SANTIAGO DE LOS CABALLEROS- Voilà comment on lutte contre la corruption et l’impunité

 

A Santiago l’enthousiasme était à son comble pendant la marche contre la corruption et l’impunité et depuis le vendredi précédent la marche, divers activités d’échauffement furent organisées en vue du succès du dimanche 26 mars.

Trouvez de quoi se vêtir de vert pour assister à la marche était le but de dizaines de milliers de personnes qui soutiennent ce mouvement. Il commença le 22 Janvier 2017 à Santo Domingo, suite au scandale de corruption qui implique la société brésilienne Odebrecht et des fonctionnaires dominicains.

Les citoyens marchaient à nouveau pour exiger que soient punis, les responsables des pots de vin de 92 millions $ US par l'entreprise de la compagnie de construction Odebrecht qui ont permis de soudoyer les fonctionnaires du gouvernement dominicain. Aucuns d’eux jusqu'à présent, n’ont été identifiés publiquement par les autorités judiciaires, et ceci, en dépit des interrogatoires qui ont été faites.

Depuis plusieurs jours, les organisateurs de cette troisième marche exigeaient la formation d’une commission indépendante pour enquêter sur les cas de corruption. L’un d’eux, Mario Fernandez, a appelé les habitants de Santiago à avoir une participation massive à la marche, arguant qu’il est temps que le gouvernement écoute la voix du peuple qui demande que les responsables tant d’Odebretch et d’autres compagnies coupables, soient déférés devant les tribunaux pour y être punis selon les lois du pays.

Les verts envahissent les rues de la ville

Les rues et avenues de Santiago ont été envahies par les verts depuis le petit matin de ce dimanche 26 mars. Par toutes les voies d’accès menant dans la ville, des centaines de bus, des véhicules familiales, des motos et des camions chargés de femmes enthousiastes, d’enfants apprenant leurs premières leçons de civisme et des hommes concernés par l’avenir de leur pays, s’agglutinaient dans la ville. Il ne s’agissait donc  pas d’un concert de petits nains verts, ni d’un défilé de joueurs de baseball, les manifestants habillés de vert sont venus de partout à travers la République et ont été reçu avec un enthousiasme à nulle autre pareil par la population de Santiago. Ils étaient venus lutter pour que leur pays puisse en finir avec cette corruption et cette impunité, qui depuis des siècles, ne cessent de les assujettir et les diminuer. Cette marche faisait suite à celles organisées antérieurement à Santo Domingo le 22 janvier 2017 et ensuite à Puerto Plata le 6 mars.

 Ce dimanche 26 mars la ville de Santiago était devenu une mer humaine verte, de 9 heures du matin le défilé était presque sans fin de la rue Avenue Del Sol à la rue de la France vers l'avenue Président Antonio Guzman Fernandez. Après 25 minutes de marche, il était impossible d'observer le début et la fin de la longue queue verte, animée par les citoyens en chœurs chantant des slogans anti-corruption, remuant leurs bannières au son de cette musique populaire.

Parmi les slogans les plus prisés : “Con el pueblo no se puede, con el pueblo no se puede, atrás, atrás los corruptos”!  

« Avec le peuple on ne plaisante pas ! A l’arrière les corrompus! »

Et il y avait encore ceux qui se souvenaient du poème de Frederico García Lorca: "Verde que te quiero verde".

Le slogan le plus prisé par la population :

“¡El pueblo unido, jamás será vencido!”,  «Un peuple uni ne sera jamais vaincu! »

 

On remarquait la présence de personnalités de tous les secteurs, universitaires, artistiques, de la communication, on pouvait voir des familles entières qui côtoyaient des militants de la société civile et des activistes communautaires, et les hommes politiques qui a cette occasion gardaient un profil bas.

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=IZK2cHprJLc

Des solutions concrètes sont réclamées pour punir les cas de corruption du Bureau de la supervision des ingénieurs d'État (OISOE), de l’achat surévalué et du paiement de pots de vin dans le cas des avions Super Tucano de la société Embraer du Brésil, ainsi que d’autres cas comme celui de la Sun Land et la construction de la centrale au charbon Punta Catalina.

A ce moment quand l’intensité était a son paroxysme, quand les drapeaux dominicains et les réclamations du publique pour la justice, le légendaire Don Ramon Luna intervint pour modérer les interventions.

 

Les discours

 

Sur l’estrade le médecin et avocat, Ricardo Nieves, militant bien connu du mouvement vert, attira l'attention sur la pression exercée par le gouvernement pour discréditer la lutte sociale. Cependant, il a rappelé que la force des  cœurs jeunes affaiblira le pouvoir corrompu par soudoyé la société brésilienne.

« Nous sommes des gens simples et humbles, nous sommes des gens communs et ordinaires, nous ne cherchons pas la gloire de rentrer dans l'histoire, ce que nous voulons c’est de sortir de la corruption », déclara Nieves.

Altagracia Kubinyi  prit la parole pour lire le manifeste de la marche qui engage le gouvernement à arrêter immédiatement et définitivement toutes les opérations et les accords avec la société brésilienne Oderecht.

 

Le fameux journaliste Huchi Lora déclara que cette marche fut plus grande que celle de Santo Domingo organisée le 22 janvier 2017

L’ordre, l’organisation, la planification étaient de mise pendant la manifestation, plusieurs représentants des différentes populations de la région du Cibao y ont participé ainsi que beaucoup qui ont fait le déplacement depuis Santo Domingo. Des agents de l’Autorité Métropolitaine de Transport et la Police Nationale ont fourni la protection qu’il fallait et ont surveille les rues ou devait passe le défilé.

La diversité a été l’une des caractéristiques de la marche, des milliers de citoyens des secteurs les plus pauvres de Santiago étaient présents et se sont fait entendre. Des groupements religieux étaient aussi présents, on remarquait des religieuses, des moines, des prêtres, et des pasteurs évangéliques. Le secteur syndical, les associations professionnels, des chômeurs et des professionnels, des chefs d’entreprise et des arnaqueurs, des gens de la classe moyenne y ont tous participé et on y remarquait spécialement la jeunesse. Il y avait aussi des enfants, des adolescents, des gens du troisième âge, des handicapés, des gens déguisés, il y avait de tout et tous étaient bien motivés pour lutter contre l’impunité qui gangrène le pays de Duarte. Il n’y a jamais eu à Santiago une manifestation d’une telle ampleur. Surtout que celle-là a été organisée par des organismes non-partisans faisant une réclamation légale, étique et morale au gouvernement et aux partis politiques, aux juges et aux procureurs de la république et ministères publiques.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=1usfMuElnMk

 

La proclamation qui fut lu devant le Monument de Santiago était rempli de relevance et de signification et tous, des centaines de milliers de participants priaient pour que les hommes politiques et le gouvernement écoutent leurs voix. Voila, comme pour   Santo Domingo et Puerto Plata, quelques unes des préoccupations faisant parti du document présenté :

 1) Nous sommes préoccupés par la détérioration de la société dominicaine par: a) La prévalence de l'impunité et le manque de contrôle et de surveillance de l'administration publique. b) Une concentration absolue du pouvoir entre les mains du parti du gouvernement qui pervertit la nation et toutes ses institutions. c) La perversion du système politique et des partis. d) L'exclusion ou la marginalisation de la société non partisane des processus et des domaines de délibération publique. e) l'insécurité des citoyens et l'échec des institutions publiques pour leur corruption interne manifeste et l'absence de politiques publiques appropriées.

2) Nous sommes préoccupés par la complicité du gouvernement et une partie de la classe politique dans des affaires de corruption, et des pots de vin comme la surévaluation qui est le cas d’Odebrecht, les avions Tucano, la Sunland, l’OISOE, l’usine électrique au charbon Punta Catalina, etc., avec lesquels ils ont financé la campagnes électorales et d'énormes richesses accumulées.

3) Nous sommes préoccupés par ce système institutionnel construit à partir de ce pouvoir pour échapper aux sanctions pénales et morales prévues contre les délits d’Etat et le crime organisé, sous le régime de l'impunité structuré et soutenu hors du contrôle de la justice.

4) Nous craignons que le procureur général de la République fasse un accord secret avec une entreprise pour laisser libres les délinquants et leur donner la garantie pénale de continuer à travailler dans le pays. Face à cette réalité:

 

5) Nous espérons que, après une histoire aussi honteuse d’impunité en République dominicaine, seront imposés finalement les règles de l'ordre, de la légalité et de l'autorité pour obliger les gouvernants et gouvernés à l'application de la loi sur le principe immuable que leurs actes et omissions auront les mêmes conséquences sans distinction de rang, de statut ou de souches familiales.

 6) Nous aspirons à construire une force sociale forte pour surveiller les actions des partis politiques et de la classe dirigeante à être soumis aux obligations et aux devoirs constitutionnels, et être obliges de répondre de leurs actes ou de leurs omissions.

 7) Nous aspirons à une performance indépendante, impartiale et souveraine du pouvoir judiciaire, du Ministère public et des organismes de contrôle et de surveillance des comptes de l’état, par des réformes structurelles qui impliqueraient la société civile comme acteur principal.

8) Nous espérons que l'état de la corruption et tyrannie de l'impunité qui règne en République dominicaine disparaisse par la force d’une société blasée par ce pillage et  mobilisée pour défendre ses droits.

 

Ce dimanche Santiago devint un gigantesque phare vert qui illuminait toute la république. Jose Taveras, l’un des dirigeants de la fondation MADASA n’aurait jamais pensé que la participation aurait atteint une telle ampleur. Pendant un moment les organisateurs de Santiago étaient quelque peu préoccupés par la participation, le vert se voyait dispersé, la rue dégarnie. Mais soudain vers 10 :00 Am, l’heure programmée pour le départ de la marche, la ville fut littéralement prise d’assaut par une marrée humaine qui bien vite s’est organisée et auto disciplinée.

C’est ainsi que se réalisa la prédiction de l'activiste Lucien Carlo, qui avait averti que la force de la Marche Verte  depuis le centre de la région du Cibao créerait un précédent historique dans la lutte pour exiger un meilleur pays pour les générations présentes et futures. La rue historique Del Sol devint  tout à coup comme un serpent géant vert enchanté par les slogans et la musique protestataire, véhiculant l’espoir du peuple dominicain qui aspire à vivre dans un pays sans corruption et sans impunité.

Des gens qui ont peint des affiches, d'autres ont essayé d'obtenir des habits verts, peu importe leur appartenance politique ou sociale, d’autres qui scandaient des slogans, des groupes qui jouaient de la musique en faisant allusion à la manifestation, tous essayaient d’être en harmonie avec  la couleur verte qui symbolisait ce jour là, la lutte contre la corruption.

Raúl Pérez Peña (Bacho) et ses amis, avec leur affiche géante affirmant « impunité zéro » se sont montrés plus enthousiastes que jamais. La créativité populaire a été mise dans chaque slogan pour exiger  l'emprisonnement des fonctionnaires soudoyés par la multinationale brésilienne Odebrecth.

Il n’y a pas de doute que ce rendez-vous de Santiago, appuyé par le peuple dominicain, sera connu comme l’un des plus ferme et catégorique.

Et  les gens continuaient d'affluer vêtus de vert, comme une rivière tumultueuse, les agents de la police routière (Amet) guidaient les piétons et collaboraient avec les automobilistes. Certains plaisantaient même avec ces agents dont les uniformes verts rappellent la couleur de la manifestation et se référaient à un éventuel soutien de leur part et un appui à la protestation.

Dans les points de ralliement des districts de La Joya et Baracoa, quartiers pauvres de Santiago,  une atmosphère pleine d’enthousiasme en faveur de la manifestation, a  été rapporté.

La marche rentra dans le cœur de la ville et la route légendaire Del Sol semblait tout à coup comme un serpent géant vert dansant au rythme des slogans et de la musique protestataire, atteignant le plus grand espoir du peuple dominicain.

La marche progressait et les gens de la ville, les employés des magasins et d'autres entreprises ainsi que les clients ne ratant pas ce moment historique, commencèrent grâce à leurs téléphones mobiles à faire des reportages inédits, affichant les images dans les réseaux sociaux et se comportant comme d’agiles citoyens journalistes.

 « Un peuple uni ne sera jamais vaincu! », « En prison les corrompus! », « S’il n’y a pas de justice pour le peuple, il n'y aura pas de paix pour le gouvernement ».

Tout au long du défilé,  étaient exposés des affiches faisant allusion aux fonctionnaires qui ont détourné les biens de  l'État dominicain et de leurs liens avec la multinationale Odebrecth. Les entrepreneurs privés qui d'une façon ou d'une autre ont été mêlés aux activités de la société brésilienne furent aussi sévèrement  critiqués.

D’une estrade, le légendaire présentateur Ramón De Luna a appelé les responsables à prononcer des discours courts, y compris le médecin Ricardo Nieves et la jeune activiste Altagracia Kubinyi, qui était en charge de la lecture du manifeste du Cibao.

On fit attention au message affiché par le père César Hilario: « On parle beaucoup de corruption, mais ce qui fait le plus mal est l'impunité, parce qu'il est la vraie cause de la corruption. »

Le musicien Felle Vega faisait partie de la proposition musicale, dans laquelle participaient de jeunes rappeurs et le comédien et journaliste Trompo Loco.

A la fin des activités, les bus commencèrent à partir, mais les slogans et la musique sont restés dans l’esprit et dans la mémoire des gens, comme si le feu vert de Santiago  a été étendu dans toute la République dominicaine.

Mercredi 30 mars 2017

Avec www.acento.com.do

www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine

 
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