Mexico

ESPIONNAGE – Le gouvernement de Mexico accusé

Lundi dernier des chercheurs indépendants ont révélé que les experts internationaux de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) étaient espionnés par le gouvernement mexicain, alors qu’ils enquêtaient sur la disparition de 43 étudiants en 2014.

A l’origine de cette immense polémique ? Des SMS reçus sur le téléphone utilisé par ces experts, qui auraient donc enclenché l’installation du logiciel espion NSO. Ce sont les chercheurs de l’Université de Toronto qui affirment cette information, sur fond de scandale d’espionnage de journalistes.

Manifestation et hommage rendus aux 43 étudiants disparus.

Les faits

Il faut remonter en mars 2016 pour rappeler le début de la discorde. Alors que le groupe d’experts en charge de l’affaire des étudiants disparus venait de critiquer le gouvernement pour des ingérences dans leur enquête, la réplique semble immédiate et des SMS étranges entrent en jeu.

Toujours selon ces chercheurs indépendants, 19 personnes au total sont visées par le logiciel espion, dont des avocats, des hommes politiques, des journalistes, des militants anticorruption et des fonctionnaires.

Quel est ce logiciel pirate ?

Le logiciel, plus communément appelé « Pegasus », a été mis en place par la société israélienne NSO. Sa capacité est de pirater les téléphones portables afin de surveiller les communications de leurs utilisateurs, mais également de prendre des photos et des vidéos à leur insu, voire même de déclencher le micro.

L’existence d’une telle application peut inquiéter la population, néanmoins, elle ne serait vendue qu’aux Etats-Unis, qui s’engagent à en faire usage exclusivement pour lutter contre la criminalité et le terrorisme.

Portrait d'Enrique Peña Nieto, le président mexicain.

L’éclosion du scandale

Le 19 juin dernier, un article du New York Times révèle que ces mêmes chercheurs canadiens avaient découvert des tentatives d’espionnage avec ce logiciel.

Le gouvernement fédéral mexicain aurait même acheté ce système de piratage pour trois de ses organismes. Sans surprises, la présidence mexicaine a démenti ces accusations d’espionnage, et le parquet a ouvert une enquête.

Rappel de l’enquête initiale

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 à Iguala, des policiers véreux prennent pour cible des bus confisqués par une centaine d’étudiants voulant se rendre à une manifestation à Mexico. Le bilan est lourd : six morts, des dizaines de blessés et 43 disparus. Pourquoi les autorités auraient-elle agi de la sorte ?

Selon la version officielle, les étudiants ont été attaqués par des policiers corrompus. Ces derniers les auraient livrés à un cartel qui les aurait assassinés avant de les incinérer dans une décharge.

En revanche les experts de la CIDH avaient contesté cette version, expliquant qu’une incinération d’une telle ampleur est juste impossible dans cette décharge. Cette version officielle a volé en éclats après la contre-enquête menée par ces mêmes experts. Leur rapport dénonce aussi la participation de la police et de l’armée, des témoignages obtenus sous la torture, des destructions de preuves et des pistes non explorées.

Deux ans après, la vérité reste un mystère, car beaucoup de zones d’ombres et des éléments contradictoires perturbent l’affaire. Parmi les pistes inexplorées, celle du bus plein d’héroïne.            En effet, un des autocars confisqués par les étudiants aurait contenu une impressionnante quantité d’héroïne en direction des Etats-Unis. Donc malgré eux, ils auraient perturbé un gros trafic entre le Mexique et l’un de ses pays voisins. On y verrait donc plus clair sur la responsabilité et l’intérêt du gouvernement dans cette sombre affaire.

Ces étudiants, souhaitant manifester, sont perçus comme des opposants politiques, voire des ennemis. De plus, une implication de l’Etat dans le trafic d’héroïne expliquerait leur volonté d’éliminer leurs opposants. Preuve supplémentaire de la totale corruption qui agite le gouvernement fédéral.     Si le doute subsiste toujours quant au dénouement de cette affaire, il n’y en a pas concernant l’espionnage du gouvernement mexicain sur les experts de la CIDH.

Suffisant pour juger une implication de l’Etat dans la disparition de ces 43 étudiants ? Probablement. En tout cas, l’affaire d’Iguala a provoqué, à juste titre, la colère et l’indignation du peuple aztèque. Le nouveau scandale au sujet de l’espionnage du gouvernement sur la CIDH qui enquête sur le rôle de l’Etat, devrait sérieusement compromettre l’avenir du président Enrique Peña Nieto. Si un jour la vérité est révélée, elle fera sans le moindre doute l’effet d’une bombe qui pourrait provoquer un chaos social au Mexique.

Vincent VILLEMER pour lepetitjournal.com/Mexico Jeudi 13 Juillet 2017

 
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