ELECTIONS – Le "Centro-Sinistra" à l’épreuve des primaires

Les primaires de la coalition de Gauche auront lieu dans quelques semaines.  Les prétendants à la candidature au poste de Président du Conseil en 2013 sont au nombre de six. Chacun jongle entre mésententes et front commun pour défendre sa cause jusqu’au 25 novembre.  Retour sur l’avant-départ des élections 2013

Premiers pas vers un nouveau gouvernement

Alors que les intentions de candidatures se clarifient de jour en jour, le spectre centre-gauche italien s’organise pour relever le défi des primaires : déterminer le candidat capable d’affronter la droite en 2013. Initié par le Partito Democratico il y a quelques années, le système des primaires s’est élargi dès 2005 à la gauche toute entière qui réunit ses forces pour conquérir l’Assemblée.

Slogan du Parti démocratique italien et de la Carta d'Intenti de la Coalition de Centre Gauche

La relance de ce système très américanisé – qui a inspiré la France l’année dernière – a été annoncée en juin par Pier Luigi Bersani, secrétaire du Pd. Engageant son parti et sa personne dans la conquête du gouvernement, il a ouvert la voie à Matteo Renzi, également membre du parti, qui se jette dans la campagne à l’annonce du retrait de Massimo D’Alema. Après le jeune maire de Florence, c’est au tour de Laura Puppato de se candidater toujours pour le Pd. Conseillère régionale de Vénétie, elle défie les deux candidats les plus attendus du grand parti de gauche, se disant ʺni contre Bersani, ni contre Renziʺ mais ʺpour une idée de futur possibleʺ .

Aux candidats du Pd s’ajoutent trois représentants solitaires : Fulvio Abbate, indépendant, Bruno Tabacci qui représente l’Api (Alleanza per l’Italia) et Nichi Vendola, candidat pour le parti Sel (Sinistra Ecologia Libertà). Chacun d’entre eux manie avec précaution l’outil de la coalition. L’issue du débat Calderoni – réforme électorale- pourrait changer les règles du jeu. Désormais, chaque parole les engage individuellement et collectivement, créant de nombreuses dissensions.

Carte d’intentions ...

Le programme de la coalition a été publié le 13 octobre. Intitulé "Carta d’intenti" il condense, en théorie, les objectifs des trois grands partis en lice – Pd, Api et Sel, mais s’inspire profondément de celui du premier candidat, Pier Luigi Bersani. En vérité, l’alliance définit aujourd’hui un programme en dix points à la fois extrêmement étendu et très imprécis. "Nous ferons en sorte que la politique juste et l’aide civique procèdent efficacement. L’objectif est de reconstruire un patrimoine collectif que la droite et le populisme sont en train de détruireʺ , écrivent en cœur les représentants de centre-gauche.

L’intention fondamentale de la "Carta d’intenti" est selon Nichi Vendola, "l’au-delà" de la politique de Mario Monti, actuel Président du Conseil. D’autres grands engagements sont évoqués : le programme fiscal – qui veut alléger le poids des taxes sur le travail pour le reporter sur les grands patrimoines et rentes-, la reconnaissance civique du couple homosexuel et la scolarité des enfants d’immigrés.

… et procès d’intentions

La "Carta d’intenti " est loin de contenter ses "rédacteurs". Le premier reproche est émis par les admirateurs de Mario Monti, indignés de ne voir aucune allusion précise au chef du gouvernement actuel et au prolongement de sa politique. Le programme aurait-il été rédigé dans la hâte et sans consensus de fond ?

Matteo Renzi défend la "Carta", à sa manière : ʺc’est une déclaration générique, il reviendra à nous d’en ajuster le contenuʺ. De son côté, le Sel se démarque déjà et pour Vendola, il s’agit ʺd’une alternative aux pensées conservatrices de Casiniʺ - Pier Ferdinando Casini, président de l’Unione di Centro. Quant à Bruno Tabacci, il décline fermement sa responsabilité dans l’écriture du texte et joue la totalité de sa campagne sur la critique de ses compagnons de gauche.

Les primaires s’établissent sur un texte instable et peu soutenu, soumis à d’indénombrables critiques externes. Elles deviennent un véritable show à rebondissements pour le public italien.  Pourtant la gauche se doit d’être unie pour prétendre au pouvoir et n’a pas tort d’espérer. L’infortune de la droite post-Berlusconienne et la médiatisation du Pd, en la personne de Renzi en particulier, suivi de près par Bersani, promettent encore de nombreux rebondissements.

Camille de FOUCAULD (www.lepetitjournal.com/Rome) Lundi 29 octobre 2012

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