ÉCO - Le spectre d'un sauvetage européen s'éloigne. L'Espagne garde la tête sous l'eau

Par la grâce de nouvelles émissions de bons du Trésor sur le marché obligataire, le gouvernement espagnol a bouclé jeudi dernier son programme de financement pour 2012. C'est une agréable surprise, qui devrait permettre au Premier ministre Mariano Rajoy de remiser l'aide financière de l'Europe à plus tard

Evolution de la prime de risque espagnole (Source eInforma.com)

L'Espagne veut se débrouiller toute seule et elle le montre. En émettant mercredi dernier sur le marché obligataire des bons du Trésor public, la quatrième puissance économique de la zone euro a emprunté la bagatelle de 4,763 milliards d'euros, qui lui permettent instantanément de boucler son programme de financement pour 2012, estimé à 86 milliards d'euros. En clair, elle a joint les deux bouts pour cette année, et peut s'en féliciter.

Attitude payante

Depuis le mois de septembre, l'ombre d'un sauvetage financier diligenté par l'Union européenne planait au-dessus du gouvernement Rajoy, qui avait d'emblée adopté la posture de "la patate chaude", repoussant coûte que coûte la main tendue par Bruxelles. Sur le court terme, cette attitude exonère son pays de vendre une partie de sa dette à la banque centrale européenne et donc d'être pieds et mains liés à la Commission européenne.

La crise est toujours là
Mais cette bonne nouvelle n'efface pas la situation économique détestable qu'endurent les 47 millions d'Espagnols. Elle ne fait que repousser une échéance. Bruxelles indiquait précisément la semaine dernière ses prévisions en matière de déficit et de croissance pour la quatrième puissance économique de la zone euro. Et elles ne sont pas bonnes : selon la Commission européenne, l'Espagne ne devrait pas atteindre ses objectifs de réduction budgétaire en 2013 ni en 2014 puisque le taux restera au-dessus de 6 % (contre 4,5 et 2,8% espérés par Madrid). Idem pour l'évolution du Produit intérieur brut : l'indice de richesse espagnole devrait constater un nouveau repli d'1,4% pour l'année prochaine. Et que dire de la dette, qui s'aggrave toujours un peu plus à mesure que les jours passent.

La banque centrale européenne tend toujours sa main
C'est dans ce contexte inattendu que le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi, s'est exprimé jeudi sur l'Espagne, à l'issue d'une réunion mensuelle sur la politique monétaire menée par Francfort. Selon différents médias européens, il a réitéré sa proposition de sauvetage financier au gouvernement de Mariano Rajoy en réaffirmant les règles du jeu : "C'est au pays concerné de faire le premier pas pour activer le mécanisme. En aucun cas nous n'interviendrons." Et d'ajouter, répondant aux interrogations du Premier ministre sur les contraintes engendrées par un tel contrat : "On ne peut rien garantir pour le moment. Il n'y a aucun quiproquo automatique." La balle est donc plus que jamais dans le camp de Madrid pour décider de son avenir. Vendredi soir, la prime de risque espagnole culminait à 448 points (5,82%). Elle a atteint la semaine dernière son niveau le plus haut depuis début octobre, preuve que les investisseurs restent méfiants vis à vis de l'économie espagnole, en dépit des manoeuvres gouvernementales pour repousser le sauvetage européen.

Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 12 novembre 2012

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