Luxembourg

PHILIP CORDERY - "Un député doit venir du terrain et connaître son sujet"

Engagé en politique au Parti socialiste à l’âge de 19 ans, Philip Cordery, de père britannique et de mère française, vit à Bruxelles depuis longtemps, et a placé l'Europe au coeur de son action politique. Se définissant comme social démocrate et réformiste, il n’a pas caché avoir souhaité l’investiture de la majorité présidentielle. Gros plan sur le bilan et les propositions du premier député sortant du Benelux

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Philip Cordery : Cela fait longtemps que je suis militant et que je travaille dans ce domaine. Je me suis engagé au Mouvement des jeunes socialistes à 19 ans en 1985. Bien avant mon élection à l’Assemblée nationale en 2012, je faisais des allers retours entre Paris et Bruxelles, pour faire le pont entre la politique nationale et la politique européenne. En 1992, je suis devenu le premier Secrétaire général de l’organisation des jeunes socialistes européens. En 2004, j'ai été nommé secrétaire général du PSE (parti socialiste européen). Je me suis présenté naturellement sur le Benelux aux Législatives de 2012, car je vivais depuis longtemps en Belgique.

On ne savait pas trop alors quel rôle précis joueraient les députés des Français. Je me suis engagé avec 3 objectifs :
-Faire en sorte que les lois votées au parlement aient un impact sur les Français de l’étranger, en proposant des amendements si nécessaire, qui prennent en considération leur spécificité.
- Accompagner mes compatriotes, dans leurs problèmes mais aussi leurs réussites
- Faire remonter à Paris les bonnes pratiques que l’on peut observer au Benelux. 

En 5 ans, je crois pouvoir dire que j’ai obtenu des résultats encourageants.

Pouvez-vous nous donner des exemples de ce que vous avez réalisé ?

Sur le plan de la législation, prenons l’exemple des certificats de vie. Jusque là, les retraités devaient deux fois par an apporter la preuve de leur existence, ce qui posait problème. Grâce à notre action, à partir de 2018, la dématérialisation sera totale.  Et suite à un accord bilatéral avec les pays du Benelux, même cette démarche sera bientôt inutile. 
Pour ce qui est de l’accompagnement de nos compatriotes, la question du handicap est au cœur des relations. On manque de place en France et beaucoup de Français sont accueillis en Belgique. J’ai proposé la mise en place d’une charte qualité pour les établissements qui accueillent des personnes handicapées françaises. Cela permet une meilleure connaissance des centres et une plus grande transparence pour les usagers français.

Enfin, j’ai favorisé les échanges avec les parlementaires néerlandais ou belges sur des sujets comme le mariage pour tous, ou la fin de vie. Ces pays ont déjà légiféré et la venue de délégations a permis un partage d’expérience bien utile lors des débats.

La distance est faible entre Paris et votre circonscription. Entre votre activité parlementaire à Paris et votre circonscription, comment avez-vous réparti votre temps ?

J’ai pu agir en effet comme un député de métropole, en passant deux jours par semaine à l’Assemblée nationale lors des sessions, parfois un peu plus. Mais je vis à Bruxelles et je suis resté au contact de ma circonscription qui bénéficie d’un tissu associatif très développé. Ces échanges sont très importants, car ce mandat  représente les Français dans leur quotidien.

Pensez-vous avoir pu faire entendre la singularité de la voix des Français de l’étranger à l’Assemblée ?

Oui, notre présence a fait évoluer le regard porté sur l’expatriation, qui est désormais mieux connue et moins caricaturée. Lors de la campagne de 2012, on ne parlait pratiquement que d’exil fiscal ! Nous avons favorisé l’ouverture des portes et des fenêtres de l’Hémicycle, jusque là sans doute trop franco-français. On comprend mieux la grande diversité des Français de l’étranger et les élus ont pris des mesures qui favorisent la mobilité.

Quels projets vous semblent les plus importants à défendre si vous êtes réélu ?

La question scolaire est la préoccupation principale des Français à l’étranger. Permettre à chaque enfant d’être scolarisé ou d’avoir accès à la langue française est important. Dans le rapport que j’ai rédigé avec Claudine Lepage sur la maitrise des frais de scolarité, il reste encore des propositions à mettre en œuvre. Je pense notamment au développement de filières bilingues, comme cela a été fait au Luxembourg, à l’école européenne de La Haye ou à Maastricht. C’est une de mes priorités fortes. Il faut aussi des aides pour le développement des associations FLAM pour ceux qui sont loin des lycées français ou bilingues.

Ma deuxième priorité est de poursuivre dans la simplification administrative de chaque étape de la vie des Français de l’étranger. Il y a encore des efforts à faire, notamment sur la portabilité des droits sociaux (droit au chômage, à la retraite au niveau européen, fiscalité des non-résidents, démarches consulaires, développement des transports transfrontaliers…). Il faut aussi favoriser un retour en France plus simple.

Enfin, je souhaite continuer d’accompagner les Français en situation de handicap, mais aussi les nombreux étudiants, souvent mal informés sur leurs droits et la réalité de la vie au Benelux. Il y a aussi de nombreuses TPE et PME au Benelux, l’Etat pourrait mieux les accompagner avec des incubateurs de startups, des salons…

Vous n’avez pas caché avoir postulé sans succès à l’investiture En Marche ! Vous vous présentez finalement avec l’étiquette PS, quelle sera votre attitude vis-à-vis du président Macron ?

On peut se retrouver dans ce que propose la majorité présidentielle quand on est social démocrate et réformiste, je fais partie de ceux qui souhaitent la rejoindre. Pour moi un député doit venir du terrain et connaître son sujet. Donc voter pour la composition de la majorité présidentielle, c’est bien, mais être un véritable représentant des Français de l’étranger me paraît essentiel.

Propos recueillis par Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 22 mai 2017 

Philip Cordery se rend à la rencontre des Français du Luxembourg mardi 23 mai 2017 à 18h30. En savoir plus ici.

Sn site internet et les coordonnées pour le joindre ou le suivre philipcordery2017.fr

@PhilipCordery
Philip Cordery sur Facebook

 
A la Une à Luxembourg
Une internationale

EXPATRIATION ET IMPATRIATION - Le revers de la médaille

De plus en plus d’entreprises transfèrent une partie de leurs activités à l’étranger, vers des pays à moindre coût. L’expatrié et l’impatrié sont destinés à être le lien physique entre le siège et son centre d’opération délocalisé pour assurer le contrôle des opérations et procéder aux transferts de connaissances entre les deux entités. Or il s’avère que le transfert de personnel n’a pas toujours un impact positif !
Actu internationale
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

EXPATRIATION ET IMPATRIATION - Le revers de la médaille

De plus en plus d’entreprises transfèrent une partie de leurs activités à l’étranger, vers des pays à moindre coût. L’expatrié et l’impatrié sont destinés à être le lien physique entre le siège et son centre d’opération délocalisé pour assurer le contrôle des opérations et procéder aux transferts de connaissances entre les deux entités. Or il s’avère que le transfert de personnel n’a pas toujours un impact positif !

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.
Expat - Politique
Magazine