Lisbonne

JARDIN – Le jardin botanique de Ajuda (1ere partie)

 


Un jardin créé pour étudier et collectionner le maximum d’espèces du monde végétal.

"Le jardin botanique de Ajuda fut fondé à la manière des anciens jardins, sans aucune classification scientifique alors qu’on y trouve beaucoup de plantes rares et utiles à la médecine, à l’agriculture et aux arts; afin de le réformer et de le moderniser, selon la méthode que j’ai appliqué à celui de l’Université de Coimbra, il faudrait arracher toutes les plantes, tous les ornements de buis et les carrés de pierre du terrain supérieur où ils se trouvent établis; les travaux de cette réforme dureront quelques années, on y perdra de nombreuses espèces et les dépenses seront énormes."
Telles sont les impressions de Félix Avelar Brotero (1744-1828) quand il prend la charge de directeur de ce jardin, en 1811, fonction qu’il maintiendra jusqu’à sa mort.

Ce jardin est certainement le plus ancien du pays. Il a d’abord été mis en place sur ordre du Marquis de Pombal, en 1768, dans le but de faire connaître à la population de Lisbonne des espèces botaniques venant des quatre coins du monde. Projeté par le botaniste italien Domingo Vandelli (1735-1816), ce dernier enseigna les principes élémentaires de l’établissement d’un tel jardin, qui deviendra ainsi le 15º jardin botanique européen, 200 ans après ceux de Florence et de Bologne, en Italie et 133 ans après la création de celui du Muséum d’histoire naturelle de Paris.
Le terrain avait d’abord été converti, juste après le terrible tremblement de terre du 1 novembre 1755, en jardins potagers et vergers de la voisine et provisoire résidence royale établie dans un édifice en bois, la "Real Barraca", construction qui abrita le monarque Dom José I et sa famille et qui sera brûlée après la mort du roi.

(Photos : M.J Sobral)

Bien que Lisbonne ait eu avant des sites de regroupement de ses collections de plantes exotiques, le Jardin botanique royal de Ajuda sera le premier jardin dessiné afin de maintenir, étudier et collectionner le maximum d’espèces du monde végétal. Vandelli, tout comme Brotero, le génie portugais de la botanique, sauront acclimater des espèces exotiques à ce jardin. Aujourd’hui encore, c’est au pied de certains arbres qu’ils auront planté que nous flânons. Quelques uns d’entre eux, après avoir poussé avec succès sur les versants amènes de la colline de Ajuda, furent replantés dans tout Lisbonne. Il s’agit de genres comme les Jacarandas, les Podocarpus (pin de São tomé), les Chorisias (kapokier), les Tipuanas du Brésil, les Lagerstromias de Chine ou les Mélias d’Arménie. Ils sont restés présents dans le paysage urbain tel un témoignage vivant de l’effort de botanistes qui, tout en enrichissant la palette d’espèces nouvelles et de couleurs vibrantes capable de fleurir la capitale, préparèrent aussi le chemin pour d’autres jardiniers et paysagistes à venir.

Un jardinier français lance la mode des arbres exotiques dans Lisbonne
Sous la direction de Brotero, le jardin de Ajuda vivra sans nul doute sa période de splendeur. Avec le temps, cette splendeur perdra de sa vivacité par manque de soin et d’entretien. Huit ans après la mort du grand botaniste, Dom Fernando de Saxe Cobourg et Goethe (1816-1885), prince allemand et roi du Portugal en 1837, amant de la nature et des jardins, s’installera à Lisbonne. Avec l’aide de son jardinier particulier, un Français dénommé Bonnard, il prendra la relève en s’occupant de la «Tapada das Necessidades», premier jardin du jeune roi qui y planta de multiples espèces déjà bien acclimatées au jardin de Ajuda. C’est là aussi que Bonnard gagnera de l’expérience pour pouvoir appliquer par la suite toutes les nouveautés au jardin de Estrela ou dans le jardin panoramique de São Pedro de Alcântara. La mode se répandit à partir de ces lieux publics et les jardins privés de la capitale, les nombreuses places, avenues et rues se parèrent d’arbres exotiques dont la beauté des formes et des couleurs marquèrent Lisbonne à jamais.

Lire la suite demain...

André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) Reprise du jeudi 25 octobre 2012

Technicien agronome (maria.friesen@sapo.pt)

Ouvert tous les jours, horaires d´hiver : 10h00-18h00 (9h00-20h00 en été) - Entrée par la Calçada do Galvão (l´entrée de la Calçada da ajuda ferme à 17H00)
Entrée : 2€, gratuit pour les enfants jusqu´à l´âge de 7 ans

En savoir plus :
www.jardimbotanicodajuda.com

MUSEE NATIONAL D´ART ANCIEN - Rencontre avec la Maison de Savoie

Cet été, le Musée national d’art ancien de Lisbonne (Museu Nacional de Arte Antiga /MNAA) montre l’exposition Les Savoie. Rois et mécènes. Turin 1730-1750, un travail qui est le nouveau fruit de la collaboration entamée par le MNAA avec d’importants musées européens. Il s'agit cette fois du Palazzo Madama, de Turin, où sont conservés des trésors baroques, rococos et rocaille qui servaient de décor au quotidien de l'une des plus ancienne famille…
A la une
France/Monde
En direct d'Europe
londres - Communauté

CRICKET - Le mystère enfin résolu

S’il y a bien un mystère qu’aucun Français de Londres n’a résolu, c’est celui du cricket. Il est pourtant le deuxième sport le plus…
milan - Communauté

STAGE – Arrivederci Elise e Mathilde !

Depuis quelques mois, Elise Quinio et Mathilde Tricot travaillaient à la rédaction du Petitjournal.com de Milan dans le cadre d’un stage.…
Expat
Expat - Emploi

AMÉRIQUE LATINE - Les 50 meilleures villes pour faire des affaires

Le département de recherche de la revue América Economía vient de publier son classement version 2014 des meilleures villes pour faire des affaires en Amérique latine. Trois villes se distinguent sur le podium : respectivement Miami, Santiago du Chili et Mexico. 
Expat - Politique
Magazine
Les trophées 2014

TROPHEES 2014 – Les sept lauréats ont été récompensés au Quai d’Orsay

La cérémonie des Trophées des Français de l’étranger, organisée par lepetitjournal.com, s’est déroulée ce jeudi 6 mars, dans le cadre prestigieux du Ministère des Affaires étrangères. Devant leurs proches, les élus, les partenaires et la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, les sept lauréats ont été récompensés pour leur parcours d’exception.