Manille

EDUCATION - Cécilia Mayo, une mère engagée au service de l’école

 Le Lundi 20 mars dernier, nous avons eu l’opportunité de rencontrer et d’interviewer Cecilia Mayo, une mère d’élèves qui s’est engagée en tant que présidente du comité de gestion du Lycée français de Manille. Ses responsabilités sont nombreuses. Retour sur son parcours, ses missions et ses projets à l'occasion de l'élection de deux nouveaux membres au comité de gestion : Marco Jimenez Rodriguez et Delphine Zenati.

Lepetitjournal.com/manille : Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre parcours personnel qui vous a menée jusqu’à Manille ?

Cécilia MAYO : Je suis franco-espagnole, ingénieur agronome de formation. Je suis ancienne élève du lycée de Madrid. J’ai suivi mon conjoint il y a 4 ans à Manille. J’ai vécu 10 ans en Angleterre, puis 2 ans en Espagne. Nous souhaitions nous expatrier et les Philippines ont été une superbe opportunité. J’espère pouvoir devenir professeur de yoga et fais partie de la communauté de reiki de Manille.

Pourquoi avez-vous décidé de vous investir dans le comité de gestion du lycée français de Manille ?

Actuellement j’ai deux petites filles au LFM (en GS et CE1). Etant sans emploi et ayant du temps libre, j’étais curieuse de savoir comment étaient gérées les écoles françaises à l’étranger, ces écoles "à gouvernance parentale". Je souhaitais pouvoir comprendre, et aider. Les membres d’un comité de gestion sont volontaires.

Pouvez-vous nous expliquer brièvement quelles sont les missions d’un comité de gestion dans une école française à l’étranger ?

Le comité de gestion est en charge de la gestion financière de l’école et a un rôle de surveillance.

Il travaille en partenariat étroit avec le proviseur, qui gère l’établissement au quotidien et le pilote pédagogiquement.

Le comité de gestion est l’employeur de tous les personnels en contrat local.

Les personnels en contrat local (contrat de travail de droits philippins) sont de deux ordres :

- les employés administratifs (l’assistante de direction, les surveillants, le personnel technique : I.T., infirmières…) ;

- les employés pédagogiques (les professeurs recrutés directement par le lycée).

Rappelons que les professeurs dans un lycée français à l’étranger peuvent relever de deux statuts :

- les professeurs résidents sont des professeurs titulaires de l’Education nationale qui sont recrutés par le lycée via l’AEFE. Ils sont détachés au ministère des Affaires étrangères qui les rémunère. Ils sont, pour l’établissement, la garantie d’une expertise (connaissance des programmes et compétences pédagogiques) ;

- les professeurs en contrat local sont des professeurs recrutés et rémunérés directement par le lycée (sur proposition du chef d'établissement, validée par le comité de gestion), en fonction de ses besoins et au regard de leur profil professionnel particulier. Ils peuvent être titulaires d’un concours français ou faire valoir d’autres diplômes et expériences professionnelles.

Au LFM, les professeurs recrutés en contrat local sont quasiment tous titulaires. Cela a été une proposition du chef d’établissement qui souhaitait élever le niveau d’expertise. Le comité de gestion a donné son accord et s’est engagé financièrement pour permettre ses recrutements.

Il existe aussi le statut de professeur expatrié. Mais il est beaucoup plus rare, car il concerne des professeurs en charge d’une mission de conseil pédagogique. Ces professeurs sont recrutés directement par l’AEFE et placé dans les établissements par le ministère des Affaires étrangères. Au LFM, le seul professeur expatrié est M. Boucard, qui coordonne, depuis Manille, l’enseignement des lettres pour tous les lycées français de la zone Asie-Pacifique.

Outre les personnels, nous sommes amenés à prendre des décisions concernant :

- les infrastructures : la rénovation du lycée (le master-plan : nouvelle bibliothèque, nouvel auditorium, nouvelle salle des professeurs…) ; le plan informatique ; les aménagements ponctuels (les bâches sur la piscine, l’abri vélo, la couverture du terrain de baskets… )

- la structure pédagogique : l’ouverture de classe supplémentaire pour les CE1-CE2 en raison du nombre d’élèves pour la rentrée 2016, par exemple (ce qui implique des recrutements, une salle et du matériel…).

Pouvez-vous développer un exemple concret d’action ?

Un exemple concret pourrait être celui de la bibliothèque : l’expertise de l’EEMCP (Enseignant expatrié à mission de conseil pédagogique), M. Boucard, en lien avec l’actuelle documentaliste et Mme Ramos, bibliothécaire professionnelle présente dans l’établissement, a permis de faire apparaître les besoins spécifiques pour la rénovation pédagogique du CDI. La proposition du chef d’établissement a été, suivant ces conseils, le recrutement d’une bibliothécaire professionnelle en contrat locale pour la mise en œuvre d’un plan d’action définie. Le comité de gestion, après consultation et discussion de l’expertise et du plan d’action, a suivi cette proposition et engagé les fonds nécessaires.

Il s’agit, à chaque fois, d’un travail de priorisation : où la dépense doit-elle aller prioritairement pour permettre la réussite de tous les élèves au meilleur niveau ?

Quel est votre rôle particulier au sein du comité de gestion ?

Je suis présidente de comité de gestion c’est-à-dire que je suis responsable légale de l’école au regard des autorités philippines. C’est une grande responsabilité. Nous sommes 7 membres (2 membres manquaient : ils viennent d'être élus) , avec des profils variés (un directeur financier, un éducateur social… ). Le nombre permet de nourrir les échanges.

Nous avons une réunion par mois (un comité de gestion) et nous avons 4 réunions en commun par an avec l’école allemande.

Nous sommes élus en assemblée générale pour 3 ans. Tous les parents peuvent se présenter.

Au sein du comité de gestion, nous votons pour le président, vice-président, trésorier et secrétaire. 

Appréciez-vous ce travail ?

Notre travail est assez gratifiant : il s’agit de travailler pour le bien commun.

L’école va bien financièrement. Cela facilite notre travail.

Le fait d’être une ancienne élève d’un lycée français à l’étranger m’aide sans doute aussi. J’ai une connaissance intérieure de la question du plurilinguisme.

Cette expérience me plait beaucoup. Mais au départ, c’était compliqué. Certaines décisions se prennent facilement (nous connaissons d’avance le consensus des parents sur ces questions) mais d’autres choix sont moins évidents (lorsqu’il faut faire un arbitrage entre deux dépenses aussi importantes : le choix entre l’ouverture de deux options ; le choix entre une dépense d’infrastructure et de personnel ; le choix entre deux aménagements…).

J’ai eu l’opportunité d’aller à un séminaire à Kuala Lumpur au mois de décembre avec tous mes homologues de la zone Asie : cela a été un temps fort et très instructif. Ce travail a sans doute changé mon regard sur l’école.

Matthieu CAMART et Maya MASSELIN (www.lepetitjournal.com/manille) lundi 17 avril 2017

 

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