Montréal

Comment se faire des amis à Montréal ?

La question revient sans arrêt sur les réseaux sociaux dédiés à l’expatriation : « comment se faire des amis une fois que l’on est installé à l’étranger ? ».

La question n’est pas anodine. Elle touche, à un moment ou à un autre, chaque personne ayant fait le choix de vivre à l’étranger. Une fois installés, débarrassés des problématiques logistiques et administratives, notre esprit peut enfin penser à autre chose. Et l’un des premiers besoins sera de se reconstituer un réseau. Car l’Homme est un animal social.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé Julien Faliu a créer la plateforme communautaire Expat.com voici quelques années. En 2006, Julien s’installe à Barcelone et trouve un emploi en télétravail. Dans ce cadre, difficile de se constituer un réseau, surtout lorsque l’on n’a aucune connaissance sur place et que la langue devient une barrière plutôt qu’un facteur d’intégration.

Les expatriés à Montréal n’échappent pas au risque de l’isolement : malgré la proximité linguistique et le multiculturalisme de la métropole, l’intégration sociale restera difficile. Les québécois ne nous attendent pas, pas plus que les barcelonais. Pourtant, de nombreuses solutions existent pour briser l’isolement et permettre à tout un chacun de s’épanouir à Montréal.

La solution la plus efficace est d’intégrer une organisation existante, soit dans le cadre d’un contrat de travail, soit en tant que membre ou bénévole. En intégrant une organisation, il sera possible de créer du lien, qui se renforcera avec le temps. Arrivé au Canada en 2012, j’ai pu intégrer une institution financière multiculturelle et nouer des relations au travers de mes tâches, mais aussi par l’intermédiaire d’événements externes à l’entreprises : actions de RSE, participation à des activités culturelles, after works…Aujourd’hui, j’ai conservé des liens d’amitié avec certains de mes anciens collègues.

Pour celles et ceux qui arrivent au Québec sans contrat de travail, le bénévolat est certainement une piste à étudier : d’une part, le bénévolat est une manière de s’enrichir personnellement tout en découvrant, d’une manière originale, la culture d’un pays. D’autre part, le bénévolat est très bien vu auprès des employeurs canadiens. Il est une manière de démontrer votre volonté de vous intégrer dans votre pays d’accueil et peut être la porte d’entrée vers un emploi stable. Le bénévolat, en Amérique du Nord, est une activité encouragée et largement pratiquée. Dans le cadre de mon ancien emploi, j’avais eu un grand plaisir à travailler avec quelques organisations caritatives, telles que la Société pour les enfants handicapés du Québec, La Tablée des Chefs, le Manoir MacDonald ou Moisson Montréal.

L’Amérique du Nord a ceci de fabuleux que la prise de contact est rendue relativement facile. Grâce aux événements de réseautage organisés par toutes sortes d’organisme, il est facile de rencontrer du monde, même lorsque l’on ne connait personne. En participant aux événements de la jeune chambre de commerce française à Montréal, j’ai été surpris de l’aisance relationnelle des jeunes québécois, qui n’hésitaient pas à se présenter rapidement et passer de groupes en groupes pour échanger quelques minutes. Le plus difficile, par la suite, reste de transformer ces discussions éphémères en relations solides. Mais si un intérêt mutuel vous rapproche, tout deviendra plus simple…

Si vous aimez faire du sport, s’inscrire à un cours collectif ou faire partie d’une équipe sera un excellent moyen de nouer des relations fortes et rapides avec un groupe de personnes partageant vos centres d’intérêts. Amateur de soccer, j’ai fait partie d’une équipe deux années durant et rencontré ainsi de nombreux joueurs de toute nationalité.

En 2013, puis en 2015, notre famille s’est agrandie. La joie de voir notre famille s’agrandir s’accompagnait de nouvelles responsabilités. Dès lors, il m’était difficile de sortir. L’intégration par le sport ou des activités sociales devenait impossible. Qu’à cela ne tienne ! En participant aux cours prénataux organisés par la mairie de Montréal, nous avons pu faire connaissance avec un couple de québécois, avec qui nous sommes restés en contact. Les crèches et écoles, les amis de nos enfants nous ont permis également de créer des liens. Les nombreuses heures passées dans les magnifiques parcs de Montréal sont devenus notre terrain privilégié pour rencontrer nos voisins de quartier.

Depuis l’avènement des réseaux sociaux, trouver des groupes d’expatriés sur Facebook est devenu un jeu d’enfants. En faisant une recherche simple sur internet, j’ai pu en trouver trois en quelques secondes. Expat.com est également une excellente solution pour créer des relations avec d’autres expats de toutes nationalités. Sur ce site, il sera possible de trouver des petites annonces, de participer à des événements, de discuter avec d’autres membres (expatriés ou québécois), via le forum ou par messagerie privée…le tout gratuitement. Plusieurs animateurs bénévoles s’efforcent d’accueillir les nouveaux arrivants, parfois en suggérant des rencontres ou en offrant des conseils pratiques.

Enfin, mentionnons aussi Montréal Accueil, qui offre des conseils et organise des événements pour ses membres, généralement des étrangers francophones établis dans la métropole.

Montréal n’est certainement pas la destination la plus difficile en matière d’intégration sociale. Comme souvent, c’est au nouveau venu de faire l’effort. Attention, toutefois, à ne pas s’entourer uniquement de français. La création de lien avec les montréalais pure souche reste la voie à privilégier pour découvrir la culture et le patrimoine de nos cousins germains.

Séverin Guiton.

 
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