Manille

EL NIDO - retour au paradis…

Partons aujourd'hui avec Carol Le Roux, de retour à El Nido : "Je profite de quelques jours d'escapade pour me rendre, 5 ans après ma première visite, sur l'île de Palawan, considérée comme l’une des "plus belles îles au monde" par les professionnels du tourisme, et sans aucun doute "la plus belle", selon ses fiers habitants."


Cebu. Départ immédiat. J'embarque à bord de ce petit coucou et m'envole  vers El Nido, Archipel des Bacuit.

Le vol est tout simplement magique : des centaines de petits cailloux posés sur la mer, une eau translucide, rien d'autre à l'horizon que l'océan, et son bleu turquoise.
Pas même le temps, ni l'envie d'ailleurs, d'ouvrir un bouquin, voilà la piste d'atterrissage, comme posée sur la mer. Atterrissage impressionnant.
Et m’y voilà ! 5 ans après !
Bonjour et bienvenue à El Nido !


Je reconnais les tricycles typiques de l'endroit. Les petits chemins escarpés ont peu changé. Seul le volume de touristes à l'arrivée me semble avoir décuplé.
J'échange quelques mots avec mon chauffeur. Il me souhaite la bienvenue en français. Il faut dire que notre langue est celle qui se parle le plus ici : les visiteurs d'El Nido sont français dans leur majorité.
Je lui raconte que je suis venue en 2011 et lui demande comment le village a évolué depuis et si mes "repères" sont toujours là. Le tourisme, dont j’avais pu alors déjà remarquer la croissance, a-t-il confirmé son emprise sur l’île ?

Premiers regards surpris et subjugués

Il m'invite à traverser le village avant de rejoindre mon hôtel. Je reconnais certains endroits mais d'autres ont bien changé : les immeubles ont poussé. Dianah cottages, le Squido's, la Salangane, bien connus à l’époque, ont subsisté au milieu des nouvelles constructions donnant au village un air de station balnéaire.

Nous nous éloignons de quelques kilomètres pour rejoindre Corong-Corong. Dans mes souvenirs, c’est une superbe plage assez sauvage, avec ces petits hôtels que seuls les touristes avertis connaissent, et qui offrent des couchers de soleil magiques.
Là, je suis subjuguée : la côte a tant changé ! Les buildings ont poussés tout le long de la plage, mais aussi sur les hauteurs. Les enseignes clignotent, les ouvriers s'affairent sur les nouvelles constructions. Je ne reconnais plus un seul endroit.
Je recherche cette petite résidence où j'avais séjourné lors de ma première visite. Ouf, elle est toujours là ! Comme cachée au milieu de bien d'autres nouveaux édifices.

Je rejoins mon hôtel. Vue sur la baie. Whaouh ! Toujours aussi impressionnante ! Des pitons et falaises calcaire à perte de vue… Bienvenue sur la Baie de Bacuit, celle-là même qui fait la renommée et la beauté subjuguante de l'île de Palawan.


L’accueil chaleureux d’une communauté française bien implantée

Marie m'accueille, jeune française à l'énergie incroyable. Elle me fait visiter ma chambre et me parle d'elle. Elle doit avoir 24 ans. Elle est arrivée à El Nido l'année dernière pour un stage et est immédiatement tombée amoureuse de ce paradis. Elle est restée. Comme tous ces Français installés ici qui, eux aussi semblent avoir eu le coup de foudre pour ce village, sa baie, ses couchers de soleil, ses plages, ses sites de plongée… et son potentiel commercial.


Ils sont plus de 80 français a avoir élu domicile et tenté leur chance à El Nido.
Marie, Alexandra, Bastien, Jérôme, Isabelle, Hugo, Thomas, Laly, Aline, Richard... : la liste est longue, leurs origines et parcours très différents. Tous ont en commun cet amour pour ces paysages et cette ambiance de village de bout du monde.

Il faut dire qu'El Nido a bien des ressources : une cinquantaine de plages de sable blanc, une baie composée de plus de 700 îles et îlots, des espèces marines endémiques et une grande biodiversité corallienne, des falaises calcaires qui abritent des hirondelles des mers (d'où le nom d'El Nido, le nid en espagnol)…

Les complexités du développement touristique

Les paysages sont subjuguants. Et le monde entier commence à le savoir : la destination devient de plus en plus touristique et fréquentée. Désormais, sur les plages anciennement désertes, on voit des bars, des jets skis et des locations de catamaran de luxe. Sur les petites criques autrefois inaccessibles, on joue les prolongations nocturnes des "full moon". De jeunes riches entrepreneurs débarquent sur les plages à bord de leurs yachts de luxe et les "partys boats" côtoient désormais les traditionnelles bangkas de pêcheurs dans les baies dites secrètes.

Curieuse de redécouvrir les paysages qui m'avaient fascinée 5 ans auparavant, je décide moi aussi de partir sur l'un de ces tours de "Island Hopping". L'agence que je sollicite me propose au choix l'itinéraire A, B, C ou D. Toutes les agences semblent proposer les mêmes destinations, les mêmes lettres pour les identifier et les mêmes formules.
"Vous déjeunerez sur une plage déserte, barbecue préparé par notre équipage, avant de vous laisser aller à la détente et à la bronzette". Canon !
J'embarque donc à bord de l'un de ces bateaux et salue les autres touristes qui partent avec moi pour la journée. Ils viennent des quatre coins du monde pour naviguer d'île en île sur les eaux turquoise du lagon de la baie de Bacuit.
Nous avons choisi le tour C parmi les 4 itinéraires proposés et nous voilà partis en direction des petites îles sauvages de la baie.
Notre première destination est époustouflante : une plage nichée au pied d'une falaise immense ! On nous dit que c’est l'une des îles où a été tournée l'émission de télé réalité "Koh Lanta".

La balade d'île en île s’avère ensuite conforme aux images annoncées.
J'ai hâte de rejoindre "Secret Beach". N'ayant pu la visiter lors de ma première découverte, je suis intriguée par cette destination, sans doute à cause de son nom !

Une plage secrète ?

Le bateau amarre près d'une falaise. Celle-ci ne semble rien présenter de particulier. Nous nous mettons à l'eau, suivons notre guide, nous approchons de la falaise. La marée n'est pas idéale, nous prévient-il. En effet, il faudra mettre la tête sous l'eau pour traverser le petit passage au coeur de la roche qui nous laisse entrevoir une baie cachée au cœur des falaises.

C’est magnifique ! Comment imaginer qu'une plage puisse se nicher au milieu de ces hauts rochers de 30 à 40 mètres ? Séance photo obligatoire ! Nous avons de la chance : nous sommes arrivés les premiers à destination. Arrivent en effet une vingtaine d'autres visiteurs. Tout de suite, le charme opère moins.

Nous regagnons alors notre bateau. Surprise ! Une dizaine d'autres navires ont rejoint le site depuis que nous sommes arrivés. Une cinquantaine de touristes rejoignent ainsi à leur tour la plage tenue secrète. Je me demande finalement si le nom de "Secret Beach" est bien adapté alors que je tente de me frayer un chemin entre les bateaux pour rejoindre le mien.

Paysage fantastique quelque peu dégradé par l'afflux des visiteurs.

Me revoilà à bord. Notre capitaine nous confirme que nous avons été chanceux d'arriver avant les autres. Ouf ! Je n'aurais pas conçu le site autrement.

D’île en île : enchantements ? désenchantements ?

Le déjeuner nous appelle. Pour cela, nous rejoignons "Snake Island", langue de sable visible uniquement à marée basse : le paysage est, une fois de plus, subjuguant.



A priori, nous ne sommes pas seuls. Huit bateaux nous ont précédés. Et chaque équipage de faire son feu sur la plage pour y préparer le déjeuner de ses passagers.
Nous débarquons et tentons de trouver un coin de plage où nous pourrions nous sentir isolés. Nous rejoignons les abords de la plage de mangrove, à l'arrière de l'île. Nous y sommes seuls. Enfin !
Séance photo obligatoire, à nouveau ! Ces photos qui feront rager les amis sur Facebook, et qui illustreront ma chronique "Evasion" du petitjournal.com.

Détente. Barbecue. Touristes. Soleil. Foule de touristes. Escapade au sommet de l'île. Point de vue à couper le souffle. Photos encore. Sifflet du capitaine du bateau qui souhaite lever l'ancre. Descente. Recherche du bateau au milieu des autres. Ouf ! Nous y sommes. Juste à temps pour rejoindre notre prochaine destination : "Small Lagoon".

Le nom est enchanteur.
Nous arrivons à destination après une vingtaine de minutes de navigation. Notre bateau s'encastre dans le lagon. Whaouh ! C'est superbe...ment surpeuplé !
Comment imaginer en pénétrant dans cette petite baie qu'autant d’équipages auraient emprunté le même itinéraire que le nôtre ? Malgré la beauté du lieu, je suis déçue. Attristée par cette tranquillité perdue.

Des bateaux, des nageurs, des kayaks, des tubas dépassant de l'eau, des moteurs de bateau tout près d'eux, une petite plage, au bout du lagon… Mais impossible de la rejoindre à la nage tant les bateaux sont nombreux. Je décide de rester à bord.

Small Lagoon sera notre dernière destination avant notre retour à El Nido.
Retour à la civilisation.

El Nido : le prix du paradis…

14h30. Nous débarquons sur la plage. Je me sens épuisée par autant de monde.

Je regagne mon petit hôtel de bord de plage. Marie me demande comment s'est passée ma journée. J'échange avec elle sur mes impressions et les oppose à celles que j'avais ressenties lors de ma première visite. La baie est toujours aussi splendide, mais comment est-il possible que le tourisme soit devenu si massif ? Pourquoi donc la municipalité ne limite pas le nombre de bateaux comme cela se fait dans bien d'autres endroits ? Elle ne sait que me répondre. Elle est là depuis si peu de temps, et le volume de touristes est pour elle un indicateur rassurant de la croissance de l'établissement hôtelier dont elle s'occupe.
Tourisme et économie s’opposent-ils systématiquement à la préservation des sites et de l'environnement ? C’est l’éternelle problématique des destinations touristiques "en vogue".

J'essaie alors de rencontrer ceux qui font découvrir El Nido de façon différente : Richard à bord de son voilier sur des itinéraires quelque peu parallèles, Michel et Marie à bord de leur catamaran en version 2 jours et une nuit, Oswenn avec ses cours de voile et ses locations de petits catamarans, Aline et ses expéditions à la recherche d’authenticité, façon éco-tourisme. De nombreux Français, heureusement, s’inscrivent dans cette démarche nouvelle.

Après 4 jours passés à El Nido, je m'envole à nouveau. Mon regard dans le hublot ne peut se détacher de la beauté de la baie, je m'imprègne de ces images et de ces paysages splendides.

El Nido reste évidemment une destination magique. Une baie à voir une fois dans sa vie. A découvrir hors des sentiers battus…



J'espère que de plus en plus d'acteurs du tourisme local prendront conscience de l'importance de préserver cette beauté avant qu'il ne soit trop tard.
Je me promets de rédiger un carnet de voyage à mon retour. En ne gardant que l’absolue beauté de ce séjour.

Carol LE ROUX (www.lepetitjournal.com/manille) mercredi 1er mars 2017

Première publication le mercredi 6 avril 2016

www.equation.asia


 

 

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