Les "Zones à trafic limité", dites ZTL, ont été instaurées en 1994 pour désengorger Rome, cinquième ville d'Europe la plus embouteillée. Améliorer la qualité de vie des habitants et protéger les sites culturels sont les ambitions voulues par cette initiative, parfois compliquée

A chaque quartier sa ZTL
Créées par la ville de Rome en 1994, les ZTL (zones à trafic limité) ont pour but de protéger le patrimoine du centre-historique de la pollution. L'amélioration de la qualité de l'air, la sécurité des piétons et la limitation des nuisances sonores sont des enjeux importants pour les habitants de la capitale. Diurnes ou nocturnes, les ZTL concernent surtout les zones à fort caractère touristique ou les quartiers de la movida romaine.

La ZTL réglemente l'accès des véhicules à certaines aires urbaines, pendant une tranche horaire définie. Annoncée par de simples panneaux d'accès limité ou des avertisseurs lumineux, l'entrée de ces quartiers n'est pas physiquement barrée. De plus, ces affichages discrets peuvent parfois échapper à la vigilance du conducteur.

Quand la signalisation indique "varco attivo", les automobilistes ne sont pas autorisés à entrer dans la zone concernée. En revanche, si le "varco" est "non attivo", les voitures sont libres de circuler. En cas de non-respect des horaires de trafic autorisé, une amende de 85,50€ est expédiée chez le contrevenant, retrouvé grâce à un système de vidéo-surveillance.

Fort de leur succès depuis leur mise en place, ces aires de circulation limitée se sont multipliées au fil des années. Périodes d'activation différentes et zones toujours plus nombreuses : voici les horaires actuelles des ZTL de Rome:

(Tableau réalisé par M. Cangelosi pour LPJ de Rome)

Favoriser les transports en commun
Si la ZTL interdit aux automobilistes l'accès ponctuel à certaines zones, elle n'est toutefois pas un espace complètement piéton. En effet, les transports en commun y sont autorisés, tout comme les taxis, les véhicules pour personnes à mobilité réduite ou les transporteurs de marchandises. Les résidents ou commerçants peuvent aussi contracter un abonnement spécial auprès de l’Atac pour obtenir un permis de passage.

Malgré la multiplication de ces zones à trafic limité, encourager les automobilistes à emprunter les transports publics est compliqué, dans un pays où le nombre de voitures par habitant est le plus élevé d'Europe. La densité et la fréquence de passage des bus et des trams ne sont pas toujours optimales. A la différence de Paris ou de Londres, la ville de Rome ne possède actuellement que trois lignes de métro – A, B et B1. La fin des travaux sur la Ligne C n'est envisagée que pour 2018, alors que la Ligne D, espérée pour 2020, est toujours au stade de projet.

Plus qu'une mesure destinée à gérer le trafic automobile, la ZTL traduit les changements d'une époque. A l'image des péages routiers, elle s'inscrit dans le processus global initié par les grandes métropoles européennes de se tourner vers le développement durable. La mutation des politiques urbaines met désormais fin au tout-voiture pour privilégier la piétonisation du centre-ville.

Touristes, souriez : vous êtes (aussi) filmés !
Les ZTL, présentes sur l'ensemble des grandes villes italiennes, s'appliquent à tous véhicules. Les touristes étrangers, circulant avec leur propre voiture ou en ayant loué une, sont eux aussi concernés, au risque d'être surpris.

Ainsi, au terme d'un accord bilatéral de 2007, tout résident français – par exemple- est susceptible de recevoir une contravention, payable sur Internet, dans les 360 jours qui suivent l'infraction. Par ailleurs, le montant de l'amende peut s'alourdir quand la société de location de voitures facture à son client la transmission de ses coordonnées à la police. Chacun se doit donc de connaître les normes de circulation en vigueur dans la capitale et personne ne peut échapper aux sanctions infligées en cas de non-respect de ces dernières. Pour des vacances sereines dans la capitale, mieux vaut peut-être circuler en bus ou à pied.

Martin CANGELOSI (www.lepetitjournal.com/rome ) Lundi 12 novembre 2012

 
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