Manille

TERRORISME – Ce qu’il faut retenir des événements de Marawi

Les affrontements meurtriers qui ont opposé, le 23 mai dernier, terroristes du groupe Maute et forces armées philippines dans la ville de Marawi et ses environs, sur l’île de Mindanao, ont conduit le président Duterte à imposer immédiatement la loi martiale pour une durée de 60 jours sur les îles de Mindanao et de Basilan et dans les archipels de Sulu et de Tawi-Tawi. L’insécurité de cette région d’une part, les réponses et les réactions du gouvernement et de l’armée philippines d’autre part, ont depuis suscité inquiétudes et polémiques. Que faut-il donc retenir, une semaine après les événements de Marawi ?

Un message officiel d’appel à la vigilance de l’ambassade de France

L’ambassade de France aux Philippines appelle évidemment ses ressortissants à la plus grande vigilance. L’équipe de rédaction du petitjournal.com/manille se fait naturellement le relai de cette information.

Vous trouverez ci-après l’essentiel du communiqué de M. Christian Hue, consul de France aux Philippines.

"Compte-tenu des troubles sécuritaires affectant Mindanao et plus particulièrement ces jours-ci la ville de Marawi et ses environs ainsi que des menaces d’enlèvement persistantes émanant de groupes terroristes dans le sud des Visayas (côtes sud des îles de Cebu et de Bohol) et à Palawan (moitié sud de l’île et alentours de la capitale Puerto Princesa), l’Ambassade de France vous recommande de redoubler de prudence et de vigilance dans vos déplacements terrestres et maritimes, de rester en tout temps attentifs aux consignes de sécurité données par les autorités locales et de vous abstenir de vous rendre dans les zones du territoire philippin déconseillées pour cause d’insécurité forte ou maximale, portées en orange et en rouge dans la carte sécuritaire ci-dessous.  

L’imposition depuis le 23 mai et pour une durée maximale de 60 jours de la loi martiale à Mindanao, à Basilan et dans les archipels de Sulu et de Tawi-Tawi est de surcroît de nature à rendre plus difficiles les déplacements vers, depuis et au sein des îles concernées, y compris s’agissant des zones de Mindanao portées en jaune sur la carte ci-dessus.  Ses modalités concrètes d’application doivent encore être précisées,  mais les premières indications données par les autorités philippines laissent entrevoir la possibilité de l’imposition de couvre-feux, de barrages routiers et de contrôles d’identité renforcés.  

Pour l’ensemble de ces raisons, toute personne envisageant malgré tout de se déplacer vers ou à l’intérieur de ces zones est invitée à se signaler auprès de l’Ambassade, par courriel à admin-francais.manille-amba@diplomatie.gouv.fr ou par téléphone en envoyant un message au numéro d’urgence de l’Ambassade : + 63 (0) 917 532 07 56.

La vigilance et la prudence dans les déplacements est également de mise à Manille. Les autorités philippines, tout en indiquant n’avoir détecté aucune menace terroriste visant spécifiquement la capitale du pays, y ont placé les forces de l’ordre en état d’alerte et y ont renforcé les dispositifs de sécurité : patrouilles de police, barrages de police, contrôles renforcés aux abords des lieux à forte fréquentation de public."

Inquiétudes et polémiques dans la presse internationale et la société civile philippine

En dépit de l’intensité des combats qui secouent encore la ville de Marawi, en véritable état de siège (le dernier rapport officiel de l’armée philippine dénombre la mort de 25 soldats, de 19 civils), des bombardements meurtriers qui s’y sont déroulés (y compris pour les forces armées elles-mêmes :  "l’erreur" d’un pilote a ainsi causé la mort de 11 soldats supplémentaires), et des déplacements importants de population qui s’en sont suivis (certains observateurs estiment que presque 200.000 personnes ont ainsi fui), le gouvernement philippin et le porte-parole des forces armées philippines maintiennent un discours qui se veut tout à la fois particulièrement ferme et rassurant.

Si la date butoir du 2 juin que s’était fixée le ministre de la Défense Delfin Lorenzana pour libérer la ville de Marawi de toute présence terroriste semble aujourd’hui bien peu réaliste, le président Rodrigo Duterte a lui-même déclaré qu’il serait le premier à appeler à l’arrêt de la loi martiale dès que Mindanao aurait retrouvé sa "stabilité", le délai légal de 60 jours, au-delà desquels la mesure ne s’applique plus, lui semblant largement suffisant pour que les forces armées mènent à bien leur mission.

Selon l’armée, 50 militants terroristes, dont le chef du groupe Abu Sayaf, Isnilon Hapilon, combattraient toujours les forces gouvernementales dans différents quartiers de Marawi où encore au moins 2.000 habitants seraient pris au piège. La localisation des otages détenus par le groupe Maute, dont le prêtre Teresito Suganob, reste toujours inconnue.

L’opposition politique et la société civile philippines ont immédiatement réagi et très vivement critiqué le recours à la loi martiale et la possibilité, rapidement évoquée par le président Duterte, de l’étendre à l’ensemble territoire philippin dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamique.

Plusieurs analystes ont dénoncé l’inefficacité des mesures prises et des manœuvres militaires engagées (d’un point de vue stratégique, politique et humanitaire). Des juristes ont également souligné les risques encourus de dérives en matière de violation des droits de l’homme. Tous ces opposants craignent avant tout une aggravation de l’insécurité dans la zone concernée. Rappler.com s'avère au quotidien l'un des principaux relais de cette opposition et de soutien aux populations locales.

C’est en fait l’ombre de Marcos et de ses tragiques années de loi martiale que semblent avoir réveillé ces événements pour la presse internationale, et en particulier française, qui s’en est largement ému, ne se privant pas de brosser des portraits croisés des deux hommes.

Rodrigo Duterte a d’ailleurs lui-même le premier soutenu cette comparaison dans la vidéo officielle expliquant sa décision d’imposer la loi martiale.

La rédaction (www.lepetitjournal.com/manille) vendredi 02 juin 2017

 
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