Manille

TERRORISME - Nouveau point sur la situation à Marawi

Retour, presque un mois après, sur la situation à Marawi où les forces armées philippines continuent de combattre les militants islamistes. Un bilan humain toujours plus lourd et de nouvelles alliances.

Un bilan humain toujours plus lourd

Le bilan officiel délivré par l’armée philippine la semaine dernière fait état d’un nombre de morts toujours plus élevé depuis le début du siège de Marawi, le 23 mai dernier, par les forces terroristes de Maute et d’Abu Sayaf :

- 138 militants islamistes ;

- 58 soldats et policiers des forces gouvernementales ;

- 29 civils.

Les bombardements et les opérations au sol se sont poursuivis, pour déloger les 200 militants islamistes que l’armée philippine considèrent toujours présents dans la ville.

Plusieurs arrestations importantes ont par ailleurs pu avoir lieu : celle des parents du chef du groupe Maute, Omar et Abdullah Maute, fait ainsi suite à celle de la matriache Farhana Maute, qui devrait sous peu être transférée à Manille avec onze autres de ses partisans, emprisonnés actuellement à Cagayan de Oro. Une requête a en effet été déposée en ce sens par le gouvernement philippin afin de permettre à la justice de s’exercer dans les meilleures conditions matérielles et de sécurité.

Dans le même temps, le ministre de la Défense, Delfin Lorenzana, a signé l’ordre d’arrestation de 138 suspects de complicité avec les groupes Maute et Abu Sayaf. Ces arrestations sur simple suspicion de complicité avec la rébellion terroriste ne sont possibles que dans le cadre de la Loi martiale. Il s’agit du premier ordre de ce type signé par le gouvernement philippin depuis le début de la crise de Marawi.

Un front uni contre le terrorisme

Après le retour à Mindanao des forces spéciales américaines, qui offrent depuis dix jours à l’armée philippine un soutien technique et logistique (notamment avec ses drones), en sus de la fourniture, par l’état américain, de nombreuses armes de guerre (mitrailleuses, fusils d’assaut et lance-grenades), c’est au tour de la rébellion communiste de faire front avec le gouvernement philippin contre le terrorisme.

De la même manière que les Etats-Unis ont fait fi des tensions provoquées depuis plusieurs mois par les déclarations répétées du président philippin Rodrigo Duterte (qui affirmait vouloir se libérer de la "tutelle américaine" et rendre à son pays sa pleine indépendance en faisant partir les troupes américaines de son territoire), les responsables du NDFP (Front national démocratique des Philippines) ont décidé de laisser momentanément de côté le conflit qui les oppose au gouvernement philippin.

Les deux parties se sont d’ores et déjà engagés à l’arrêt des opérations offensives entre les troupes gouvernementales et la NPA (New Peoples’s Army, forces armées de la rébellion) et à une coopération active contre les combattants de l’Etat Islamique.

Silvestre Bello, président des négociations de paix avec les rebelles communistes, a souligné hier dans un communiqué qu’il s’agissait d’un "pas décisif vers la signature éventuelle d’un accord bilatéral de cessez-le-feu et d’accords pour les réformes sociales, économiques, politiques et constitutionnelles en jeu."

La veille, un communiqué du NDFP, affirmait déjà l’engagement de ses forces armées contre les terroristes des groupes Maute, Abu Sayyaf et AKP :  "Le Parti communiste des Philippines (CPP) a également dirigé des troupes de la New People’s Army (NPA) dans les environs de Marawi."

Dans un discours prononcé le même jour à Agusan del Norte, le président Rodrigo Duterte a même envisagé d’intégrer des membres qualifiés de la NPA à l’armée philippine.

Le ministre des Affaires étrangères Alan Peter Cayetano discute, de son côté, de possibles accords de coopération avec la Malaisie et l’Indonésie dans le but de structurer la lutte contre le terrorisme à l’échelle de la région. Un accord de sécurité maritime unit déjà les trois pays, qui affirment un même désir d’engagement commun.

La rédaction (www.lepetitjournal.com/manille) lundi 19 juin 2017

 
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