ENFANTS EXPATS - Quand les bacheliers prennent leur envol

Le baccalauréat approche pour les lycéens de l'hémisphère sud. Et c'est bientôt une nouvelle vie qui commencera pour ces jeunes bacheliers. Que faire des neufs mois qui précèdent la rentrée universitaire française ? Comment gérer cette période de bouleversements ? Voici quelques pistes pour bien préparer cette transition à la fois source d'angoisses et d'excitation

En ce mois de novembre, la tension est palpable autour du Lycée Pasteur. Les examens ont commencé, annonçant le début de la fin de l´année scolaire. Trois niveaux concernés : les Troisièmes, les Premières et les Terminales ; trois épreuves : le Brevet des Collèges, le Bac Français et le Baccalauréat (L, ES et S). Aujourd’hui, ont déjà eu lieu : les options du bac pour les Terminales, l’histoire de l’Art pour les Troisièmes, et les épreuves écrites du Bac débutent ce lundi... D’ici à 15 jours, tout sera clos, les dés seront lancés… En décembre, les résultats seront connus.

Alors dans un mois, que deviendront ces élèves ? Les adolescents de Troisième profiteront de leurs vacances avant de reprendre le chemin des cours dès février. Les Premières feront de même. Quand aux bacheliers, leur vie prendra un virage définitif. Dernière ligne droite, de 3 à 5 ans, avant d’entrer dans leur vie d’adulte : les études supérieures.

Ici, ce "fichu" système hémisphère sud peut, au début, sembler pénaliser nos ambitions parentales si nous avons choisi d’envoyer notre enfant en France. Parce qu’il y a bien longtemps que tout son suivi a été pensé et réfléchi, de l’ambition nous en avons à revendre. Alors ce décalage perçu au premier abord comme "une perte", va se révéler être un atout indéniable pour les préparer et leur donner "un plus". Une possible demi-année de libre avant d’attaquer prépa ou fac, car tout dépend de celles visées, certaines proposant des admissions en février, spécialement pour ces bacheliers de l´hémisphère sud. S’agissant d’une entrée en septembre prochain, nos jeunes vont utiliser ces quasi 9 mois pour profiter, approfondir, et s´épanouir. Et, évidemment, c’est nous, parents, qui allons organiser tout cela.

Faire du tri et passer son permis
En décembre : que peut-il faire? Décompresser. Aller surfer à Maresias entre copains, louer une maison, y passer une semaine à 10 jours et faire la fête. Cette fois-ci, aucun "flicage", ils sont enfin grands. Leur éducation est terminée. Taisons nos souvenirs de débauche et d'excès sous peine de les garder dans le giron maternel. Retour à São Paulo, la grasse mat´ devient la nouvelle habitude. Nous l’engageons vivement à classer ses cours, vider les trucs-bidules-machins choses de ses tiroirs, trier le magma livres-notes-dictionnaires-feuilles volantes-cartes d’anniversaire de 2008-post-it, laver son Eastpak, jeter le contenu fossilisé de sa trousse, et avoir enfin un dessus de bureau dégagé.

Deuxième étape : passer le permis de conduire en 2 mois maximum. Le permis brésilien est reconnu en France, il suffit de se rendre à la préfecture de police et de le leur remettre pour obtenir un permis français. Il va s’en dire qu’il faut le passer sur boite manuelle. L’examen est beaucoup moins ardu qu´en métropole, certaines mauvaises langues iraient jusqu’à dire qu’il est donné, mais le but premier est savoir manipuler le véhicule, quant à faire un créneau serré, rien à faire, même dans la rue Oscar Freire, il est plus aisé que dans un centre-ville français !

Et après? Permis en poche, il reste encore 6 mois d’ici à septembre. Avant toute chose, l´heure est venue de remplir la liste des désidératas pour les prépas et universités. Il a son idée. On a les nôtres. C´est son choix, mais nous avons de l´expérience. Nous y sommes passés. Chacun argumente, on prend en compte les localisations des écoles. Il y a-t-il de la famille à proximité ? Des fiables ? Seront-ils être là si besoin ? Pourront-ils veiller sur notre progéniture avec autant de dévouement et de patience que nous ? Rapidement, on immerge notre étudiant dans un historique des bisbilles familiales pour conclure que "Ah non, pas la sœur de Papa ! Elle ne sait pas se gérer seule, je refuse qu’elle te chapeaute !"… On cherche dans nos souvenirs qui est rentré d’expat’ et habite dans le coin. Fin mars, tout est bouclé. De nouveau, les dés sont lancés.

Stage en entreprise ou séjour à l'étranger
Ensuite ? Troisième étape : l’option stage chez Papa, mais si possible, pas là où est Papa, plutôt dans un pays anglophone. Cela a un coût net sans apport : il est difficile de demander un salaire pour notre rejeton d’à peine 18 ans, d’autant qu’ils sont bien sympas de le prendre ! Mais rien n´est trop beau pour les ambitions de notre enfant, ni pour les nôtres. Si cela ne marche pas avec l’entreprise de Papa, on vise le séjour à l’étranger où notre grand suivra des cours, baignera dans la culture du pays et pourra développer ses acquis en anglais voire plus si affinités. Alors, où ? Généralement, on penche pour un lieu lointain ou glamour, on évite le Rocher de Gibraltar et les îles anglo-normandes. Il est beaucoup plus valorisant d’aller à New-York ou à Sydney que ce soit pour lui sur son CV que pour nous lors de nos apéritifs dinatoires.

Projection dans une indépendance toute relative. Nous voulons qu´il se débrouille -mais on définit tout le cadre de son séjour ; nous voulons qu´il perfectionne son accent -et on essaie de l’isoler de toute présence francophone ou brésilienne; nous voulons le retrouver beau, fort, épanoui et brillant comme tout futur TBTN - "Tout Beau Tout Neuf", statut succédant à celui de "Fils à Papa" ; et pas encore parti, nous en sommes déjà extrêmement fiers. On en profite d’ailleurs pour aller sur place vérifier que tout va bien, depuis la qualité de son matelas jusqu´au menu de la cafeteria. Papa a proposé de se dévouer lors d’un voyage professionnel dans la zone. Que nenni, nous irons tous ou sinon que Maman, car il n’y a qu’elle pour détecter les couacs, même les plus silencieux.

Logement, médecin et supérette
Notre bachelier revenu de ses pérégrinations, le stress reprend de fin juin à juillet avec les résultats des admissions post-bacs. Pris ? Pas pris ? Deuxième choix ou troisième ? Que répondre ? "Oui, mais" en attendant... De nouveau, la famille entière croise les doigts. Les retrouvailles en métropole débutent dans la joie et la tension. On exhibe fièrement notre futur étudiant tel un trophée. Enfin de retour au bercail, pensent les grands-parents. Bientôt libre, nous semble-t-il l’entendre penser. Ça y est ! On sait où et quand. Excitation et angoisse.

Ambiance rappelant les confirmations d´expatriation. C´en est une d’expatriation, mais sans nous. On fait tout de même, ensemble, un unique voyage de reconnaissance-installation. Munis d’une liste, nous côchons. Simulacre d’une agence de relocation. La course est effrénée : logement, repérage des commerces, d'un docteur généraliste, on l´inonde de conseils sur comment gérer un budget, comment repasser une chemise,  de mise en garde contre les tentations trop grandes... Les peurs restent inavouées d’un côté comme de l’autre… On lui remplit son frigo. Puis… On quitte notre jeune adulte.

D´ici à 9 mois, les Terminales auront pris leur envol. Si vite…

Anne Lebas-Signora (www.lepetitjournal.com - Brésil) lundi 12 novembre 2012

Rio de Janeiro

SEBASTIEN LAPAQUE - ‘’On ne peut pas profiter pleinement de Rio si on s’en tient aux clichés’’

sebastien lapaque
Romancier, essayiste et critique littéraire, Sébastien Lapaque a été notamment primé en 2002 par le prix Goncourt de la nouvelle. Admirateur de Georges Bernanos, exilé au Brésil pendant la Seconde Guerre Mondiale, il va ainsi débarquer à Rio et y trouver l’inspiration. Après un carnet de voyage en Amazonie et d’autres ouvrages, il revient cette année avec la Théorie de Rio de Janeiro, qu’il a présenté jeudi dans la Cité merveilleuse, quelques…

LENA ET LA MODE - "Preuve d'amour"

Chaque vendredi, retrouvez "Lena et la mode", une série de dessins humoristiques sur le rapport des jeunes Brésiliennes à la mode. Ces croquis,…
Actualité Brésil

LENA ET LA MODE - "Preuve d'amour"

Chaque vendredi, retrouvez "Lena et la mode", une série de dessins humoristiques sur le rapport des jeunes Brésiliennes à la mode. Ces croquis, délicieusement ironiques, sont réalisés par Luciano Freitas, un jeune dessinateur carioca. Cette semaine : "Preuve d'amour".
A la une

ERIC-EMMANUEL SCHMIDT - "J’ai découvert que j’étais français à l’étranger"

Romancier, réalisateur, dramaturge, conteur… À 54 ans, Éric-Emmanuel Schmidt est une machine naturelle à créer. À succès aussi puisque ses œuvres littéraires et théâtrales sont saluées de par le monde et reçoivent des récompenses en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Suisse et, bien sûr, en France. À l’occasion de la sortie de son nouveau roman épistolaire Le poison d’amour, paru aux éditions Albin Michel, qui plonge dans le journal intime de…
France/Monde
En direct des Amériques
Expat
Expat - Emploi

SINGAPOUR - Paradis des start-up

Start up Singapour
Selon une étude menée par la Singapore Venture Capital and Private Equity Association (SVCA), Singapour serait le meilleur endroit pour créer et développer une start-up en Asie du Sud-Est .

EXPATRIATION - Je me sens nulle… Est-ce normal docteur ?

"Si je vous disais, Docteur Bobo, que pas plus tard qu’hier je suis restée paralysée au téléphone car il fallait que je prenne rendez-vous chez un médecin et que l’on m’a demandé des tas d’informations notamment sur mon assurance, et là j’ai paniqué. C’était un échange dans la langue locale que je pensais « maîtriser » et pourtant en raccrochant je me suis sentie si « nulle »".
Expat - Politique
Magazine
Les trophées

TROPHEES 2014 – Les sept lauréats ont été récompensés au Quai d’Orsay

La cérémonie des Trophées des Français de l’étranger, organisée par lepetitjournal.com, s’est déroulée ce jeudi 6 mars, dans le cadre prestigieux du Ministère des Affaires étrangères. Devant leurs proches, les élus, les partenaires et la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, les sept lauréats ont été récompensés pour leur parcours d’exception.