TRAVAILLER EN GRANDE-BRETAGNE - Les clés d'une recherche d'emploi réussie

À l'occasion de sa quatrième conférence du cycle "Bien vivre en Grande-Bretagne", Londres Accueil, en partenariat avec la Chambre de Commerce Française de Grande-Bretagne, a ouvert ses portes au grand public. Une occasion offerte au plus grand nombre de recevoir de précieux conseils dans la quête d'un emploi à Londres

(Crédit : Corbis)

Comme l'a très bien fait Véronique Revington, en charge du service de recrutement de la CCFGB et animatrice de cette conférence, il est important de rappeler dans un premier temps quelques chiffres clés du marché de l'emploi britannique. Le taux de chômage atteint aujourd'hui 7,9% et même s'il a baissé ces derniers mois du fait des Jeux Olympiques, les prévisions ne tendent pas vers une amélioration. Même si Londres reste quelque peu privilégiée, le marché de l'emploi en Grande-Bretagne se tend comme partout ou presque en Europe. Le mois d'octobre a d'ailleurs vu la plus forte augmentation du nombre de demandeurs d'emploi depuis un an.
65% des femmes travaillent contre 75% des hommes. Le marché de l'emploi britannique compte 14% de travailleurs étrangers et les ressortissants issus de "l'Europe des 14" occupent en majorité des emplois très qualifiés. Enfin, la réputation d'un marché où mobilité et flexibilité sont les maitres mots est de moins en moins vrai. En effet, dans une période économique compliquée, recruter coûte cher et les entreprises ne prennent plus le risque de se tromper. Elles recherchent désormais des candidats opérationnels le plus rapidement possible.

Quel salaire ?

Le revenu minimum est aujourd'hui fixé à 6,19£ de l'heure. Crise oblige, depuis quelques années, on assiste à un tassement du niveau des salaires. Le salaire moyen dans le pays est de 30.876£ pour les hommes et 24.276£ pour les femmes. Il est de 33.760£ tous genres confondus dans la capitale.

Les règles d'or de la recherche d'emploi

Première étape, incontournable pour tout nouvel arrivant : maitriser l'anglais. Pour cela, n'hésitez pas à multiplier les moyens mis en oeuvre. Londres offre une multitude d'écoles de langue mais aussi des clubs de discussions et des occasions de rencontres avec des Britanniques à travers des associations ou différentes activités. Pensez aussi dans un premier temps à vous engager aux côtés d'une charity. Un bon moyen de faire une bonne action et de vous intégrer. Une seule règle : parlez, parlez, parlez !

(Crédit : Corbis)

Définir un projet professionnel
Il s'agit ensuite de déterminer vos objectifs professionnels. Il faut pour cela commencer par faire un état des lieux qui nécessite un travail sur soi-même, souvent difficile, notamment si on a quitté le monde du travail depuis plusieurs années. Il ne faut donc pas hésiter à mobiliser son entourage pour se faire accompagner et bénéficier de précieux conseils. Il existe également de nombreux coachs de qualité à Londres et un bilan de compétences peut également être une bonne solution. Evidemment le service de recrutement de la CCFGB ainsi que sa Spouse Mission sont également à votre service. Il est aussi important de déterminer la place que l'on souhaite conserver pour sa vie privée ou familiale. Les temps partiels et les "work from home" sont des solutions tout à fait envisageables et très développées en Grande-Bretagne.  

Parfois, un projet professionnel peut également nécessiter la mise en place d'un projet de formation et la reprise d'études. Il faut alors se poser les bonnes questions et réussir à se projeter sur la durée de son séjour à Londres et la possibilité d'un retour en France à plus ou moins long terme.

La rédaction du CV

Une fois ces deux étapes franchies, il est temps de rédiger son CV. Quelques règles différent des deux côtés de la Manche. Ici, pas besoin de tout faire entrer sur une page ni d'écrire à la main.
Des études révèlent qu'un recruteur passe six secondes sur chaque CV. Il faut donc réussir à être synthétique. L'aspect visuel est également déterminant. N'hésitez pas à aérer votre mise en page et à rester clair et factuel.
Enfin, en fonction du poste, certaines informations doivent être mises en avant plutôt que d'autres, notamment dans la section "profile", en haut de votre CV. Ces quelques lignes permettent de valoriser vos compétences phares. Il faut parler de vous et éviter d'être trop généraliste.
Enfin, alors que les Français sont friands des listes de hobbies, les Britanniques, plus pragmatiques, attendent que vous valorisiez uniquement les activités non-professionnelles qui vous décrivent et qui mobilisent des compétences nécessaires à la fonction pour laquelle vous postulez.
N'oubliez pas : votre CV est votre plaquette commerciale. C'est lui qui vous représente en votre absence.

Frapper à toutes les portes

Quatrième étape : mobiliser votre réseau. En plus des sites de recherche d'emploi classiques et bien connus, n'hésitez pas à frapper aux portes des agences de recrutement et des cabinets de conseils. Des sites comme Guardianjobs ou Women Like Us peuvent également s'avérer précieux. Enfin, ne négligez pas le réseau qui fait désormais partie à part entière de la recherche d'emploi. Dans votre entourage, sollicitez ceux qui peuvent vous ouvrir les portes d'une entreprise, vous faire rencontrer quelqu'un qui fait le même travail que celui que vous recherchez. Utilisez également les réseaux d'anciens de votre école ou les membres de l'association à laquelle vous avez adhéré. Sur la toile, les réseaux sociaux tels que Linkedin sont également d'excellents facilitateurs. Surtout n'ayez pas l'impression d'utiliser le "piston" ou de "quémander". Celui qui vous aide sera sûrement ravi de pouvoir compter sur vous le jour où les rôles s'inverseront. De plus, recruter coûte cher et les entreprises utilisent de plus en plus la cooptation pour trouver la perle rare.
Autre conseil : n'hésitez pas à postuler dans un premier temps sur des emplois moins qualifiés que ceux auxquels vous pourriez prétendre. En effet, arriver dans un nouveau pays, un nouvel environnement, nécessite un temps d'adaptation. Un poste que vous maitrisez parfaitement sera plus facile à obtenir et vous retrouverez rapidement votre zone de confiance. D'autant qu'en Grande-Bretagne, l'évolution au sein d'une entreprise peut être très rapide. Autrement dit, il faut parfois reculer pour mieux sauter.

(Crédit : Corbis)

Réussir l'entretien
Une fois que votre CV a été envoyé aux bonnes personnes, il faut se préparer à passer l'épreuve de l'entretien. Pour cela, l'entrainement est votre meilleur allié, surtout lorsque vous ne le passez pas dans votre langue natale. Ce paramètre peut évidemment engendrer un stress supplémentaire. Demandez alors à votre conjoint ou à un ami de jouer le rôle de votre futur employeur. Prenez la fiche de poste et répondez-y point par point. Apprenez à vous présenter de façon professionnelle pendant trois minutes et n'oubliez pas d'insister sur la contribution que vous apporterez à l'entreprise. Mettez vous en valeur!
Il existe également des associations qui vous aident à vous préparer en groupe, entouré d'autres candidats, ainsi que des coachs individuels. Enfin, même s'il n'est jamais agréable d'échouer lors d'un entretien, ce n'est pas dramatique. Le prochain sera le bon.  

Négocier votre contrat

Vous avez réussi votre entretien, le job de vos rêves vous tend les bras. Il ne vous manque plus qu'à négocier votre contrat. Mais attention, là encore, difficile de s'y retrouver entre droit français et droit anglais. Ici, rien n'est codifié. Toutes les règles doivent être inscrites dans le contrat.
Première chose, le droit du travail britannique ne fait pas vraiment de différenciation entre CDD et CDI puisque de ce côté-ci de la Manche, votre employeur peut vous renvoyer sans raison et sans indemnité du jour au lendemain pendant les deux premières années de votre contrat. Attention aussi, la rémunération annuelle est annoncée en brut mais vous la recevrez en net sur votre compte en banque. Ici, les impôts sont prélevés à la source. Bonne nouvelle, vous n'avez donc pas besoin d'économiser tous les mois. Ensuite tout dépend de votre négociation. Le salaire peut être assorti d'une contribution à un fond de pension tout comme d'une mutuelle payée par l'entreprise. Au niveau des congés payés, le minimum est de 20 jours par mois, auxquels s'ajoutent les 8 jours de bank holidays.

Vous êtes prêts, il ne reste plus qu'à signer !

Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 20 novembre 2012
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