ARBRE - Le jacaranda (Jacaranda mimosifolia)

 

S’il y a bien un arbre que l’on remarque dans les rues de Lisbonne à cette époque de l’année, c’est bien lui. Tous les ans, d’ailleurs, il y a un rituel institué entre les Lisboètes de découvrir le premier jacaranda en fleur et de le signaler aux services municipaux afin d’obtenir une reconnaissance de fin observateur. Cela semble déjà trop tard pour cette année, car la floraison a déjà commencée. Cette dernière va s’étendre jusqu’au début du mois de juin pour recouvrir ensuite d’un tapis bleuté les rues, trottoirs et voitures qui se trouvent à proximité de tels arbres

(Photos : M.J. Sobral)

Un arbre au ton bleuté
Le jacaranda est, sans conteste, l’une des rares plantes de la nature à donner cette tonalité de bleu, entre la lavande et le Paulownia (P. tomentosa). Son nom vient de la langue indigène tupi de la côte du Brésil et désigne les arbres ayant un bois de qualité.
Sa distribution géographique originelle s’étend depuis la Bolivie, Paraguay et le nord de l’Argentine jusqu’au sud du Brésil. L’épithète "mimosifolia", qui le qualifie en botanique, se rapporte à ses feuilles proches de celles des Mimosas, sans pour autant appartenir à la même famille. Le jacaranda est plutôt de celle des Bignoniacées, qui se caractérise par des fleurs en forme d’entonnoir. Officiellement, le jacaranda a des feuilles caduques à la saison sèche, mais à Lisbonne, on peut constater que selon l’endroit où il se trouve, l’arbre gardera ses feuilles d’une année sur l’autre ou du moins ne les perdra pas toutes en même temps. Si cela arrive, celles-ci apparaîtront après le début de la floraison et on pourra admirer alors un arbre au tronc et ramifications sombres avec des fleurs au ton bleuté d’un très bel effet ornemental.

Le jacaranda se trouve un peu partout dans Lisbonne
Le jacaranda est donc de grand intérêt pour valoriser les zones urbaines où on l’implante et, dans la capitale portugaise, on le trouve partout avec quelques exemples notoires comme l’avenue D.Carlos I, entre le Parlement et la station de Santos, sur la place de Rossio, autour du parc Eduardo VII ou enfin dans le jardin de Santa-Clara, celui de la foire aux Puces (Feira da Ladra).

L´exploitation du jacaranda
Dans les premiers temps de la découverte du Brésil, les Portugais l’exploitèrent comme essence précieuse pour son bois clair et facile à travailler, très recherché en ébénisterie. Cette exploitation se fera au même titre que celle du bois-brésil ou bois à la couleur de braise (Hematoxylum brasiletto), ce dernier fournissant un colorant rouge très précieux et qui donnera à la colonie de Vera Cruz le nom de Brésil. Les coupes massives s’accompagneront d’une destruction de son habitat et en fera un bois de plus en plus rare.

Aujourd’hui, l’implantation du jacaranda est multiple dans les régions essentiellement subtropicales au climat chaud avec saison sèche et proche des tropiques. Dans l’hémisphère Nord, il ne supporte pas les rigueurs d’un hiver trop froid, mais on le trouve aisément dans le sud de l’Europe, tout comme en Californie. Il s’est aussi très bien adapté au climat d’Afrique du Sud, de l’est de l’Australie jusqu’en Nouvelle-Zélande, où il est devenu courant en zone urbaine.

Comment reconnaître le jacaranda
A Lisbonne, les premiers jacarandas ont dû être plantés à partir du XVII siècle, mais n’étant pas un arbre de grande longévité, il dépasse difficilement les 80 ans.
C’est aussi la raison pour laquelle le jacaranda pousse relativement vite et peut atteindre les 20 à 25 mètres de hauteur maximale en quelques dizaines d’années.
On reconnaît le jacaranda en dehors de la période de floraison à ses fruits qui restent accrochés longtemps aux branches et ont la forme de castagnettes formées par deux coquilles ligneuses avec les graines blotties au milieu, l’ensemble de couleur marron foncé.

Un arbre dont les origines remontent dans le temps
Un peu de paléobotanique maintenant ; comme toutes les plantes à fleur, le jacaranda n’a pas plus de 130 millions d’années d’existence sur la terre, puisqu’il appartient à cette évolution de plantes ayant leur graines protégées à l’intérieur d’un fruit, le terme scientifique étant celui d’Angiosperme. Les conifères, par contre, sont présents sur notre planète depuis bien plus longtemps (280 millions d’années) et exposent leurs graines à l’air libre. Ils appartiennent au groupe des Gymnospermes, avec environ 750 espèces différentes, alors que pour les Angiospermes, on compte de 270.000 à 300.000 espèces recensées. Les premiers ont dominé la terre pendant si longtemps que l’on peut dire qu’ils sont en train de laisser la place aux seconds, du moins en zone climatique favorable pour les plantes à fleur qui sont plus sensibles au froid.

Même pour celui qui ne fait que rarement attention aux arbres qu’il croise dans Lisbonne, la beauté d’un jacaranda en fleur ne peut pas le laisser indifférent et ceux qui viennent d’ailleurs nous envient certainement d’avoir le privilège de vivre dans un lieu où de tels arbres se plaisent autant.

André Laurins (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) Reprise du jeudi 26 mai 2011
Technicien agronome (maria.friesen@sapo.pt)

Lisbonne

VINS - Coup de cœur de nos lecteurs

Cette semaine un de nos lecteurs partage avec nous son coup de cœur pour un vin rouge de la région du Douro. Vous aussi faites nous parvenir vos "coups de cœur" pour nous faire découvrir un lieu, un magasin, un restaurant, un film, un livre... que vous avez particulièrement apprécié.

FINANCES - Michel Sapin au Portugal

Le ministre français des Finances et des Comptes publics Michel Sapin a fait une brève visite à Lisbonne ce samedi 23 mai afin de rencontrer son…
Une internationale
Actu internationale
En direct d'Europe
Turin - actualité italie

DENATALITE – L’Italie inquiète

Face aux données alarmantes concernant la natalité, peut-on parler de suicide démographique ? Dans un pays qui vieillit, sans réelle…
Expat
Expat - Emploi

MANAGEMENT A LA FRANÇAISE – Encore un effort !

Il est perçu comment le manager français ? Les cadres étrangers travaillant dans les entreprises du CAC40 ont répondu et le décrivent comme étant peu explicite, autocrate… mais très performant !

FORUM EXPAT – "Une expatriation réussie se construit souvent avant de partir"

Forum Expat se tiendra les 2 et 3 juin prochains à la Cité de la Mode et du Design à Paris. C’est le plus gros salon en France consacré à l’expatriation. Cyril Gardère, directeur délégué Pub du Groupe Le Monde, organisateur de l’événement, nous explique ce que nous réserve cette troisième édition
Expat - Politique
Magazine
Les trophées

TROPHÉES DES FRANÇAIS DE L'ÉTRANGER - Une soirée de gala au Quai d’Orsay pour les lauréats

Pour la troisième édition des Trophées des Français de l’étranger, plus de 300 personnes étaient réunies mardi 17 mars au Quai d’Orsay pour récompenser les lauréats. Ces sept expatriés aux parcours exceptionnels, faisant rayonner la France au-delà de ses frontières grâce à leurs projets variés, étaient à l’honneur. Aux côtés du Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, Matthias Fekl, sénateurs, députés et partenaires étaient présents pour la cérémonie.

TROPHÉES DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER – Découvrez les lauréats 2015

lepetitjournal.com met à l’honneur nos compatriotes avec les Trophées des Français de l'étranger. Découvrez les lauréats de cette troidième édition. Ils sont luthier au Portugal, entrepreneur au Vietnam, artiste scupteur en Thaïlande, apprenti forgeron au Japon, ils ont fondé une école au Danemark, une ONG au Cambodge ou voué leur vie à l'agro-écologie en Afrique...Tous ont en commun un engagement et un parcours exceptionnels. Ils ont été récompensé hier soir au Quai d'Orsay, lors d'une soirée de gala