Rome

CINEMA – Rome à l’heure d’hier

Dans l’ancienne capitale du cinéma et de la cinéphilie, le septième art se trouve dans un état critique. Les spectateurs se font plus rares, les cinémas ferment et Cinecittà semble sur le point de disparaître. L’hécatombe silencieuse qui s’abat sur le cinéma romain est-elle irréversible ?

Des cinémas portés disparus
On ne compte plus les cinémas du centre-ville qui mettent la clé sous la porte. Porté disparu en octobre dernier, le Maestoso était le premier multiplexe de Rome, inauguré en 1956. L’antique Metropolitan de la Via del Corso, fermé lui aussi en 2010, était l’un des seuls à proposer des films en version originale alors que les Italiens raffolent du doublage. Ces deux monuments du septième Art romain devraient, tous deux, laisser place à un supermarché ou une boutique, ces enseignes qui ont des clients à coup sûr.

Crédits www.paesesera.it

Selon un article du Nouvel Observateur, la capitale serait passée de 120 salles de cinéma en 1970 à 58 actuellement. Le journal explique cette crise du cinéma italien par la désaffection du grand écran au profit de la télévision et internet, sachant qu’entre mai et août 2012 les salles ont perdu un tiers de leurs spectateurs. Le Nouvel Observateur ajoute que l'État n’envisage pas non plus de sauver ce pan de la culture italienne, lui adressant 1.6% de son budget culturel en 2011 contre 4% en 2009.

La fin de Cinecittà, mythiques studios de production
La fabbrica dei sogni a bientôt fini de rêver : les studios de cinéma laisseront place à un ensemble d'hôtel-restaurant-théâtre et de centres de recherches sur le cinéma. Inaugurés en 1937 par Mussolini, les studios Cinecittà ont accueilli le tournage de plus de 9.000 films, dont les plus grands classiques comme ceux de Federico Fellini (La dolce vita), Jean Luc Godard (le Mépris), ou Martin Scorsese (Gangs of New York). Aujourd'hui les studios sont devenus un laboratoire de films publicitaires et un lieu d'exposition accessible au public. Dans son dernier film, Reality, Matteo Garone montre également comment les studios de cinémas se sont reconvertis dans la télé réalité, accueillant les participants de l’émission Il grande fratello.

Crédits: E.B

La reconversion de ces studios mythiques bouleverse le milieu du cinéma italien mais aussi international. “Je ressens un sentiment d’accablement et de colère” confiait le réalisateur français Bertrand Tavernier, en Juillet dernier aux journalistes de RTL. “Cinecittà évoque le rêve, on raye une partie de l’histoire du cinéma italien” . L’occupation des studios et la pétition adressée au Président Giorgio Napolitano risquent de faire peu de poids face aux plans d’avenir prévus pour Cinecittà.

 

Timides espoirs pour le cinéma romain
En dépit d’un bilan chiffré médiocre, la fin du cinéma italien n’est pas encore arrivée. Son septième art sème toujours quelques perles, même si elles sont devenues plus rares. Les récompenses du Festival de Cannes ont notamment été importantes ces dernières années pour Roberto Benigni (La vita è bella), Nanni Moretti (La stanza del figlio, Habemus Papam) et Matteo Garone (Gomorra, Reality- vidéo-).

Aussi peu nombreuses soient les productions des studios Cinecittà, les festivals de cinéma organisés à Rome constituent un souffle cinématographique pour la capitale ainsi qu’une véritable plateforme de découverte des jeunes talents. Derrière des têtes d’affiches internationales, le Festival international du Cinéma de Rome, propose la nouvelle séquence Prospettive italia qui dit mettre en valeur “les nouvelles tendances du cinéma italien”. En avril, le Roma independant Film festival est ouvert à tous réalisateurs amateurs et professionnels de la pellicule, afin de promouvoir un cinéma alternatif de toutes nationalités. Enfin le cinéma étranger bénéficie lui aussi de ses festivals comme le Medfilm festivalconsacré au cinéma de la Méditerranée ou le prestigieux festival CinemaSpagna.

Très sélective, la Scuola Nazionale di cinemase donne également pour objectif de découvrir les nouveaux talents du septième art. L'école de cinéma est l’une des plus anciennes au monde. Avec son Centro sperimentale di cinematografia, elle s’est spécialisée dans la conservation et la restauration du patrimoine cinématographique italien. Parmi ses anciens élèves, on retrouve des grands noms du cinéma italien comme Marco Bellochio (Vincere, Bella adormentata) ou Claudia Cardinale (Le guépard, 8 1/2).

La relève du cinéma italien lutte pour se faire une place, les critiques ayant l'œil rivé sur les plus grands, ceux qui captent une large part des budgets consacrés au grand écran. Les jeunes talents ne manquent pas, mais encore faut-il se faufiler derrière le rideau pour les apercevoir, encore faut-il qu'ils aient les moyens de se montrer dans un pays qui vit son cinéma au passé. L'exigence est de taille ici en Italie où le cinéma a connu une époque flamboyante.

Caroline Ache (www.lepetitjournal.com/rome) Mardi 6 novembre 2012

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