Rio de Janeiro

GUILMAULT/DUBOIS - Une tournée au Brésil pour ce duo atypique de pianistes

Ludmilla Guilmault et Jean-Noël Dubois, tous deux pianistes, se lancent dans une tournée au Brésil au mois d’avril. Un duo surprenant qui bouge les codes. Lepetitjournal.com a eu l’opportunité de les rencontrer à Paris.

Lepetitjournal.com : Comment vous est venu ce sens de la musique ?
Ludmilla Guilmault : J’ai commencé à faire de la musique dans le ventre de ma mère. À l’âge de 3 ans, je faisais déjà quelques petites notes. J’avais cela dans les veines et paraît-il que dans le ventre de sa mère, on ressent la musique, des pulsations... cela a sûrement joué. Ma mère avait neuf pianos et elle était chef d’orchestre. J’ai donc été dans le moule de la musique à mon plus jeune âge. Cette étincelle ne m’a jamais quitté. On peut dire qu’il s’agit du prolongement de mon âme. Tous mes projets sont tournés autour de la musique : dans le social pour les malades, dans les lieux insolites, etc. C’est le fait d’emmener la musique là où elle n’est pas entendue qui me plaît.

Pourquoi vous appelez vous "rebelle aux neuf pianos" ?  
Ludmilla Guilmault et Jean-Noël Dubois : On a collectionné neuf pianos et en définitif, nous voulions le chiffre 9 comme Sati voulait toujours le chiffre 3. Paraît-il que le 9 est un symbole de chance et de transmission. C’est le chiffre parfait. Le 3 ou le 9. C’est l’équilibre parfait en musique aussi. 

Vos artistes préférés ?
Ludmilla Guilmault : Surtout le répertoire de Franz Liszt car je suis en osmose avec ce grand génie de la musique. Il avait cette générosité qui me correspond aussi. Toujours à la rencontre d’un nouveau public et toujours faire le bien ! Il a inventé le récital pour piano, on a découvert Bach, on a appris le par cœur grâce à lui. C’est lui qui nous a mis dans cette espèce de délire du pianiste seul devant son piano, et de pouvoir transcender ses partitions et donner un effet spectaculaire par rapport aux gestes. Dans le visuel, c’est très important, il faut pratiquement que le pianiste démonte son piano.

Le fait de jouer à deux est-il un avantage ?
Jean-Noël Dubois : La première fois que l’on a joué ensemble remonte à 2008, moi je me consacrais principalement à l’enseignement et un ami accordeur commun nous a mis en relation. Je l’ai donc vu débarquer avec ses grosses mallettes et son côté atypique. On a joué après sur un stand de pianos anciens, à une exposition de métiers d’art. Ce n’était pas prévu. Nous n’avions pas de partition commune, donc on commencé a jouer d’oreille. On a ressenti une osmose, une affinité. Le piano commençait à bouger et à se désosser ! Finalement, on a terminé et les gens étaient surpris. Bien des années après, on continue de se revoir et depuis deux ans encore plus avec notre nouvel album. C’est vraiment un plus d’être à deux. Quand on a ce métier, on est souvent seul dans l’après concert. C’est très dur et puis on n’a pas le temps de créer du lien comme on bouge énormément. Je ne voulais pas de cette vie-là, c’est pour cela que je suis parti enseigner. J’ai trouvé mon équilibre parfait aujourd’hui ! 

Parlez-nous de votre tournée au Brésil...

 DATES

 

Brasilia le 25 avril

Belém les 26 et 27, 28 mai 

Salvador le 29 et 30 avril

Porto Alegre le 1er et 2 mai

Pelotas le 5 mai

Rio le 7 mai

São Leopoldo le 3 mai

Plus d'informations sur Expat Guide 

Ludmilla Guilmault : Cela fait trois ans que nous sommes en contact avec le directeur de l’Alliance française qui était directeur de l’Alliance française au Portugal. Il a été emballé par notre nouveau projet. Un nouveau directeur est ensuite arrivé et il a pris la tournée en main avec l’ambassade de France au Brésil, l’Alliance française et des partenaires sur place. Cette tournée va durer 16 jours, du 24 avril au 8 mai, dans plusieurs villes. Cela va être passionnant.

Jean-Noël Dubois : Quand nous sommes en tournée, nous jouons avec des pianos qui se trouvent sur place. Ils sont tous aussi différents les uns que les autres et le gens sont étonnés de ce que l’on fait avec. C’est la magie des doigts, nous sommes là pour faire vivre un piano. Il s’agit en quelque sorte d’un défi que l’on doit surmonter à chaque fois. Quand nous jouons, nous prenons du plaisir. C’est une transfiguration de soi-même, quelque chose se passe. Le but est toujours de partager un moment avec une personne. J’incite les gens à aller aux spectacles vivants, c’est là que l’on ressent de l’émotion et rien ne peu remplacer cela.

Quel est le profil de votre public ?
Ludmilla Guilmault : Au Brésil, on va avoir un public français dans les Alliances françaises et un public brésilien, mais qui n’est pas novice, c’est-à-dire qui aime la musique classique et qui veut découvrir Sati, un compositeur qui est vénéré aux Etats-Unis, mais parfois inconnu dans certains pays. Le public change d’un lieu à un autre. La résonance du public est vraiment au cas par cas. Les vibrations sont multiples. Il n’y en pas un que je préfère, j’aime aller à la découverte de chaque endroit et de connaître leurs manières de vivre, leurs manières d’écouter de la musique. Je veux amener la musique avec mon interprétation explosive. Le public qui m’a le plus marqué était dans le 15e arrondissement de Paris pour les soins palliatifs, quand j’ai vu ces personnes sur le seuil de passer dans l'au-delà et ma musique leur a donné une lueur. C’est dans des endroits comme cela que je me dis que j’ai de la chance de faire ce métier et de transmettre l’art de la musique.

Ariane KHOS (lepetitjournal.com - Brésil) jeudi 6 avril 2017 

http://www.ludmilla-guilmault.com/fr/

 
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