Édition internationale

ELECTION US – Obama et Romney convoitent aussi le vote des expatriés à Londres

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

 

Loin de l'Université d'Hofstra de New York, où s'est déroulée le second débat télévisé entre Barack Obama et Mitt Romney mardi 17 octobre, les Américains expatriés à Londres votent pour élire leur futur président

(Visite de Barack Obama à Londres le 24 mai 2011. Crédit photo : Flickr/UGA Ardener)

La taille de la communauté américaine de Londres n'est pas connue avec exactitude. Selon le United States Census Bureau, 6,6 millions d'Américains vivent en dehors de leur pays dont environ 200.000 dans la capitale britannique. Même si ce chiffre est à manier avec précaution, cela représente un électorat potentiel non négligeable pour Barack Obama et Mitt Romney, les deux candidats à la présidentielle américaine. Surtout dans une campagne aussi indécise que celle de cette année.

Comment les expatriés américains votent-ils ?
Les Américains installés à l'étranger votent directement par voie postale, sans procuration. Les expatriés doivent au préalable s'enregistrer sur la liste électorale de leur État d'origine. Par exemple, le vote d'un ancien habitant de l'Utah expatrié à Londres sera comptabilisé pour l'élection des grands électeurs de cet État. Contrairement au modèle français du scrutin présidentiel 2012, les voix des expatriés de l'étranger ne sont donc pas comptabilisées à part. Impossible donc de savoir si les Américains qui vivent en dehors de leur frontière voteront en majorité Démocrate ou Républicain.

(Crédit photo : Flickr)

Qui est "l'american londoner
" ?
En l'absence de statistique officielle, difficile de définir le portrait-robot exact de l'américain moyen de Londres. Mais selon Karin J. Robinson, vice-présidente du Democrats abroad UK, "les expatriés qui vivent ici possèdent en majorité de plus hauts revenus que la moyenne nationale et sont aussi plus diplômés." Illustration de cette donnée, une partie de la communauté américaine est installée sur la très chic High Kensington street.

Republicans Abroad contre Democrats Abroad
Les deux grandes formations politiques des États-Unis possèdent leurs quartiers sur les bords de la Tamise. "Le Democrats Abroad est une branche officielle du Parti démocrate", affirme Karin Robinson, et "nous sommes représentés par plusieurs américains de l'étranger lors de la convention d'investiture du parti". La vice-présidente de la branche du parti au Royaume-Uni prend aussi garde à se différencier des Républicains : "L'organisation Republicans abroad UK n'a rien d'officiel. Ils ne sont pas liés au Grand Old Party. Ils sont moins à l'écoute des expatriés que nous".

Ken Burton, le chargé de communication des Républicains à Londres, a un point de vue différent sur la question: "Les Démocrates prennent toujours plaisir à dire que nous ne sommes pas rattachés au GOP. Mais en réalité, c'est seulement une question de statut. Nous envoyons également plusieurs de nos représentants lors de la convention du parti, comme en août dernier, et nous faisons activement campagne auprès des expatriés américains."

(Credit photo : AFP)

L'élection de 2008 et le succès d'Obama
Lors de la primaire démocrate de 2008, les Américains de l'étranger avaient la possibilité de voter en leur qualité d'expatrié ? ou directement pour leur État. Ainsi, les votes des expatriés de 164 pays furent comptabilisés pour désigner les grands électeurs des américains de l'étranger. Barack Obama avait largement remporté la majorité des suffrages avec 65,5% des voix, contre 32,7% pour sa rivale d'alors Hillary Clinton. "Je me souviens qu'en 2008 nous avions enregistré une participation record parmi nos membres aux primaires démocrates et lors de l'élection présidentielle", raconte Karin Robinson. "Il y avait eu un véritable engouement pour Obama chez les expatriés." Les électeurs républicains à l'étranger n'avaient pas la possibilité de voter en leur statut d'expatrié en 2008 ? comme en 2012. Impossible donc de savoir si leur c?ur balançait pour John McCain, ou pour Mitt Romney aujourd'hui.

Mais dans la bataille acharnée que se livre les deux candidats à la Maison-Blanche, au coude à coude dans les sondages nationaux, et alors que Barack Obama possède toujours une légère avance au nombre de grands électeurs qui lui sauraient acquis selon les projections des instituts de sondage, il n'est pas impossible que la voix des Américains de l'étranger puisse faire basculer le destin de cette élection.

Camille Belsoeur (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 18 octobre 2012

lepetitjournal.com londres
Publié le 18 octobre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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