

Il existe des idées qui ont la vie dure, comme celle qui voudrait que les PME françaises sont trop petites, qu'elles ne sont pas assez compétitives et qu'elles ne sont pas assez ambitieuses pour exporter. Alfred Rodriguez, le président de la Chambre Franco-Mexicaine de Commerce et d'Industrie explique l'absence des PME françaises au Mexique, à contre courant des idées reçues et dévoile le plan d'action de la Chambre pour que les PME françaises occupent la place qui leur est due.
"Trabajar juntos" con Schneider Electric, courtoisie CFMCI
L'absence des PME françaises au Mexique, "une question franco-française"
L'Absence des PME françaises au Mexique n'est certainement pas due au fait que les PME françaises sont structurellement plus petites que les PME allemandes ! Ce n'est pas une question de taille. C'est plutôt l'approche française qui est en cause. D'abord, et dans le cas concret du Mexique, parce que les institutions ont omis l'existence du Mexique comme partenaire commercial potentiel (lire: CHAMBRE DE COMMERCE ? Alfred Rodriguez, un président engagé) depuis une dizaine d'années au moins. Or les institutions sont les premiers interlocuteurs des PME lorsque celles-ci s'ouvrent au commerce extérieur (import/export) et qu'elles ont besoin d'expertise. La situation au Mexique est dramatique, il existe très peu de PME françaises, alors qu'il existe de nombreux Français qui créent des PME au Mexique et que presque toutes les entreprises du CAC 40 y sont présentes ! D'un point de vue pratique, on observe au Mexique un terrain favorable au développement, le problème c'est le décalage qui existe entre celui-ci et les analyses institutionnelles françaises. On peut également s'interroger sur les motivations politiques de la création d'UBIFRANCE, alors qu'il existait déjà un réseau historique de 117 Chambres réparties dans 77 pays, les Chambres n'étant pas subventionnées à la différence du réseau public d'exportation. Ne faudrait-il pas fusionner les efforts? Si l'on ajoute le manque de financements, les difficultés d'administration, de gestion et de trésorerie, on comprendra aisément qu'il existe des solutions concrètes pour encourager le développement de nos entreprises françaises, et notamment de nos PME, principales pourvoyeuses d'emploi. Et, contrairement aux idées reçues, les PME ne manquent pas d'ambition. Les petites entreprises aussi ont vocation à grandir. Parole d'entrepreneur. Les PME françaises sont à la pointe de l'innovation et des technologies dans de nombreux secteurs, il s'agit d'un vivier extraordinaire de matière grise et de savoir faire. Alors concrètement, que peut-on faire ?
Passer à l'action
Il ne s'agit pas de s'apitoyer sur le sort des PME, ni de leur porter assistance, mais plutôt de générer un climat favorable, de favoriser les investissements et enfin, de promouvoir une certaine liberté d'action. Les PME ne veulent pas être portée, elles ont besoin qu'on leur fasse confiance et donc de commandes. La solution réside d'abord dans le développement d'une économie solide à long terme et il devient urgent non seulement de repenser notre modèle économique en intégrant la spécificité globale de notre monde, mais peut-être aussi et surtout de passer à l'action.
Les actions de la Chambre Franco-mexicaine de Commerce et d'Industrie
L'action la plus importante et la plus efficace est la tournée annuelle des Chambres françaises que réalise la CFMCI en France et qui permet de promouvoir le Mexique, en allant à la rencontre des PME, en organisant des rencontres et des rendez-vous B2B. Des difficultés de financement freinent le développement de cette action. Comme deuxième ligne d'intervention, la CFMCI, Chambre binationale, accompagne l'implantation d'entreprises mexicaines en France, notamment dans les domaines des technologies où les PME et les ETI mexicaines sont à la pointe. Il faut rendre la France attrayante et penser les relations bilatérales, les deux partis en sortiront renforcés. C'est pourquoi, la Chambre organise des missions d'entrepreneurs avec les Etats mexicains (par exemple l'Etat de Querétaro) et organise leur venue en France. Enfin, et il s'agit d'une initiative inédite sur le plan mondial, la CFMCI a créé l'initiative Trabajemos juntos (Travaillons ensemble) qui vise à promouvoir le portage des PME françaises déjà installées au Mexique par les grands groupes français du Mexique en organisant des rencontres entre les différents partenaires. Ainsi, les PME ont l'opportunité de devenir les fournisseurs de ces grands groupes français, solidement implantés au Mexique et tous présents à la Chambre. Et de conclure, "certaines PME ont déjà multiplié leur chiffre d'affaire par deux, je suis très optimiste sur ce projet".
Marion DU BRON (www.lepetitjournal.com/mexico) mercredi 15 mai 2013
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