Montréal

ROLAND LESCURE – "Les Français de l’étranger doivent aider à la transformation de la France"

 

A 50 ans, Roland Lescure a quitté un confortable poste de dirigeant dans la gestion d’actifs à Montréal pour s’engager avec enthousiasme dans campagne d’Emmanuel Macron. Investi par la République en Marche sur l’Amérique du nord, il espère que les Français de l’étranger vont voter largement aux Législatives et être une force de proposition importante pour faire évoluer la France 



lepetitjournal.com : Vous faites partie des candidats de la société civile investis par La République en Marche, pouvez-vous  vous présenter en quelques mots ?

Roland Lescure : J’ai 50 ans, je suis né à Paris, j’ai grandi à Montreuil, dans une cité HLM, dans un milieu modeste et militant à gauche.  Je suis un enfant de l’école de la République, qui m’a permis d’être diplômé de Polytechnique, de l’ENSAE puis de la LSE où j’ai fait une maitrise d’économie. J’ai commencé ma carrière professionnelle pendant 7 ans au ministère des Finances.
A l’époque, dans le milieu des années 1990, nous nous occupions de la préparation du passage à l’euro, avec Jean Arthuis. On devait négocier à la fois les aspects économiques de la gestion de l’euro, mais aussi par exemple le design des pièces de monnaie. Les enjeux européens m’ont passionné, les questions environnementales aussi, mais j’ai ensuite eu envie de me rapprocher du concret. J’ai travaillé dans la finance, j’ai passé 20 ans dans la gestion d’actifs au sein de groupes mutualistes. Et puis, il y a 8 ans, je suis entré à la Caisse de dépôts et placement du Québec, à Montréal, comme chef de placements. 

Pourquoi avoir choisi cette expatriation au Canada ?

Avec mon épouse irlandaise, nous avons voulu vivre à l’étranger par goût de l’aventure. C’était une belle opportunité professionnelle, en intégrant cette grande institution mondialement présente, c’était comme si je passais de la ligue nationale à la Champion’s league. Mais plus largement nous avions envie de partir loin de nos bases, avec nos trois enfants. On ne l’a pas regretté, nous avons passé 8 années fantastiques. 

Et pourtant, vous avez démissionné pour entrer en politique… Quel a été le déclic ?

En effet, et cet engagement ne sera pas provisoire, je compte m’y consacrer pour les 5 à 10 ans qui viennent ! Comme beaucoup, j’avais un intérêt pour la politique mais une méfiance pour les pratiques politiques. Très tôt, j’ai été séduit par la démarche « grass roots » d’Emmanuel Macron. Je suis un adhérent d’En Marche ! de la première heure parce que je me retrouve dans sans démarche et dans les éléments de son programme. Je me suis engagé en avril 2016 et ai participé à la création du mouvement en Amérique du nord. Les comités locaux ont beaucoup d’autonomie et étaient force de proposition pendant la campagne, j’y participais mais j’étais tenu à un devoir de réserve par rapport à mon employeur. J’ai donc décidé de démissionner pour pouvoir pleinement me consacrer à la campagne. Nous avons tracté sur les marchés, fait du terrain. J’ai déposé ma candidature à l’investiture En Marche ! fin janvier avec CV et lettre de motivation et je n’ai su qu’au lendemain du deuxième tour de la présidentielle que j’étais choisi. Vous imaginez ma joie ! J’ai sauté dans un avion pour Paris afin de faire les démarches officielles, et participé à la réunion des candidats République en Marche au Quai Branly. Avez-vous vu la photo des candidats ? C’est une palette incroyable, à l’image de la vraie France  

Comment allez-vous faire campagne sur cette circonscription gigantesque ?

C’est un challenge en effet. Nous avons lancé la campagne à New York, puis nous sommes allés à San Francisco, Los Angeles, puis Montréal, Toronto… Je souhaite aller sur le terrain le plus possible. Je suis entouré de jeunes super dynamiques, très investis, c’est un travail d’équipe. Nous allons utiliser les réseaux sociaux bien sûr, mais rien ne remplace les rencontres en tête à tête. Les Français d’Amérique du nord sont tous différents, mais ils ont en commun l’amour de la France, l’attachement au pays.
Emmanuel Macron a fait des scores exceptionnels en Amérique du nord mais nous sommes confrontés à un défi, celui de « sortir le vote » comme on dit au Québec. Il y a 5 ans, l’abstention était très importante. En plus, les dates sont décalées par rapport à la France, nous devons donc informer sans relâche nos concitoyens pour augmenter la participation (premier tour le 3 juin et 2e tour le 17 en Amérique). Je vais travailler d’arrache-pied pour convaincre les Français d’aller voter.

Quelles seront vos priorités si vous êtes élu ?

Mon action devra s’organiser autour de 3 axes principaux. D’abord, soyons clairs, je souhaite contribuer à donner la majorité à Emmanuel Macron. Je veux l’appuyer et appuyer son programme.

Ensuite, je veux répondre aux préoccupations des Français de l’étranger. Et la première de ces préoccupations, c’est l’accès à une éducation de qualité en français. Les demandes sont très différentes entre les expatriés qui sont là quelques années et ceux qui sont enracinés. Il faut pouvoir accorder plus de marges financières aux établissements français en leur permettant d’emprunter avec la garantie de l’Etat notamment. Il faut aussi revoir les critères d’attribution des bourses. Et il me semble intéressant de pouvoir aménager certains programmes en fonction du contexte local.
Autre préoccupation, la fiscalité. Je suis pour le « donnant-donnant ». Les Français de l’étranger bénéficient des services publics français quand ils rentrent en France où lorsqu’ils utilisent les services consulaires. Mais aujourd’hui le système est inéquitable. Ceux qui résident aux USA et ceux du Canada déjà ne payent pas la même chose, du fait d’accords de non-double-imposition différents avec la France.
Troisième préoccupation, les relations avec l’administration. Le gouvernement entend mettre sur la table 5 milliards pour favoriser la digitalisation dans les services publics. Il faut que cela aide les Français de l’étranger dans leurs démarches, pour obtenir un passeport, un permis et aussi pour avoir un véritable guichet unique au retour. La France devrait accueillir ses expatriés à bras ouverts !

Le troisième axe de mon action est peut-être celui qui a la dimension la plus importante, c’est de faire en sorte que les 2,4 millions de Français de l’étranger aident à la transformation de la France. C’est une force énorme de proposition, pour apporter des idées, du dynamisme, de la liberté à la France. Et moi, je souhaite être leur porte-voix.

Il est donc important d’avoir des représentants des Français de l’étranger dans l’Hemicycle, quel député serez-vous ?

Ce job de député des Français de l’étranger est assez nouveau. Il est important pour les raisons que je viens d’évoquer, et je crois à la force de frappe globale des 11 députés des Français de l’étranger. Nous pouvons travailler ensemble et nous serons mieux entendus à onze.
En termes d’activité parlementaire, vous avez sans doute noté qu’Emmanuel Macron souhaite limiter le nombre de lois, mais favoriser en revanche leur mise en pratique. Il me semble important de faire en sorte que celles-ci transforment de manière concrète la vie des Français, partout dans le monde. Si nous voulons relancer l’Europe, redynamiser l’économie de notre pays etc., nous devons être une force de proposition. Nous réfléchissons à la mise en place de plateforme pour consulter les Français et porteur leur opinion. Enfin, puisque l’un des premiers chantiers est la moralisation de la vie publique, je veux dire que je serai un député irréprochable. Je n’embaucherai des assistants parlementaires que pour leur expertise, je souhaite la transparence sur les dépenses et compte faire un point sur mes frais de mandat deux fois par an, pour expliquer à quoi sert cet argent public. Je souhaite enfin être accessible et empathique ! J’ai tout quitté pour faire de la politique, je veux tout donner pour être au service des Français !

Propos recueillis par Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 29 mai 2017

 
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