EN VADROUILLE A PEKIN - Kit de survie en Chine

 

Pékin m’en apprend tous les jours ici. Pourtant, je n’aurais jamais cru, moi, jeune Occidentale, pouvoir me perfectionner dans l’art des techniques ancestrales du combat, digne d’un moine Shaolin. Voici quelques clés pour survivre parmi la jungle pékinoise

Démonstration de moines Shaolin (Photo Wikipédia)

Phase 1 : Stratégie

Pour nous, Occidentaux, une des premières choses qu’on apprend dans la capitale, c’est d’esquiver la foule (20 millions d’habitants dans la capitale chinoise tout de même !) dans les rues et le métro. Révisons certaines tactiques :

-Le camouflage : Nos visages d’Européens se repèrent de très loin, donc pour le camouflage, c’est râpé. (Ceux qui ont des vagues origines asiatiques pourront peut-être se fondre dans la masse et arriver à ses fins, par exemple, avoir une place dans le métro, sans se faire repérer).

-L’esquive : Dans une ville aussi peuplée, apprendre à se faufiler parmi les gens est une technique de survie. Repérez les bons emplacements et esquiver les autres sans les bousculer, tel un serpent, vous fera gagner du temps.

-La diversion : Le port d’accessoires fluo ou kitsch focalisera l’attention d’autrui et vous permettra d’arriver à votre but. N’hésitez pas à mettre des baskets roses, ou à fixer le maximum d’accessoires loufoques dans vos cheveux afin de distraire les autres individus.

Posture Ji (Photo Marie-Eve Richet)

Phase 2 : Acrobaties

Notre apprentissage ne s’arrête pas là, pour percer les secrets de la Chine, il faut développer son agilité. Je me rappelle encore de mon sentiment d’hésitation préalable à essayer les toilettes des bars et clubs de la capitale, qui se révèlent être toutes (je dis bien TOUTES, à part dans certains clubs huppés) des toilettes turques. Après quelques sorties, vous développerez votre capacité à tenir accroupie au-dessus du sol, sans tomber et sans ressentir de douleur. Pour vous entraîner, vous pouvez tenter la position assise "à la chinoise". Vous avez certainement déjà vu de nombreux Chinois(es), s’asseoir accroupis, les fesses délicatement posés sur leurs mollets, sans toucher le sol, sans exprimer la moindre fatigue ou courbature durant des heures, et parfois même en pratiquant une autre activité (la lecture, le jeu de cartes entre amis, la dégustation de plats chinois…)

Cette posture provient de traditions anciennes et s’intitule la posture Ji : "La posture Ji requiert de s'asseoir sur ses genoux avec les fesses reposant sur les mollets et les pieds. Lorsqu'il n'y avait pas d'invités présents, les gens pouvaient s'asseoir nonchalamment dans les positions Fu et Qiju, mais si l'on s'adressait à une personne plus âgée respectée, parlait à des amis, parlait de questions importantes, manger à des dîners de fêtes ou des banquets, ou traitait des invités, on devait s'asseoir dans la posture Ji." Accroître votre souplesse par ce genre de pratique vous fera gagner le respect du peuple chinois. La technique de l’esquive, vue ci-dessus, vous permettra d’éviter les nombreux "mototchou" (moto avec une minuscule cabine à l’arrière) et autres scooters électriques, qui se déplacent silencieusement et ne préviennent donc pas les innocents piétons de leur arrivée…

Tai chi dans un parc (Photo Marie-Eve Richet)

Phase 3 : La philosophie du zen

Rappelons que le guerrier chinois ne maîtrise pas seulement les techniques de ruses et de combat, il est adepte de la philosophie "zen", qui trouve son sens dans l’harmonie de l’individu avec la nature, et par sa capacité à trouver son chemin dans l’expérience et la méditation. Ainsi, le contact permanent avec la nature permettra de vous ressourcer et de ne pas vous aliéner dans les aléas de la vie urbaine. Le tai-chi dans les parcs ou tout simplement, faute de moyens, l’ornement de plante dans votre appartement fera l’affaire.

Méditer sur soi et ne pas s’énerver ou perdre patience à la moindre occasion (par exemple, contre un individu qui possède un niveau supérieur à vous dans l’apprentissage du combat, et qui donc s’éclipsent mystérieusement pour se retrouver au début de la file alors qu’il était de base, derrière vous : Ne surtout pas l’empoigner ou soupirer bruyamment, comme ferait tout bon parisien, mais profitez-en pour l’observer), vous sera utile pour de nombreuses situations de la vie quotidienne. La philosophie zen m’a permis de garder mon calme lorsque je répétais pour la 100ème fois la station de métro la plus proche de chez moi à des chauffeurs de taxis, et que le millionième chauffeur comprenait enfin, en répétant le même mot avec le même ton, (ô rage, ô désespoir, est-ce que je parle si mal que ça le chinois ?), alors que sans, j’aurais sûrement marché à pied jusqu’à chez moi (Et j’aurais sûrement finie grippée, parce qu’il pleuvait, pour ne rien gâcher). Comme disait Lao-Tseu, célèbre sage chinois, "Une armée qui ne sait pas s'adapter ne remporte jamais une bataille". La persévérance, une autre valeur que vous ne devez pas négliger.

Citation : Article « La juste manière de s'asseoir dans la Chine ancienne » sur Chine Informations

Lucie Bousquet (www.lepetitjournal.com/pekin.html). Mercredi 3 octobre 2012


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