Milan

ART CONTEMPORAIN - Keith Haring, le magicien du métro New-Yorkais au Palazzo Reale

Icône multi-générationnelle de l’art contemporain, Keith Haring continue de fasciner le public. Le Palazzo Reale expose jusqu’au 18 juin 110 œuvres de l’artiste, dont certaines pour la première fois en Italie, provenant de collections privées américaines, européennes et asiatiques. Un parcours qui nous emmène dans le cœur du processus créatif d’Haring, ses inspirations, de l’archéologie classique aux grands maîtres du XXe siècle.



« J’ai toujours aimé les enfants. Leur ouverture au monde, leur liberté, leur imagination et leur intuition… », confie Keith Haring. Comme Basquiat, il puise son art de l’enfance : les lignes sont simples, les formes directes et pourtant elles suggèrent. On saisit le message tout de suite et pourtant il résonne… Simplicité et poésie, les œuvres de Haring sont comme des Haïku visuels et esthétiques : universelles et profondément intimes.

Les mythes et le sida
L’œuvre de Haring est très imprégnée de concepts philosophiques, qu’il tente d’exprimer à sa façon en se réappropriant les mythes. Comme celui de la harpie qui hôte la vie aux jeunes personnes. Walking in the rain, exhibe une harpie géante et monstrueuse, qui occupe tout l’espace comme la maladie de l’artiste : le sida.
Saint Sébastien, martyr connu pour être la première icône gay de l’histoire ainsi que le protecteur contre la peste. Haring le peint en souffrance, transpercé, sauf que des avions ont remplacé les couteaux. Impossible de ne pas ressentir le grincement du pouvoir prémonitoire de l’art…

Rapprochements ethniques
« J’ignore ce qui nous entraînait dans ces clubs exotiques, comme le Fun House ou le Paradise Garage… C’était surement la sexualité et le magnétisme animal des gens qui y dansaient avec un tel abandon… », se souvient Madonna lorsqu’elle raconte ses nuits avec son ami Keith Haring. Le contact avec la communauté afro et hispanique sera fondamental dans son œuvre, marquée par le fantasme ethnique.

L’hyper-réalité
La liberté de l’imaginaire est au cœur de ses travaux. Haring parle d’hyper-réalité, l’idée proustienne que le « moi-créateur » est supérieur au « moi-social » et que l’art est « la vraie vie ». On le ressent particulièrement dans sa façon de réinterpréter le bestiaire, notamment celui inspiré des jardins de Boch. Des créatures monstrueuses voulant démontrer la stupidité de ce monde incompréhensible dans lequel Haring vit. Une société déchiquetée par le sida, le racisme, le nucléaire…

Les maîtres de Haring
L’exposition met en scène les nombreux artistes qui ont inspiré Haring, en exposant certaines de leurs toiles : Picasso, Pollock pour sa gestualité, Mondrian pour son essentialité, Matisse pour le mouvement, Dali et Magritte pour le surréalisme. Mais aussi Dubuffet, Davis et Alechinsky… Haring, toujours très conscient de l’héritage qui leur doit, dira que Warhol « a rendu son art possible », puis conclura : « Je ne suis pas un début, je ne suis pas une fin. Juste un anneau dans une chaîne ».


Humanisme artistique et sentimental
Ce qu’il y a de beau dans le street art est l’espace qu’il donne au public. C’est un art qui naît dans la rue et qui y renaît. Cette idée de mettre l’individu-interprète et la collectivité de spectateurs au centre de son œuvre illustre bien son humanisme, où il a trouvé son symbole artistique : le bonhomme aux bras écartés, Omino. Le contact avec le public le stimulait, il réalisait d’ailleurs de nombreuses performances live dans le métro, où il aimait le hasard et la diversité des rencontres. Les personnes, interpellées par son art, venaient régulièrement lui demander pourquoi il faisait cela. Au lieu de leur donner une explication qui aurait polluer son propos, il leur offra des pin’s. Certains recevaient un pin’s avec l’enfant blanc sur fond noir, d’autres, le chien sur fond rouge. « Et puis, peu à peu les gens avec le même pin’s se sont mis à se parler entre eux… Je n’avais jamais imaginé qu’un pin’s pouvait avoir un tel pouvoir », raconte Haring.
Haring dira de son exploration artistique, comme de celle des artistes qui l’ont inspiré, qu’elle est faite « d’idée vivantes, qui ne peuvent pas être résolues mais uniquement explorées encore et encore ». Il est vrai que lorsque l’on contemple les œuvres de Keith Haring, cette phrase de Gide nous vient en tête : « si claire est l’eau de ces bassins, qu’il faut s’y pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur ».

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Sanaa Nabi  - (www.lepetitjournal.com/Milan) – Jeudi 20 avril 2017

Informations pratiques
Keith Haring, Palazzo Reale jusqu’au 18 juin 2017
Tarifs
Entier 12€
Réduit 10€

Photos :  © Keith Haring Foundation

 
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