Eglise à discerner des méthodes concrètes au sein d’un projet aussi vaste que celui d’un nouveau départ dans les pays en voie de développement sera ainsi révélée.

En attendant, le Vatican qui ne chôme pas, revêt les couleurs du 1er novembre. La fête des morts, date où les cimetières fleurissent, est comme chaque année marquée par l’intervention du Pape. Ce dernier sonnera l’Angelus sur la place Saint Pierre à midi.

Ce 1er novembre marque aussi les 500 ans de la Chapelle Sixtine. Elle est ainsi exceptionnellement ouverte au public, qui pourra admirer les célèbres plafonds de Michel-Ange. Un anniversaire qui relance le débat des visites publiques et de la pollution qu’elles amènent, mais aussi des inquiétudes concernant le patrimoine historique de l’Etat du Vatican, pourtant difficilement dissimulable aux touristes et aux experts.

Camille de FOUCAULD (www.lepetitjournal/rome) Jeudi 1er novembre 2012


 
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