CARRIERE – Bouger pour enrichir son CV

Le dynamisme, l'ouverture d'esprit et la flexibilité que l'on peut trouver chez les employeurs londoniens fait de Londres une ville attractive pour les Français en quête d'expérience humaine et professionnelle. Rencontre avec Marine Deneux, responsable des Centres d'Echanges Internationaux de Londres et de Dublin ainsi que directrice du Centre Charles Peguy, chargé d'accueillir les Français à la recherche d'un emploi dans la capitale britannique

La vie est remplie d'opportunités pour voyager, et l'envie de bouger peut être parfois comblée par  le métier que l'on fait, que ce soit l'entreprise qui l'attise, la provoque, et nous convoque pour s'expatrier; ou que l'on décide soi même de tracer sa route sur un sol inconnu, le temps d'acquérir une expérience inoubliable et valuable.

[IMAGE: Corbis]

lepetitjournal.com : Quel est le profil des Français qui viennent vous voir ?
Marine Deneux :
Les gens qui viennent frapper à la porte du Centre Charles Peguy (CCP) font partie d'un éventail très large. Il y a une dizaine d'année, le CCP avait plutôt tendance à accueillir des gens peu ou pas qualifiés en termes de diplôme. Aujourd'hui, on observe que les profils de ces jeunes là évoluent: ce sont des jeunes à bac+4 ou bac+5. Ils ont toujours la même attente, cet objectif commun: l'envie d'apprendre l'anglais.

Qu'est-ce qui les motive pour travailler en Angleterre ?
Les gens qui sont à bac+4 viennent le plus souvent pour enrichir leur CV. Ils se rendent compte que sur un même poste et à compétences égales, le niveau d'anglais est un élément déterminant pour leur embauche. Certains sont également motivés par la volonté de faire une pause après les études et avant de trouver un travail, tout en développant leurs compétences linguistiques. Pour certains, c'est uniquement l'affaire de quelques mois ou d'un an. Pour d'autres, il s'agit de s'établir pour une durée indéterminée.

Le niveau d'études est-il déterminant ?
Le niveau d'études ne détermine en rien le choix de venir travailler à Londres. De manière générale, il est délicat aujourd'hui pour un jeune de 26 ans de trouver du travail en France. Plusieurs Français viennent de régions plus exposées au chômage et ont envie de changer d'air. Ceux là ont envie de s'établir car ils savent que l'opportunité est plus facile à saisir à Londres donc ils choisissent de tenter l'aventure.

Pourquoi le marché du travail est-il plus dynamique à Londres ?
Si il y a plus d'opportunités à Londres, c'est dû à une souplesse sur la législation du marché du travail. Les employeurs ne s'attardent pas uniquement aux expériences liées directement à l'emploi demandé, mais à toutes les autres expériences transférables, qui parfois n'ont rien à voir avec le service. Par exemple, pour faire de la restauration, il faut être habile, aimable, observateur; ce sont des compétences que l'on peut développer dans d'autres emplois, tel que accueil dans une banque, ou sur un marché, ou même entraîneur d'une équipe de rugby.

La différence de mentalités et la législation sont deux éléments déterminants qui expliquent pourquoi l'Angleterre, et plus particulièrement Londres, sont attractifs pour beaucoup de jeunes, qui veulent tenter des nouvelles choses, et sont notamment prêts à adopter des attitudes d'humilité. En effet, le bac+4 qui débarque doit accepter de ne pas exercer le métier pour lequel il a été formé, car il lui manque l'anglais. Il s'agit de rentrer par la petite porte quitte à grimper petit à petit. C'est aussi une chose différente par rapport à la France: ici, on peut monter. Le fait d'être passé par les différents échelons amène aussi une meilleure compréhension: le plus souvent, les assistants managers sont arrivés en tant que vendeurs avant d'être promus.

Et les petits boulots ?
D'un point de vue professionnel, les nouveaux arrivants ne parlent pas toujours bien anglais donc ils prennent des petits boulots en premier lieu. C'est-à-dire travailler dans un resto, à la plonge ou comme serveur, dans un hôtel comme femme de chambre, à la boulangerie Paul en tant qu'assistant. Ce sont des emplois qui ne demandent pas forcément un anglais poussé pour bien réaliser sa tâche.

Partir à l'étranger, est-ce un tremplin pour la carrière ?
Selon moi, la mobilité professionnelle constitue un tremplin à 300%. J'étais une petite jeune, débarquée pour rester 9 mois et depuis, cela fait 5 ans et demi que je suis toujours dans les pays anglo-saxon, entre Dublin et Londres. Au début je suis arrivée en stage et je dirige maintenant trois centres. C'est clair que la mobilité professionnelle est un tremplin parce que cela apporte beaucoup de compétences transférables, ça ouvre l'esprit et donne plus d'envie. Cela nous oblige aussi à nous poser des questions plus rapidement que si on était en France et que l'on suivait un chemin tout tracé. Là on est obligé de se poser des questions parce que l'on part, on se retrouve face à des situations qu'on n'aurait pas vécues, donc on développe une capacité de s'adapter. Tout ça sont des compétences qui sont très recherchées chez les employeurs anglophones et français. Donc quelqu'un qui a eu une expérience de minimum 6 mois/un an dans un pays à l'étranger, avec un vécu professionnel et personnel, un employeur va être tout de suite intéressé par un CV comme ça. Car les employeurs, surtout dans les petites entreprises, veulent être sûrs que ceux qui postulent sont polyvalents, sont jeunes mais pas formatés par leurs écoles. Cette compétence d'adaptabilité et de flexibilité dans le sens d'une ouverture d'esprit est primordiale, surtout sur le marché de l'emploi qui est de plus en plus concurrentiel. J'en suis même persuadée à 10.000%, la mobilité de l'emploi est un tremplin, à partir du moment où on peut prendre du recul sur ce qu'on a vécu quand on rentre. 

Propos recueillis par Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 28 mars 2011

Lire aussi notre article sur le CCP: CENTRE CHARLES PEGUY – Trouver un job et s'installer à Londres en toute facilité!

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