INTERVIEW - Richard Onses, candidat Parti Radical pour la 5e circonscription

Né de parents espagnols en France, il réside depuis près de 25 ans à l'étranger, dont 19 passés en Espagne, notamment à Barcelone. Il a été en charge de responsabilités dans le groupe Suez, à la Chambre de Commerce Française de Barcelone, ou encore au comité des infrastructures du parti catalan CiU, à l'occasion des législatives espagnoles de mai 2011. Jouissant d'une double-investiture, celle du Parti radical valoisien et celle d'ARES, il est entré en campagne le mois dernier, avec à son actif un plan en douze points, validé par son équipe locale et ses pairs en France. Rencontre

(Photo DR)

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous revenir sur la genèse de votre candidature ?

Richard Onses : Ma candidature est née d'un agacement face au choix que nous offrait, il y a deux mois, les deux grandes formations politiques pour cette échéance électorale : on nous proposait soit un ministre à Paris, soit une personne basée à Lisbonne. S'il y avait eu à l'époque un candidat basé en Espagne, avec une expérience significative de ce pays, je ne me serais peut être pas présenté. Il se trouve que pour ma part, je connais les problématiques des Français de l'étranger et que je dispose d'un réseau conséquent sur place. A partir d'un programme en douze points, élaboré avec une équipe de personnes expérimentées qui comptent entre 10 et 20 ans d'expatriation dans la Péninsule, j'ai proposé ma candidature au Parti radical valoisien, présidé par Jean-Louis Borloo, et j'ai été investi. J'ai dans la foulée été investi par la formation ARES (Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale), puisque les deux formations ont fait le choix de présenter des candidatures communes pour les 11 circonscriptions de l'étranger.
Nous jouissons donc de l'appui et de l'approbation de Paris, qui fait confiance à son candidat et qui m'a donné son feu vert pour m'engager personnellement sur mon programme.

Comment va se dérouler votre campagne ?
La campagne va tout d'abord s'appuyer sur le programme que nous avons rendu public et sur lequel nous nous sommes engagés. Nous disposons d'une présentation détaillée de chacun des 12 points du programme, développés dans des mini-clips d'une minute, et que nous allons divulguer sur les réseaux sociaux. Dans un second temps, nous allons entreprendre une série de déplacements, de février à avril, dans les principales villes de la circonscription, pour organiser des réunions sur place et présenter notre projet. Il est hors de question de faire des pots ostentatoires dans des palaces : nous souhaitons rester dans le débat, on n'est pas là pour faire des cocktails. Notre préoccupation du débat de fond explique aussi pourquoi j'ai tenu à rendre public si tôt mon programme. Parallèlement, nous allons lancer un débat citoyen sur Internet, en demandant aux internautes de valoriser les différents points du programme, afin de connaître exactement quelles sont les priorités des Français de la circonscription. Je crois sincèrement qu'il faut réveiller l'intérêt des gens pour ces élections, en lançant le débat suffisamment tôt et en rentrant dans le détail, sur le concret.

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Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
Nous avons dégagé cinq grandes thématiques : éducation, famille, économie et emploi, culture et fiscalité. Nos propositions sont grandement basées sur une réflexion issue du monde de l'entreprise. La plupart peuvent être réglées par la combinaison de l'initiative privée et de l'action en local du candidat.

Pouvez-vous développer ?

Par exemple, nous sommes en faveur de la création de 100 bourses d'études supérieures, prises en charge par de grands groupes français présents dans la circonscription. Nous estimons en effet qu'il n'est pas acceptable que nos enfants se retrouvent à chercher du travail en France, tandis que les grandes entreprises installées à l'étranger embauchent des élèves de la métropole. Il faut faire une charnière entre la terminale à l'étranger et l'embauche sur place, c'est le but de cette bourse, qui serait décernée au mérite.
Même chose concernant notre proposition de création de maisons de retraite pour les ressortissants français : c'est un projet entièrement financé par l'initiative privée, qui ne requiert que très peu d'efforts de la part de l'Etat, et qui permettrait à des personnes âgées en situation de détresse de trouver un lieu d'accueil où on leur parle en français.
Il en va de même concernant le renforcement des échanges économiques et des investissements entre le sud de la France et la circonscription. Entre l'Aquitaine, le Pays Basque et la Navarre, ou entre Midi-Pyrénées, l'Aragon et la Catalogne, les gros pôles de compétences nationaux pourraient permettre l'investissement transfrontalier, sans que ce soit un processus piloté par Bruxelles, ni même par un quelconque ministre à Paris : nous pouvons régler nos problèmes ici, entre nous, en agissant de façon locale, pour l'intérêt des Français de l'étranger.

D'autres priorités pour les Français de la circonscription ?
Nous prônons notamment le maintien de la gratuité des Lycées Français au niveau actuel (terminale, première et seconde, avec remboursements des frais indexés sur l'année 2007/2008) : pas plus, mais pas moins non plus. Nous demandons l'équivalence des annuités dans le calcul des retraites sur l'ensemble de la circonscription. Nous voulons impulser une proposition de loi pour un accord de double-nationalité franco-espagnole...
Concernant la fiscalité, je veux que cela soit indiqué noir sur blanc que je ne laisserai pas passer les projets de double imposition des Français de l'étranger et que je m'opposerai à toute future résurgence. Même chose pour la taxe des résidences secondaires.

Votre formation politique a-t-elle véritablement un rôle à jouer dans cette élection ?
Evidemment. Nous nous présentons pour gagner en Espagne. L'alliance PR / ARES, avec une quarantaine de députés en France, devrait donner un support aux Français de la circonscription, en cas de ma victoire, qui nous donnerait un véritable appui pour relayer notre action en local. Je pense qu'il va y avoir une élection relativement disputée entre PS et UMP au niveau des législatives, et que nous allons jouer un rôle de charnière entre ces deux formations, qui devrait nous permettre de disposer d'un pouvoir de pression à Paris et faire en sorte que les propositions pour les Français de la circonscription puissent passer.
Pour ma part, je me suis lancé pour avoir une investiture centriste. Je l'ai eue, j'ai un programme, on va pousser en avant le projet. S'il y a aujourd'hui de nouveaux candidats sur la circonscription, ce n'est pas mon problème. Le Parti radical est content de son accord avec ARES dans les circonscriptions de l'étranger, dans lesquelles il compte être véritablement actif et est convaincu de ses chances de l'emporter. Mon but est d´être au Centre le candidat de tous les Français d´Espagne, et de la circonscription. Le Centre peut rassembler, pour éviter d'avoir un député qui ne représente que la moitié des électeurs. Les Français de l´étranger sont avant tout des Français unis avec des problématiques communes, au delà des partis.

Propos recueillis par Vincent GARNIER (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 12 décembre 2011

A lire aussi :
DEPUTES FRANÇAIS DE L'ETRANGER - Laurence Sailliet investie par l'UMP pour la 5ème circonscription


 

 

 

 

Plus d'informations :
www.onses.com
www.partiradical.net
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