Munich

LEGISLATIVES 2017 – Ludovic Lemoues, candidat FPR : « Nous, Français de l’étranger, avons des besoins, des attentes, des revendications, qui n’appartiennent qu’à nous, et que nos gouvernants méconnaissent et ignorent.»

 

Dans moins de deux semaines, les Français établis hors de France devront reprendre le chemin des bureaux de vote pour élire cette fois leurs députés. A l’étranger, les élections législatives françaises se dérouleront les 4 et 18 juin 2017. Les éditions allemandes du média lepetitjournal.com s’unissent pour présenter à leurs lecteurs, avant le 4 juin, l’ensemble des candidats de la 7ème circonscription qui comprend 16 pays dont l’Allemagne. Ce jeudi, nous vous présentons Ludovic Lemoues, candidat pour le Front des Patriotes Républicains.

Lepetitjournal.com/munich - Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Français de l’étranger depuis 2008, j’ai exercé très tôt des responsabilités : chef d’entreprise à 23 ans, j’ai toujours été tourné vers les autres, et à l’écoute de leurs préoccupations.

Notre pays connaît actuellement une profonde mutation, à la fois sociale, économique et politique. Aussi les Français veulent du changement, car ils ressentent un profond malaise, malaise face à l’incapacité de nos gouvernants à faire baisser le chômage et à donner un avenir à nos enfants, malaise face aux attaques terroristes barbares dont notre pays est victime, que  nos gouvernants semblent incapables de faire cesser, malaise face à une classe politique sclérosée et déconnectée qui a perdu ses valeurs et se complet dans des compromis et des renoncements idéologiques consternants.

C’est la raison pour laquelle j’ai fondé (fin 2016), avec quelques amis également Français de l’étranger, le Front des Patriotes Républicains (FPR), pour proposer un vrai changement, un vrai engagement, un vrai projet.

Notre philosophie est simple : indépendamment de tout clivage et de toute idéologie politicienne, nous, Français de l’étranger, avons des besoins, des attentes, des revendications, qui n’appartiennent qu’à nous, et que nos gouvernants méconnaissent et ignorent. Ce sont ces demandes, ces problématiques, que nous voulons porter et faire entendre à l’Assemblée Nationale. Seuls, nous ne pesons pas lourd. Unis, nous pouvons faire bouger les choses.

Et seule une force d’opposition pourra engager cette action car, on l’a vu dans les gouvernements précédents, les députés « de la majorité présidentielle » ne sont que les serviteurs soumis d’un Président qui leur dicte ses mesures et non plus des forces de proposition !

C’est pourquoi je me suis engagé en politique, afin d’être  à l’écoute de mes compatriotes et pouvoir mettre tout en œuvre pour faire entendre notre voix et engager un vrai programme pour les Français de l’étranger.

Lepetitjournal.com/munich - Etre député de la 7e circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?

Être député en général, c’est avant tout prendre un engagement : celui de servir ses compatriotes, être à leur écoute, essayer de les aider. Pour les Français de métropole, la situation est un peu différente, car ils ont plusieurs élus de proximité à qui ils peuvent s’adresser : leur Maire, leurs conseillers régionaux, … Nous, Français de l’étranger, n’avons que le député, car malheureusement les Conseillers consulaires qui ont été mis en place récemment n’ont de fonction que consultative. Le député doit donc être un interlocuteur privilégié, et sur de vastes circonscriptions comme la 7ème, cela implique un engagement physique et matériel important.

A titre personnel, je me suis d’abord installé en Espagne (à Barcelone) où je vis depuis  2008. Mais dans le cadre de mes activités professionnelles, je suis désormais très impliqué en Allemagne (à Munich en particulier) où je réside la moitié de mon temps. Et je compte m’y installer définitivement avec ma famille à la prochaine rentrée scolaire 2017-2018.

Lepetitjournal.com/munich - Quelles sont vos 3 priorités/propositions pour les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration...) ?

1 - En tant que père de famille, je veillerai tout particulièrement à défendre notre programme concernant la scolarisation de nos enfants. Pour moi, scolariser ses enfants dans le système scolaire français à l'étranger ne doit pas être un luxe mais un droit.

Or, avec des frais d’écolage moyens de près de 5.000 € par an (sur l’ensemble des lycées français à travers le monde), peu de ménages français peuvent suivre!

Je propose donc de lancer un vaste plan école, à l’image de celui qui a été initié à Londres, mais au niveau de toute la circonscription, afin d’augmenter rapidement le nombre de places.

Je demande également à ce que les enfants de nationalité française soient prioritaires dans ces établissements et qu’ils bénéficient de la gratuité totale des frais d’écolage. Nos enfants sont les garants du rayonnement de la France dans le futur, il faut donc nous aider à les scolariser dans les Lycées Français.

Pour ceux par contre qui en sont trop éloignés ou qui ne le souhaitent pas, il faut développer les filières d’alternance (plus de classes bilingues dans les lycées de nos pays d’accueil, plus de cours en ligne, accessibles gratuitement,…)

2- En tant que père de famille, je suis également attaché à la protection sociale. On ne sait jamais, même quand on est jeune, ce qui va nous tomber dessus : accident, maladie, … tout peut arriver à tout moment! La France est certainement le pays le plus avancé dans le monde sur le plan de la protection sociale de ses concitoyens. Par contre, dès lors qu’on quitte le territoire, on nous oublie, on nous ignore, et quand on rentre au pays, on n’a même pas droit à la PUMA (Protection Universelle Maladie), on doit respecter un délai de carence avant de souscrire une nouvelle protection sociale complémentaire, …  Cela est injuste et inacceptable. Je souhaite donc être particulièrement actif sur ces points-là.

3 – Enfin, comme tout Français, je comprends la nécessité des impôts, mais quand ils sont injustes ou injustifiés, je ne comprends plus! Je veux donc lutter contre les multiples injustices fiscales qui nous touchent directement et notamment:

- la CSG/CRDS sur les revenus du patrimoine,  qui nous a été appliquée à partir de 2012, puis suspendue en 2015, et que Bercy envisage actuellement de rétablir sous une nouvelle forme, pour pouvoir contourner la décision de la Cour Européenne de Justice ;

- la taxation des résidences de nos compatriotes qui conservent leur ancienne résidence en France, et qui sont imposées comme résidences secondaires ;

- les prélèvements sociaux opérés en France sur les retraites des non-résidents, et qui sont sans fondement.

Lepetitjournal.com/munich - Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant Pierre-Yves Leborgn'? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Si Pierre-Yves Leborgn' avait été à l’écoute des Français de sa circonscription, il aurait pu et dû s’opposer au vote de la loi qui a décidé d’appliquer la CSG/CRDS sur les revenus du patrimoine des non-résidents. Au lieu de cela, il l’a voté !

Depuis, il indique sur son site que son action prioritaire a été d’aider les Français victimes de cette mesure à monter des dossiers de demande de remboursement : quelle hypocrisie !

Surtout quand on sait que le gouvernement socialiste puis le gouvernement Macron sont en train de la « réformer » pour contourner la législation européenne et la remettre en place !

Par ailleurs, quand on regarde la façon dont il a dépensé sa réserve parlementaire, on constate que 100% de ses donations ont porté sur les Lycées Français. Il faut savoir que sur 600.000 jeunes français expatriés, seuls 120.000 le sont dans les lycées français, le reste suit un cursus dans le système scolaire du pays d’accueil. Une fois de plus, M. Leborgn s’est donc trompé de combat et a fait preuve d’un parti pris indécent.

Quel mépris à l’égard des autres catégories de Français de l’étranger, je pense aux retraités, aux jeunes demandeurs d’emploi, … qui n’ont eu droit à aucune considération, aucune écoute, aucune dotation financière !

Les Français apprécieront !

Lepetitjournal.com/munich - Quels changements apporteriez-vous à l’Union européenne ?

L’idée de base de l’Union Européenne, est simple et magnifique : mutualiser nos forces pour être encore plus forts et garantir la paix. C’était l’idée de l’Europe des 6. Depuis, l’Union Européenne a voulu aller plus loin : plus de membres, plus de compétences (économiques, diplomatiques, financières, …) mais sans se doter de gouvernement. On a donc une juxtaposition de compétences et un mille-feuille administratif qui a un vrai pouvoir alors qu’il n’a aucune légitimité.

Il faut donc réformer l’Union européenne en profondeur et recadrer le rôle et la place de chacun. L’UE doit prendre en compte et respecter les peuples qui la composent, pas les humilier comme elle le fait parfois. Il faut redonner le goût et la fierté d’en faire partie  aux individus qui la composent. Il faut donc se doter de dirigeants européens plus légitimes (donc élus) mais mieux définir leur fonction et clarifier les domaines de compétence de chacun.

Lepetitjournal.com/munich - Quel devrait être le rôle de la France dans l’Union européenne ?

Il n’y a pas d’Union européenne efficace sans un couple Franco-Allemand fort et complice ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’histoire de l’Europe. La France doit rester le moteur et la force de proposition de l’Union européenne.  Elle doit donc savoir se faire respecter quand c’est nécessaire. N’oublions pas qu’elle est et reste de loin la première force militaire de l’Union européenne, la seconde puissance économique derrière l’Allemagne !

Lepetitjournal.com/munich - Comment envisagez-vous les relations entre deux des plus importants Etats membres de l’Union européenne, la France et l’Allemagne ?

Indépendamment de ce que je viens de vous indiquer, je crois surtout que la vraie Europe, c’est aussi et surtout celle que nous construisons, chacun d’entre nous, sur le terrain. En tant que Français de l’étranger implanté en Allemagne, en tant qu’entrepreneur, je mesure tout particulièrement la richesse de nos échanges et la qualité de notre relation. Nous sommes très proches, pour des raisons géographiques, mais aussi culturelles, économiques, sociales, … nous devons donc montrer aux politiques l’exemple et la voie à suivre. La facilité de coopération et d’échange, pour nous Français qui vivons ici, on la connait bien, c’est notre quotidien. Il y a sur le terrain un vrai respect mutuel et un vrai plaisir de travailler ensemble : c’est ce que nous, Français de l’étranger, issus de la société civile, devons porter comme message à l’Assemblée Nationale, ce que je me propose de faire si je suis élu. 

Site de campagne : www.ludovic-lemoues.fr

Propos recueillis par Anne Beckers (Lepetitjournal.com/munich), jeudi 25 mai 2017

 
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