Manille

ALIMENTATION - Comment les Français s’adaptent au choc nutritionnel des Philippines…

Quand on s’expatrie et qu’on est français, l’un de nos premiers chocs culturels est celui de la nourriture. La découverte de notre nouvelle ville passe inévitablement par la visite du supermarché et celle du marché local. On s’intéresse ensuite à la gastronomie du pays d’accueil, aux habitudes alimentaires…

Essayez de vous souvenir : que saviez-vous réellement des habitudes alimentaires locales lorsque vous avez atterri aux Philippines ? Connaissiez-vous des restaurants philippins en France ? ou ailleurs ? Quelques pistes pour aider nos lecteurs, nouveaux venus ou expatriés de longue date aux Philippines, à trouver l’alimentation qui leur conviendra, alliant plaisir et équilibre, entre culture locale et tradition française.

"Bien manger à la française"

Si les journées passées à confectionner de délicieux repas gastronomiques et à faire gâteaux et biscuits relèvent aujourd’hui de l’image d’Epinal, elles reflètent néanmoins une réalité culturelle : les Français et Françaises cuisinent beaucoup, comparativement à la plupart des Philippins et des Anglo-saxons.

Notre journée est d’ailleurs rythmée autour des repas : on les prend encore beaucoup en famille et ils sont plus ou moins composés d’une crudité suivi d’un plat composé de légumes, de protéines et de féculents ou graines et d’un fruit ou d’un yaourt pour le dessert. Parfaitement équilibré, ces repas nous représentent un important moment de détente et de partage.

Les habitudes alimentaires des Philippins ont donc de quoi surprendre les Français expatriés.

Les Philippins mangent toute la journée, du riz à tous les repas, beaucoup des fritures et du sucre à toutes les sauces ! Un tel régime s’avère néfaste pour leur santé : diabète et cholestérol sont en effet au rendez-vous.

Et leurs supermarchés sont inévitablement le reflet de ces habitudes alimentaires.

Le défi s’avère donc de taille pour le nouvel expatrié !

Une éducation alimentaire basée sur l’expérience et l’adaptation

Comment faire comprendre aux enfants élevés à Manille ce qu’est "bien manger" quand ils ont des copains de classe qui se nourrissent de fast food (Mac Do, Jollybee) et qui leur donnent des sacs de bonbons à chaque occasion…

Les cantines scolaire (exception faite de celle du lycée français) servent des déjeuners qui semblent adressés à des candidats au diabète ou aux problèmes cardiaques plus qu’à des enfants en pleine croissance.

Face à cette réalité, l’adaptation est donc plus que jamais de mise. Revoir notre alimentation est d’ailleurs bien une des joies de l’expatriation : pourquoi choisir de vivre à l’étranger si ce n’est pas pour changer ?… un peu !

Quand on sait que le sucre sera malgré nous présent tout au long de la journée, nous pouvons par exemple privilégier le salé pour le petit déjeuner, les céréales complètes et les légumes. Des crêpes de flocon d’avoine ou du pain allemand au fromage frais et jambon peuvent ainsi remplacer notre traditionnel pain-beurre-confiture.

Il peut paraître également intéressant de soigner les diners avec des crudités, des soupes et du poisson.

Il s’avère par ailleurs facile et très profitable de remplacer le goûter de votre enfant par un yaourt. Et de l’envoyer à l’école avec des carottes, des concombres et/ou des fruits.

Un équilibre peut bel et bien se trouver. Pour peu que l’on accepte le changement.

Osez par ailleurs gager que votre enfant sortira grandi de ces diverses expériences alimentaires et apprendra, par lui-même, et avec votre aide, à différencier les aliments et leurs qualités respectives.

La délicate question des courses : un très heureux métissage culinaire

Curiosité et volonté de changement sont à nouveau de mise. Et Manille vous révélera ses trésors cachés !

Bien sûr, Rustan et Santis restent des références. Mais plusieurs éléments nous invitent à trouver d’autres solutions : outre le coût élevé des produits, c’est leur qualité nutritionnelle qui est en question (préservatifs, additifs alimentaires, chaîne du froid…) et les enjeux écologiques (les transports, essentiellement).

Pourquoi donc ne pas adapter les produits locaux à nos traditionnels plats régionaux ? Essayez les lady fingers dans une ratatouille. Ou du moringa dans une omelette. Goûtez ses fruits délicieux que sont les sweet apples, très riches en nutriments essentiels. Mangez un mélange de choux et épinard philippins avec un rôti de porc local. Ajoutez de l’ail, du gingembre, du turmeric à vos recettes !

Nous avons une chance énorme à Manille : plusieurs fermes livrent à domicile des produits frais et de très bonne qualité : Makati Green Grocer, Calawis (créé par une Franco- Philipina), Holly Carabao, Down to earth...

Ces quatre références ne sont pas exclusives peuvent suffire à faire le plein de tous les légumes et fruits régionaux, d’œufs et de viande "bio", de délicieux champignons, de manioc, des fleurs comestibles... Rien que du bonheur !

On peut également visiter ces fermes et y apprendre de passionnantes informations sur la permaculture et la diversité florales des Philippines ainsi que sur les propriétés curatives de telle ou telle plante.

N’oubliez pas non plus les marchés comme Cubao, le marché au poisson, Market Market, Probation wet market, Salcedo market le samedi et Legaspi market le dimanche (se reporter, pour plus de détails,à notre article sur les marchés de Manille).

Quant à ceux et celles qui, comme moi, aiment le jardinage, sachez que faire pousser graines germées (trois jours suffisent), tomates, salades et herbes fraiches n’est pas bien compliqué à Manille !

Mais n’oubliez pas de bien nettoyer vos fruits et légumes dans de l’eau vinaigrée et salée pour éliminer les bactéries…

A la rencontre de la cuisine locale

Car la cuisine philippine offre elle-aussi de belles surprises : un bon pancit, un petit lechon, des escargots à la noix de coco, des fruits de mer parfaitement frais et des poissons grillés, un savoureux kinilao de délicieuses soupes.

Une expatriation réussie se passe pour part dans notre assiette ! Oublier nos préjugés culinaires et s’essayer à la nourriture locale est une clef de cette réussite.

Quelques chefs philippins ont d’ailleurs une excellente réputation, comme chef Jessie ou Ninyo a Quezon city.

… tout en cultivant notre identité culturelle

On retrouve ainsi tout le plaisir de cuisiner : filets de lapu lapu au céleri ; roulades de porc au trois épinards ; riz, noirs, rouges, jaunes, bruns ; plateaux de fruits exotiques ; crevettes au gingembre ; aiguillettes de poulet au turmeric et lait de coco sur un lit de lady finger, aubergines et oignons sautes au gingembre… il y a ici vraiment de quoi s’amuser !

Cuisiner avec les élèves permet de leur transmettre notre patrimoine et notre culture gastronomiques, ouverts sur la richesse de notre pays d’accueil.

Ménager des occasions pour savourer nos mets les plus rares : confectionner soi-même son foie gras de Noël, une galette des rois, des crêpes pour la chandeleur…

Et se simplifier la vie le reste du temps en cuisinant local.

Equilibre et plaisir, identité culturelle et ouverture aux autres… quelles belles leçons nous offrent nos assiettes !

Hélène DUNLOP (www.lepetitjournal.com/manille) vendredi 21 avril 2017

Nutritionniste accréditée en Australie auprès de ATMS Diplômée en médecine nutritionnelle Happy2feed

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