Milan

ECONOMIE - La fin des casalinghe italiennes ?

 
L’époque des fameuses casalinghe italiennes (ménagères), souvent stéréotypées péjorativement comme les Casalinghe di Voghera : des femmes consacrées à leur cuisine, machines à laver, enfants et époux, semble s’estomper selon une étude de l’Istat. Sauf dans le Centre-Sud de la Péninsule. Portrait de la casalinga italienne en 2017.

La Casalinga di Voghera représente tout une époque en Italie. L’expression, un brin péjorative, est issue de Carolina Invernizio, un écrivain populaire de la fin du 19e siècle, née à Voghera, célèbre pour ses romans mélodramatiques à l’eau de rose. L’écrivain était alors désignée comme « une honnête poule de la littérature populaire ». Elle est devenue dans les années 80, plus de 60 ans après sa mort, la « casalinga di Voghera », pour désigner une femme « moyenne » avec un niveau d’instruction modeste, complètement consacrée à sa famille et au foyer. A l’étranger, de façon très stéréotypée, on la verra davantage comme la mamma préparant des plâtrées de pasta pour toute sa famiglia, après avoir étendu son linge aux fenêtres.

 


Les casalinghe version 2017
Si l’expression reste encore couramment utilisée par les détracteurs pour désigner une femme au foyer, l’époque des casalinghe italiennes semble prendre fin, estime l’Istat (l’Institut de la Statistique italienne) dans son Rapport publié hier, « Le casalinghe en Italie ».
En 2016, 7 millions 338.000 femmes se déclarent casilinga, soit plus d’un demi-million en moins par rapport à il y a 10 ans. Par définition, ces femmes choisissent de s’occuper de leur foyer, de ne pas travailler. Aujourd’hui, leur âge moyen est de 60 ans et plus de 40 % ont 65 ans et plus, alors que seules 8,5 % ont jusqu’à 34 ans. Une différence par rapport au passé !
Reste que le Centre-Sud, encore traditionnel par rapport au Nord du Belpaese, connaît la plus forte concentration (63,8 %) de ces femmes ne jouissant que d’un diplôme équivalent au brevet des collèges pour 74 % d’entre elles. Chez les 15-34 ans, les trois quarts de ces casalinghe déclarent ne pas chercher d’emploi pour motif familial alors que le quart restant se dit découragé, pensant ne pas trouver de travail. Chez les 35-44 ans, seulement 61 % déclarent ne pas travailler pour raison familiale.

Au final, le casalinghe italiennes travaillent davantage qu’un actif, presque 49 heures par semaine, 2.539 par an. Sans compter les jours fériés et autres jours de congés qu’elles n’ont pas.
Et les conditions économiques de ces femmes ne sont pas bonnes. Près de 10 % d’entre elles vivent dans un état de « pauvreté absolue », souligne le rapport.
A cela s’ajoute le fait qu’elles sont évidemment plus dépendantes de leur compagnon. Seul 37 % possède un bancomat ou une carte de crédit. Une situation qui s’améliore lorsque la casalinga est diplômée d’une laurea (Bac +4/+5) et pour celles qui habitent dans le Nord de l’Italie (52,3 %).

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M.-A.R. (Lepetitjournal.com/Milan) – Mardi 11 juillet 2017

 
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