Rio de Janeiro

LEGISLATIVES - Interview de Pascal Drouhaud du Parti Les Républicains

 

 

Pascal Drouhaud, candidat basque aux élections législatives et représentant du Parti Les Républicains, a répondu à nos questions.

Nous avons choisi de proposer aux candidats un questionnaire unique.

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Pascal Drouhaud : Je viens d'un milieu familial qui a toujours été porté par une certaine idée de la France : je suis basque, ma mère était institutrice, mon père avait une petite entreprise. C'est pourquoi, depuis tout petit, j'ai été sensibilisé à l'idée du mérite, de la reconnaissance, de l'effort, à l'idée de la solidarité dans la justice. Mon engagement était donc naturel : il est passé par l'Amérique latine et le Salvador, en Amérique centrale, que j'ai connu à l'époque de la guerre civile. J'y ai rencontré de nombreuses personnes qui, parfois au péril de leur vie, exprimaient leurs idées. Dès lors, à mon retour en France, j'ai sauté le pas. La période s'y prêtait. En 1995, je soutenais Jacques Chirac puis, au sein du parti présidentiel, j'ai eu la chance d'avoir la charge des affaires étrangères de 1995 à 2002. L'Amérique latine faisait partie des continents où nous devions développer notre présence, notamment avec les forces politiques du centre-droit au sein de l'union des partis latino-américains (UPLA) que dirigeait alors mon ami Andrés Pastrana qui a été élu, ensuite, Président de la Colombie (1998-2002). Lorsqu'Alain Juppé a créé l'UMP en 2002, j'ai été nommé directeur des relations internationales. Formidable défi qui m'a permis d'accompagner, sous un angle politique, l'action du Président Jacques Chirac jusqu'en 2006. C'est alors que j'ai engagé un nouveau temps dans ma vie : je suis entré dans le secteur privé. Chargé de l'Amérique latine au sein du groupe Alstom, j'ai pu, dans le cœur de l'industrie, comprendre les efforts, en matière d'innovation technologique sur la scène internationale, de la France industrielle et technologique. J'ai participé, au sein d'équipes d'ingénieurs et d'ouvriers, à l'implantation du savoir-faire français en matière d'infrastructures, de transport et d'énergie. En 2012, je me suis présenté aux élections législatives dans cette belle circonscription qu'est devenue l'Amérique latine-Caraïbes. Il me manquait 3 petits points pour être élu mais je n'ai jamais abandonné. Depuis 2012, je n'ai cessé de parcourir la circonscription, d'aller à la rencontre de nos compatriotes pour construire un lien, utile et de proximité. J'ai travaillé, accompagné les efforts des Françaises et des Français pendant toutes ces années afin de pouvoir construire un programme solide, de proximité, authentique dans le cadre des élections législatives des 3 et 17 Juin 2017. Plus que jamais, le renouveau impose la transparence et la clarté. J'ai quitté depuis plusieurs mois l'entreprise que j'avais servi pendant 10 ans afin d'être un candidat libre, totalement dédié aux Français établis en Amérique latine et dans les Caraïbes. Je serai un Député actif, sur le terrain, un relais au sein de l'Assemblée nationale dès le 19 Juin prochain.

Être député de la 2ème circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous ? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?

Être député de la Nation française, dans cette vaste circonscription, représente une volonté de porter, dans nos institutions, les aspirations, les espoirs, les difficultés et rêves de nos compatriotes. Être Député, c'est avant tout être utile. Il s'agit de porter dans la loi, des solutions aux problèmes de nos compatriotes. C'est accompagner la fierté d'être français, de hisser au premier rang la volonté de rappeler que les Français établis hors de France ne sont pas des Français de second rang. Ils sont au cœur de la Nation française. Je regrette d'ailleurs que le gouvernement de François Hollande ait interdit le vote électronique, unilatéralement et sans consultation, en début d'année.
Être député est un honneur. Mais c'est aussi une chance : celle d’œuvrer pour l’intérêt général au sein du Parlement et de porter des textes législatifs qui me tiennent à cœur, c’est-à-dire qui permettront de mettre un terme à la situation inéquitable dans laquelle se trouvent nos compatriotes de l'étranger par rapport à ceux résidant en France et même en Europe (en matière de fiscalité, de retraite...). Vous savez, cela fait des années que je viens rencontrer nos concitoyens en Amérique latine. Cela fait des années que j'accompagne toutes celles et tous ceux qui, dans l'entreprise, dans le monde associatif, dans les établissements scolaires, à travers l'art, portent la France à l'étranger.

Quelles sont vos 3 priorités /propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

Mes trois priorités viseront à ce que les Français d’Amérique latine et des Caraïbes soient traités équitablement par rapport à leurs concitoyens de métropole, ce qui n’a pas été le cas depuis 5 ans :
  1. Dès le projet de loi de finances rectificatif en juillet, supprimer la CSG-CRDS des revenus du patrimoine et créer un statut « d’habitation unique » pour que le bien immobilier possédé en France ne soit plus taxé comme s’il s’agissait d’une résidence secondaire ;
  2. Modifier les critères d’attribution des bourses scolaires car ils sont dépassés et pour certains injustes ;
  3. Signer davantage de conventions bilatérales en matière de santé et de retraites, et cumulables entre elles pour garantir les droits acquis en France et à l’étranger.

Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant ?

Désastreux, et je pèse mes mots. Partout où je me rends dans la circonscription, les électeurs me disent soit qu’ils ne l’ont jamais vu, soit qu’ils ne connaissent même pas son nom. Il est clair que le député sortant a brillé par son absence sur le terrain pendant 5 ans.
Mais il est vrai qu’il était occupé à Paris à se mêler d’affaires qui ne concernent pas nos compatriotes. Par exemple, pendant que le gouvernement préparait la suppression du vote électronique limitant ainsi le droit de vote des Français de l’étranger, notre député sortant s’activait pour garantir un droit de vote effectif aux détenus dans les prisons françaises. Chacun ses priorités...
Et pire encore, il se félicite de son nombre important d’intervention à l’Assemblée (propositions de loi, amendements, questions au gouvernement...). Mais au-delà des chiffres, il est instructif de vérifier sur quoi ont porté ses interventions : la plupart se sont opposées à l’état d’urgence (même au lendemain des attentats de Paris et de Nice) et se sont concentrées sur des sujets sans lien avec notre circonscription. Il a même utilisé une partie de sa réserve parlementaire, qui devrait aller vers des projets portés par les Français d’Amérique latine, pour le remplacement des fenêtres de la mairie annexe à Paris ! Le bilan du député sortant est limpide : ses priorités ne concernaient pas les Français de sa circonscription.

 Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Un Député doit agir à l'Assemblée nationale. Il est lié à sa circonscription. Et je suis le seul depuis des années à aller partout, dans les 33 pays qui composent notre circonscription d'Amérique latine et des Caraïbes : alors, c'est sûr qu'il est plus facile de faire campagne uniquement par internet et d'aller rencontrer les électeurs seulement 10 jours avant le vote comme certains, mais les électeurs ne sont pas dupes.
On représente notre circonscription en étant présent, mobile, afin d'aller à la rencontre du plus grand nombre de Françaises et de Français, afin de créer une unité et une solidarité dans tous les pays qui composent la circonscription. C'est aussi pour cela que j'ai choisi Cécile Taquoi Carriço comme suppléante et qu'elle a accepté ma proposition de m'accompagner dans cette belle aventure : présidente très active de l'association des parents d'élèves du lycée français de Rio de Janeiro, elle est un membre représentatif de la société civile française au Brésil. En cela, elle sera un relai crucial sur le terrain pour la réussite de mon mandat.

J’ai pris des engagements très clairs qui n’ont pas été assumés par le député sortant et que je veux dire à mes compatriotes :

-  Sauf raison impérative de solidarité nationale comme un attentat ou une catastrophe naturelle, 100 % de ma réserve parlementaire sera consacrée à des projets en liens avec la circonscription (environ 130 000 €) ; chaque année, je soumettrai à leur consultation le choix d’un projet qui recevra une somme plus importante (30 000 €).

-  Je veux moderniser la relation entre les électeurs et le député : je m’engage à les consulter annuellement pays par pays, afin de faire émerger des problèmes spécifiques et des solutions ; par ailleurs, je les consulterai avant chaque vote sur des projets fondamentaux (retraites, institutions, sécurité sociale, etc). 

-  Je serai exemplaire pour garantir mon indépendance vis-à-vis des lobbies en rendant publiques mes rencontres et en motivant scrupuleusement toutes mes décisions. 

Sous quel parti vous présentez-vous ? Depuis combien de temps êtes-vous membre de ce parti ?

Je suis le candidat investi par le parti Les Républicains : je me présente dans le cadre de la "Majorité pour la France-Union de la droite et du centre", conduite par François Baroin. Depuis le début de mon engagement, j’ai toujours été fidèle à cette famille politique. J’ai eu l’honneur de côtoyer Jacques Chirac qui a donné une image rayonnante et indépendante de la France à l’international. Je m’inscris dans sa filiation, dans les valeurs gaullistes du travail, du mérite, de la fraternité et de toutes les libertés.

Combien de fois êtes-vous venu à Rio ? Quelle est à votre avis la priorité des français établis à Rio ?

Rio est une ville très familière pour moi depuis plusieurs années. Je m’y suis rendu régulièrement en tant que directeur d’une grande entreprise des transports et de l’énergie. J’y étais tout récemment, à la mi-mars à la rencontre de nos compatriotes qui travaillent dans le domaine de la solidarité et début mai aux côtés de nombreux Français, de Cécile Taquoi et du Ministre de la Défense brésilien Raul Jungman, pour célébrer l’anniversaire de fin de la Seconde guerre mondiale. J’y ai tissé des liens très forts avec les Français qui y vivent, avec la communauté éducative du Lycée Molière et avec les différentes institutions. J’ai tenu à soutenir avec le conseiller consulaire Xavier-Noël Bouton de nombreux Français qui ont des projets remarquables. Je pense à l’association Solidariedade França-Brasil (SFB) que j’ai eu le plaisir de venir découvrir ou encore à Christian Boudier, producteur du Festival Varilux du Cinéma Français que j’ai aussi eu la chance de rencontrer.

J’ai la chance de travailler avec Cécile Taquoi, ma suppléante, qui est la présidente de l’association des parents d’élèves du lycée Molière. A ce titre, elle m’a sensibilisé aux divers problèmes que rencontrent les familles. En cette rentrée scolaire de février, par exemple, elle a mené une action judiciaire avec un groupe de parents mobilisés, d’une part contre l’augmentation abusive des frais de scolarité dans un contexte de crise économique grave au Brésil, et d’autre part contre les fautes de gestion et la gestion paresseuse de la SFBE, société gestionnaire du lycée. Cette action a eu de fortes répercussions puisqu’elle a permis de renouveler la présidence de la SFBE et de restaurer le dialogue dans un esprit de plus grande transparence et de confiance. Désormais, tous les acteurs du lycée ont la volonté de travailler ensemble autour d’un projet à construire pour le bien des enfants et le respect des familles.

Combien de fois êtes-vous venu à Sao Paulo ? Quelle est à votre avis la priorité des français établis à Sao Paulo ?

Sao Paulo est une ville très familière pour moi depuis plusieurs années. Je m’y suis rendu régulièrement en tant que directeur d’une grande entreprise des transports et de l’énergie. J’y étais encore mi-mars pour rencontrer de la Fédération industrielle de l’État de Sao Paulo (Fiesp) et visiter les locaux de Carrefour (un des premiers employeurs du Brésil) et début mai pour rencontrer nos compatriotes. J’y ai tissé des liens très forts avec les Français qui y vivent, avec la communauté éducative du Lycée Pasteur et avec les différentes institutions. J’ai tenu à rencontrer et soutenir de nombreux Français qui ont des projets remarquables. Je pense à Bertrand Dupont, Président de l’Association des Bretons de São Paulo ou encore Jacques Ardies, qui a ouvert une galerie d’art il y a 37 ans ! J’ai eu la chance de rencontrer des compatriotes qui montrent la capacité d'innovation des entreprises françaises comme Thierry Costes, fondateur de Lyra Networks, entreprise du numérique. Je connais aussi l'esprit de fraternité d’Evelyne Debrosse Moulin-Roussel qui est à la tête de l'association Arca do Saber, qui offre un encadrement aux jeunes de la communauté Vila Prudente de Sao Paulo.

J’ai la chance de travailler avec Cécile Taquoi Carriço, ma suppléante, qui est la présidente de l’association des parents d’élèves du lycée français de Rio et qui connaît bien les problématiques des familles de Sao Paulo. Elle saura agir avec moi pour Sao Paulo comme elle a su le faire pour Rio. En cette rentrée scolaire de février, par exemple, elle a mené une action judiciaire avec un groupe de parents mobilisés, d’une part contre l’augmentation abusive des frais de scolarité dans un contexte de crise économique grave au Brésil, et d’autre part contre les fautes de gestion et la gestion paresseuse de la SFBE, société gestionnaire du lycée. Cette action a eu de fortes répercussions puisqu’elle a permis de renouveler la présidence de la SFBE et de restaurer le dialogue dans un esprit de plus grande transparence et de confiance. Désormais, tous les acteurs du lycée ont la volonté de travailler ensemble autour d’un projet à construire pour le bien des enfants et le respect des familles.

Propos recueillis par Mareeva SIBERT (www.lepetitjournal.com - Brésil) mercredi 31 mai 2017

 

 
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