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NOSTALGIE - Des visites pour se ressourcer

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 29 avril 2013

Des centaines de touristes grecs reviennent chaque année en Egypte pour visiter la ville où jadis ils ont vécu des années de bonheur. Rencontres

"La première fois j'ai vu la Grèce c'était à l'âge de 20 ans, lorsque nous étions obligés de partir en 1970. Ma mère y a vécu quatre ans, après quoi elle est morte. Je n'ai jamais aimée ma vie là-bas. C'est ici que je suis née, où j'ai grandi. Je suis égyptienne, port-saïdienne et en plus musulmane. Pourquoi nous prennent-ils pour des étrangers ?", se demande Virginia avec indignation.

Attachée à sa ville natale, elle revient chaque année ? comme beaucoup d'autres d'ailleurs, accompagnée de son mari et y reste un mois. Aujourd'hui âgée de 58 ans, ses souvenirs du beau vieux temps ne s'estompent pas. "Nous avions une maison en bois, dans le bazar. Il y avait tout le monde : Italiens, Grecs, Egyptiens? On jouait ensemble, s'invitait, mangeait le kahk (petits gâteaux saupoudrés de sucre). J'ai toujours rêvé de cette ambiance joyeuse qui régnait pendant le Ramadan et la fête du petit Baïram".

"J'avais ma vie ici"

A 65 ans, Irène (ou encore madame Philippo) jouit d'une douce retraite. Auparavant, elle avait travaillé dans une entreprise pour le transport maritime. Cette grecque, née également à Port-Saïd, n'a jamais voulu quitter la ville, même après le décès de son mari égyptien. "En 1970, mes parents sont rentrés définitivement en Grèce. Moi, j'avais ma vie ici. Il est vrai que la ville a beaucoup changé. Mais avec mes deux enfants, je mène une vie tranquille, agréable. Nous avons beaucoup d'amis, nos fêtes à l'Eglise? C'est formidable ! Je ne veux pas plus que ça". Irène parle ainsi sobrement, sur un ton calme. Elle garde des liens très forts avec les membres de sa communauté dont le nombre ne dépasse pas les trente-trois personnes (autrefois 17.000), parmi lesquels se trouvent les plus âgés.

Cela n'a rien d'étonnant. Très vraisemblablement, la communauté grecque était la plus importante à l'époque. En témoignent certaines fondations importantes, comme les magasins Au Mikado et Athanassoulis, le théâtre Eldorado, l'hôtel Akri? ainsi que les nombreuses tombes trouvées. Rien qu'à savoir que les deux tiers des ouvriers du Canal de Suez étaient des Grecs, ça nous donne déjà une idée. Ces gens ont aimé la ville, raison pour laquelle ils y ont investi beaucoup d'argent. Ils étaient venus dans "la petite Cassos", à la recherche d'un avenir meilleur.  

Nihad Attar (www.lepetitjournal.com/le-caire) Lundi 30 avril 2013 (réédition)

Publié le 29 avril 2013, mis à jour le 29 avril 2013
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