Lisbonne

ARNAUD LEROY - Député des Français de l´étranger : un mandat unique de 5 ans

Arnaud Leroy a été élu député de la 5ème circonscription des Français établis hors de France (Espagne, Portugal, Monaco, Andorre) en 2012 sur la liste PS. A quatre mois des prochaines législatives, il confirme ne pas vouloir se représenter. Il aura ainsi effectué un mandat de 5 ans et siégé à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire. Gabrielle Siry est la jeune femme qui tentera sous peu sa chance sur la liste du PS pour la 5ème circonscription. Arnaud Leroy, quant à lui, n´a pas abandonné la vie politique, loin de là. Il s´est engagé auprès de Emmanuel Macron et il a accepté d´évoquer, en exclusivité, pour le Lepetitjournal.com/Lisbonne son parcours de 5 ans comme député et de parler des  défis d´un homme qui est "En marche !".

Député des Français de l´étranger "c´est un gros travail”  

Lepetitjournal.com/Lisbonne : Pour quelles raisons avez-vous décidé de ne pas vous représenter aux élections législatives de 2017 sur la 5ème circonscription, après un mandat de cinq ans ?
Arnaud Leroy : Premièrement, les élections présidentielles arrivent, donc je suis rentré en France. J’ai fait le choix de faire de la politique locale. Je me suis engagé aux municipales, aux régionales avec Alain Rousset que je vais rejoindre sur la question de la croissance bleue. Je crois que c’est important que ce soit une personne qui soit au contact quotidien avec les Français à l’étranger qui puisse prendre la relève. C’est ma conception,  je me suis battu pour que ce soit ainsi en 2011 pendant la campagne, j’y tiens. J’ai déménagé et je fais de la politique là où je vis, alors j’assume.

Que vous a apporté cette expérience politique ?
J’ai toujours mis en avant qu’un député est un élu de la nation. J’étais dans cette circonscription, j’y ai fait de nombreuses permanences, je travaille avec les associations locales en les finançant via ma réserve parlementaire. Ce que je peux dire c’est que la réalité nous impose une capacité d’action limitée au territoire. Des gens venaient me voir parce qu’ils avaient un problème avec un permis de construire. Je me suis toujours assuré qu’ils ne soient pas victimes de la déchéance de nationalité lorsqu’ils étaient étrangers, par exemple. Donc nous avons parfois saisi le médiateur mais je ne pouvais pas faire grand chose de plus.

Vous nous dites finalement que votre pouvoir d´action est limité, quelle en est la raison?
A cause essentiellement du poids de l’administration. J’ai toujours essayé de faire avancer ce que j’appelle “L’Europe du quotidien”. Il y a eu notamment la problématique des titres d’identité. Je milite pour un titre tiers que l’on pourrait retirer à la mairie de Lisbonne, à la préfecture ou l’équivalent dans les provinces, pour éviter d’avoir à faire des kilomètres pour déposer un dossier pour un passeport. J’ai fait des propositions à Manuel Valls, au moins pour expérimenter, mais sans retour.

Quelles sont les grandes questions que vous avez eu à traiter auprès de Français installés, en particulier, au Portugal et en Espagne?
J’ai beaucoup agit sur la question des retraités, sur les questions fiscales avec la convention fiscale qui a été rejetée par le Conseil constitutionnel, mais signée par les deux pays. Il reste d´ailleurs, la procédure de ratification qui va prendre un peu plus de temps au Parlement. Il s´agit de poser une règle qui fixe la question des revenus perçus en France avec une ligne claire. Il y a aussi la question des binationaux, sur laquelle il y aura sûrement une interprétation des services. La question des caisses régionales de retraite qui parfois ne traitaient pas les dossiers parce que les gens étaient installés à l’étranger… C’est un gros travail, tout comme la question de la mise en place d´une école privée ou non. Il n’y aura pas de place ni d’aide à la scolarité pour tout le monde. Certaines familles au Portugal ne peuvent pas payer 65% des frais de scolarité, il faut pouvoir les accompagner.

Du PS jusqu´à “En marche!”

Vous avez décidé de délaisser le PS et de suivre Emmanuel Macron. Pour quelles raisons?
Je l’ai rejoint parce que nous avons constaté que sur une période de dix ans on a eu une mi-temps de droite de 2007 à 2012, qui s’est quand même terminée avec une ardoise de plus de 400 milliards d’euros supplémentaires  et avec un pays sous tension qui décroche dans  de nombreux domaines, puis une seconde mi-temps de gauche où on a pas tout réussi, loin de là, puisque la France connaît encore des fragilités, des faiblesses notamment dans la mondialisation, sa place dans l’Europe… Voilà aujourd’hui où nous en sommes.

Vous estimez donc que le quinquennat de François Hollande est un échec ?
Non, ce n’est pas un échec mais nous sommes arrivés à une situation telle que nous sommes dans un contexte où le Front National est à 30% or, on ne peut plus faire comme avant et se renvoyer la balle une fois tous les cinq ans en promettant des choses, et en ne les tenant pas. Il n’y a pas non plus de véritable discussion sur la France telle qu’elle est aujourd’hui. On nous propose des projets de quelques milliards d’euros sans jamais nous expliquer comment tout cela est financé. Je ne veux plus faire de la politique de cette façon là et Emmanuel Macron non plus. Il a pris la décision de monter ce mouvement “En Marche!” en avril dernier, et j’ai décidé de le suivre. J’étais un des rares députés à l’épauler sur des sujets sur lesquels je peux avoir une petite plus-value à savoir la mer, l’économie maritime, la transition écologique, l’Europe et le tourisme. Il m’a également demandé d’être un de ses porte-paroles, ce que je fais avec conviction.

Quelles sont vos missions en tant que porte-parole ?
Je me déplace beaucoup. Il faut être disponible pour répondre, pour expliquer aux gens nos propositions. Nous présentons des mesures compliquées, et nous acceptons la complexité. Ce qui m’intéresse aussi c’est que nous travaillons avec des personnes d’autres horizons politiques: des gens de centre droit ou des écologistes, par exemple... et je crois sincèrement qu’aujourd’hui le pays a besoin de cela. J’ai vu beaucoup de Français pendant ce quinquennat, dans des petites structures éducatives, des sociétés, des artisans, et je me suis rendu compte que les gens me demandaient surtout des solutions et peu leur importaient que je sois de gauche ou de droite.

Une révolution douce

Comment  définissez-vous les  axes du programme que porte Emmanuel Macron?
Les  grands axes sont simples : pragmatisme, efficacité, équité. Nous essayons d’être efficace avec les moyens dont nous disposons pour ne pas alourdir la facture fiscale. Nous voulons amener notre pays sur la transition écologiste, ce qui est un besoin vital, la France peut être un pays ambassadeur dans ce domaine. Il faut que les rôles des divers acteurs dans la société soient portés de façon équitable, les efforts des uns et des autres doivent être compris, compensés. Ça ne peut pas être simplement la classe moyenne qui paie l’addition finale.

Le PS a choisi lors de sa primaire un candidat qui défend des valeurs fondatrices de la gauche et la droite un candidat qui se situe dans le sillon d´une droite traditionnelle et forte. Comment expliquer vous ces choix de la part de ceux qui se sont exprimés?
Il y a eu 4 millions de votants à la primaire de droite, 2 millions pour la gauche, le corps électoral français compte environ 45 millions de personnes, il reste donc près de 40 millions d’électeurs qui n’ont pas participé, et qui sont donc en attente. Fillon est élu depuis 1981, je pense qu’il faut qu’on se pose des questions. Ces gens là aujourd’hui sont en partie rejetés par la société, toutes classes sociales confondues. Le poids de la haute administration en France et sa capacité à diriger au mépris des valeurs démocratiques m’a impressionné lors de mon expérience comme député. Je pense qu’il faut changer ça, et ça ne changera pas avec des gens installés au pouvoir depuis 35 ans.

En France nous avons en effet, une haute fonction publique qui exerce des responsabilités à des niveaux clés de la société, comment comptez-vous dialoguer avec ce corps de hauts fonctionnaires?
Je vais illustrer notre entendement sur ce sujet. Nous avons pensé à la mise en place d’un droit à l’erreur. C’est à dire que si l’administration peut démontrer la bonne foi de la personne, il y a alors une obligation de conseil de sa part. C’est aussi un moyen de changer la mentalité de l’administration française. J’ai rencontré des ostréiculteurs, des pêcheurs, qui me disaient que s’ils n’avaient pas leur certificat avec eux au moment d´un contrôle, ils courraient le risque d´avoir à payer immédiatement une amende lourde et d´être ainsi pénaliser. Il faut que l’on sorte de cette présomption de culpabilité à outrance, essayons de mettre en place une présomption de confiance, à la manière d’une révolution douce.

L´europe est en train de mourir

Une de vos affirmations, et je reprends vos mots est : “l’Europe est en train de mourir”. Alors, l´Europe c´est vraiment fini?
Il faut remettre les choses en perspective, ça fait un peu plus de dix ans maintenant que l’Europe est en crise pour arriver à un rejet massif en 2005 aussi bien en France qu’aux Pays-Bas, deux pays fondateurs. Je crois qu’il faut une refondation. On est peut être allé trop loin sur les questions de l’économie de marché. Par exemple, le choix de faire travailler des marins européens à bord de navires, c’est une décision politique. Même si ça coûte plus cher, je crois que c’est toujours mieux d’avoir des gens qui travaillent plutôt que des gens qui perçoivent des indemnités. En revanche il faut que l’on ait des gens qui aient des idées, et ce n’est pas toujours le cas. Il faut un projet politique et technique pour que l’Europe avance.

Custodia Domingues (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) lundi 27 février 2017

 

 
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