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ETUDES SUPERIEURES – Coopération franco-australienne

Afin de favoriser les échanges universitaires entre la France et l’Australie, l’ambassade de France à Canberra propose de nombreuses solutions aux étudiants des deux pays. Plusieurs partenariats d’envergure sont en cours d’établissement entre des ensembles universitaires et scientifiques français et les plus grandes universités australiennes, comme par exemple l’Université  Sorbonne Paris-Cité  et l’Université de Sydney, ou encore Paris Sciences et Lettres (PSL) et Australian National University.

Votre édition lepetitjournal.com a rencontré Nicolas DUHAUT, attaché de coopération universitaire de l’ambassade de Canberra pour en savoir plus sur ce sujet.

 

Lepetitournal.com : quelle est la situation aujourd’hui concernant les échanges universitaires entre la France et l’Australie ?
Nicolas DUHAUT : malgré de nombreux accords de coopération et d’échanges universitaires entre les eux pays, les flux d’étudiants sont loin d’être équilibrés ce qui représente un vrai défi : il y a plus d’étudiants français qui se rendent chaque année en Australie (environ 1.700) dans le cadre d’échanges que d’Australiens qui vont en France (environ 600 visas pour études délivrés chaque année par notre consulat général à Sydney).
Cela s’explique de plusieurs manières. La première est déjà en partie liée au déséquilibre entre le nombre total d’étudiants français (+ de 2,5 millions) et le nombre d’étudiants australiens (environ 1,3 million).
Par ailleurs, la langue représente également un obstacle : l’apprentissage des langues étrangères n’étant pas systématique en Australie, beaucoup d’élèves australiens ne parlent pas français et les cours en anglais proposés par les établissements français (près de 1300 à ce jour) doivent encore être davantage développés.
Même si ce déséquilibre doit être relativisé (de nombreux étudiants australiens disposent aussi d’un passeport européen et ne sont pas visibles dans les statistiques de délivrance de visa) notre défi est d’inciter un plus grand nombre d’étudiants australiens à étudier en France en leur offrant des facilités et surtout en mettant en avant la qualité de notre enseignement supérieur.

Signature de l’accord entre ANU (Brian Schmidt, Vice-Chancellor)  et PSL (Thierry Coulhon, Président) en présence de JM Ayrault et de l’ambassadeur Christophe Lecourtier
Crédit photo: ambassade de France en Australie

Quelles sont les actions que vous avez lancées pour mener à bien ce défi ?
Nous menons tout d’abord un  travail important pour le développement de nouveaux partenariats entre universités françaises et australiennes.
Le système d’enseignement supérieur français connaît actuellement d’importants changements visant à accroître sa visibilité internationale. L’ambassade assure la promotion de ces réformes et des opportunités qu’elles ouvrent pour développer de nouveaux partenariats plus ambitieux.
L’émergence des "Communautés d’Universités et d’Etablissements" (COMUEs), les fusions d’universités, le "programme des Investissements d’avenir" et notamment les "Initiatives d’excellence" constituent le nouveau cadre dans lequel les coopérations entre universités françaises et australiennes se développent.
Pour faire mieux connaître ce nouveau cadre à nos partenaires australiens, nous avons par exemple créé des fiches explicatives sur le système d’enseignement supérieur et de recherche français.

Nous souhaitons aussi nous adresser directement aux étudiants. L’ambassade dispose depuis quelques années d’un service "Campus France Australie" dont la mission est de promouvoir les études en France et d’assister les étudiants étrangers dans cette démarche.

Participation de Campus France Australie aux salons de la mobilité internationale dans les campus australiens
Crédit photo: ambassade de France en Australie

Cette action est menée en collaboration avec les Alliances Françaises qui par leurs situations de proximité nous permettent de promouvoir nos actions localement.
Parmi les actions de Campus France Australie,  nous mettons par exemple actuellement en place un réseau "d’ambassadeurs étudiants" dans les principaux campus australiens. Les "ambassadeurs" sont des étudiants qui sont allés en France et qui partagent leur expérience et offrent leurs conseils à ceux qui souhaitent faire de même. Nous préparons également des vidéos-témoignages d’étudiants australiens. Leur but est d’illustrer de façon très concrète les différents types de mobilité envisagées sur un support probablement plus parlant pour les étudiants.

Nous avons aussi créé une cartographie précise des accords de coopération entre établissements d’enseignement supérieur français et australiens . Ceci permet aux étudiants, de connaître les établissements avec lesquels leur université a mis en place une coopération pour envisager un échange, mais cela permet également aux universités elles-mêmes de disposer d’une vision globale des coopérations existantes pour les guider dans le déploiement de leur stratégie internationale.


Concrètement, quels sont les dispositifs en place pour aider les étudiants à la mobilité internationale ?

Il faut d’abord être sur le terrain, auprès des étudiants et des responsables des universités pour faire ce travail de promotion et de facilitation des partenariats. C’est notre travail au quotidien, en étroite collaboration avec les universités de deux pays.
Mais nous devons aussi être en mesure de proposer une offre de mobilité vers la France qui corresponde aux attentes des étudiants.
Il n’est pas évident pour des étudiants de partir aussi loin, aussi, en complément des programmes d’échange classiques, nous assurons la promotion des programmes de courte durée de type "école d’été" que les établissements français sont de plus en plus nombreux à proposer. Ces programmes rencontrent un succès croissant auprès des étudiants australiens en offrant un avant-goût de ce que pourrait constituer un séjour d’études plus long.
Dans tous les cas, nous mettons tout en œuvre pour faciliter les démarches des étudiants et nous proposons également des aides financière à la mobilité (pour prendre en charge le voyage vers la France notamment).

Quels sont les domaines de compétences ciblés par ces programmes d’échanges ?
A priori nous n’avons pas de limites sur l’étendue des domaines de compétences concernés. Bien sûr les étudiants qui se spécialisent dans la langue, la culture ou la littérature française sont très demandeurs d’un séjour en France, mais nous souhaitons également promouvoir la qualité de nos formations dans le domaine des sciences, de l’ingénierie ou du management. La France dispose d’écoles de commerce qui sont parmi les meilleures au monde, de laboratoires qui accueillent des chercheurs de très haut niveau ; nous avons dans nos universités des Prix Nobel, des médailles Fields, il faut le faire savoir!

Nous sommes convaincus que l’excellence de la recherche scientifique en France et en Australie et les nombreuses connexions individuelles qui existent entre chercheurs des deux pays sont des leviers importants pour accroître la mobilité étudiante. Le développement des stages de recherche à l’étranger, des stages en entreprise, des thèses en cotutelle et des thèses CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) est fortement encouragé par l’ambassade, au travers notamment du programme d’aide à la mobilité internationale "Nicolas Baudin".

Que peut-on attendre à l’avenir d’une telle coopération ?
Après quelques mois à ce poste, je suis impressionné par la volonté très forte des universités australiennes de renforcer leurs liens avec la France. Et la réciproque est vraie également. La relation entre la France et l’Australie n’a jamais été aussi bonne et elle se décline dans tous les domaines : économique  et industriel bien sûr, politique, mais également éducatif, universitaire, scientifique,  culturel… Le contexte est très favorable pour accroître les échanges, la mobilité, les projets collaboratifs. Avec la construction des sous-marins par DCNS, nous avons par exemple une superbe opportunité de développer des liens entre acteurs éducatifs français et australiens ; avec le développement des sections bilingues dans les écoles australiennes, nous aurons bientôt un public très ouvert à une expérience en France.

Les coopérations académiques et la mobilité étudiante, outre leur contribution à la qualité des échanges interculturels et à la bonne entente entre les peuples, sont un investissement pour construire le partenariat scientifique, technologique et économique franco-australien de demain.

 

Laetitia, www.lepetitjournal.com/perth le 15 mai 2017


Pour aller plus loin :
http://www.campusfrance.org/fr/ - site de Canberra : http://www.australie.campusfrance.org/en/
Liens vers l’ambassade de France à Canberra :
https://au.ambafrance.org/
https://www.facebook.com/Ambafrancecanberra
https://twitter.com/FranceAustralia
https://au.ambafrance.org/Bourses-et-financements
https://au.ambafrance.org/Panorama-de-la-cooperation-universitaire-France-Australie

 

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