ELECTION US - Une nuit américaine à Londres

4h20. Même si le résultat n'est pas officiel, il ne fait plus aucun doute que Barack Obama, candidat sortant, va s'imposer face au républicain Mitt Romney. Lepetitjournal.com a vécu la nuit électorale au coeur de la communauté américaine de Londres. À l'ambassade, dans les pubs de la ville mais aussi au rassemblement des militants démocrates, l'attente a été longue…

22h - À l'entame de la nuit électorale dans la capitale britannique, la communauté américaine retient son souffle. Parfois en s'amusant. Comme sur Governors Square, quartier des représentations étrangères en bordure d'Hyde Park, où l'ambiance est à la fête. La foule qui s'est réunie à l'ambassade des Etats Unis piaffe d'impatience. Pour divertir ses invités jusqu'au résultat final, l'ambassade a fait les choses en grand. Au sous-sol, les concerts s'enchainent. La musique est made in States bien sûr. Preuve de l'importance de l'événement, Elvis Presley est sorti de son silence pour l'occasion. Mc Donald et Starbucks se sont aussi installés pour nourrir et tenir éveillée gratuitement la communauté américaine. Pas de doute, nous sommes en Amérique. Au rez-de-chaussée, c'est l'ambassadeur, Louis B. Susman, en personne qui lance la soirée. Sous les yeux protecteurs des grandes peintures de Benjamin Franklin et George Washington, le marathon électoral peut commencer.

À chaque projection ou résultat, on compte le nombre de grands électeurs. C'est un match de boxe qui s'engage entre les partisans des deux camps. John, étudiant américain en relations internationales installé à Londres arbore fièrement son badge "Obama-Biden". Il a voté par correspondance dans l'Ohio, son Etat natal, pour le président sortant. Le score provisoire de Barack Obama (51% contre 48% pour Romney) ne le surprend pas. "Quand on voit les évolutions démographiques favorables aux démocrates et les plans de soutien massifs en faveur de l'industrie automobile, très forte ici, du gouvernement durant les quatre dernières années, Obama ne peut pas perdre." Plus loin, Murris, lui aussi jeune pro-démocrate, se déclare "très confiant dans une victoire d'Obama. Mais il faut attendre les résultats définitifs demain matin pour être sûr", confie t-il. Après minuit, pendant que verres de vin et plateaux remplis de hamburgers se vident, les bonnes nouvelles s'enchaînent pour ces supporters. "Yeah! We've got Ohio!", s'exclame la majeure partie de la foule. Cet état clé semble basculer pour le Président, comme le New Hampshire, alors que les scores en Virginie et en Floride, autres "swing states", sont extrêmement serrés. Mais attention, même s'ils se font plus discrets, Mitt Romney compte aussi quelques soutiens de ce côté-ci de l'Atlantique.

Dans la pièce voisine, initialement prévue pour être le Press Media Centre, les supporters des deux camps se mêlent aux journalistes. Ces derniers, un oeil rivé sur la dizaine d'écrans télé, un autre sur leur ordinateur ou l'objectif de leur caméra ou appareil photo, tentent de trouver leur place dans la cacophonie ambiante.

Une armée de jeune pro-démocrate
2h - Plus à l'est, au Lexington, un pub américain sur Pentonville road, l'ambiance est plus décontractée. Hot-dogs et bières américaines au menu. Coockies et de Smarties à volonté. À l'étage, CNN est projeté sur une toile qui déforme sans fard le visage des commentateurs de la chaîne. La foule, elle, est largement démocrate et étudiante. Un drapeau américain sur les épaules, Stephanie, originaire du New Jersey, donne de la voix pour Barack Obama. "C'est sûr. Il va gagner. Il représente bien plus l'Amérique d'aujourd'hui que Mitt Romney." La jeune femme, qui a voté par correspondance dans le New Jersey se félicite d'ailleurs de l'excellent score du Président dans son État.

Devant l'écran géant du rez-de-chaussé, Karl, la trentaine, est plus dubitatif. Originaire de Los Angeles, ce Californien s'inquiète des premières estimations qui donnent le candidat républicain en avance en Floride, Virginie et Caroline du Nord. Mais son visage se décontracte à l'annonce de l'avance prise par Obama dans l'Ohio, plaque tournante de la soirée électorale, dont tous les expatriés guettent la moindre évolution du compte des votes.

Explosion de joie
3h30 - Au quartier général du Democrat abroad party de Londres, l'ambiance monte crescendo. Au fur et à mesure de l'annonce des Etats conquis par Barack Obama, les sourires se font de plus en plus francs. L'Iowa, le Colorado, le Wisconsin…les espoirs se transforment en quasi-certitude. Finalement la délivrance tombe, le président sortant garde la mainmise sur l'Ohio et dépasse ainsi le seuil fatidique des 270 grands électeurs. Au milieu des banderoles à l'effigie des démocrates, les expatriés se congratulent. Leur champion a finalement repoussé Mitt Romney dans l'ombre. Autre bonne nouvelle, le sénat reste l'apanage du parti. Une victoire large donc. La centaine de supporters présents dans ce pub niché tout près de Marylebone station jubile : "Four more years, four more years, four more years !" .

Camille Belsoeur et Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 7 novembre 2012

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