

L'Egypte est le cinquième pays mondial en terme de nombre de réfugiés venant s'y installer. Entre 30 000 (chiffre officiel) et 500 000 selon les organisations spécialisées, ils viennent principalement du Soudan, de la Somalie, de l'Ethiopie, de l'Erythrée, même si les nationalités peuvent être très diverses. Leur situation sociale, économique et personnelle est, comme chacun peut l'imaginer, très difficile
Différentes organisations existent au Caire, telle AMERA, qui est cependant la seule à offrir une assistance légale. C'est le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés qui détermine le statut légal de réfugié. Sabrina, jeune bénévole, explique : « En première instance, il faut réaliser la présentation du témoignage. S'il y a rejet, on a 30 jours pour faire appel. On aimerait aider tout le monde, mais par faute de capacité, il faut parfois choisir : il faut se concentrer sur les personnes qui ont le plus de chance d'être acceptées. »
Les raisons de départ de leur pays d'origine sont diverses, comme notamment les persécutions religieuses en Erythrée, pays qui connait en parallèle des persécutions au niveau politique, comme l'Ethiopie.
Les enfants, les plus vulnérables
Une fois arrivées en Egypte, le parcours de ces personnes démunies est loin d'être stable et heureux. Le premier problème remarqué par la jeune activiste est celui des enfants, qu'ils soient accompagnés ou non, car ils sont les plus vulnérables.
L'Egypte a ratifié la Convention des Droits des Enfants, qui donne en particulier à tous les enfants le droit à l'éducation primaire. Mais comme souvent, l'application est plus difficile. L'accès à l'éducation est rempli d'embûches pour ces jeunes réfugiés : les écoles gouvernementales, tout comme les écoles spécialisées pour les réfugiés, sont surchargées. De plus ces institutions spécialisées s'arrêtent à 18 ans. Et ensuite, que faire ? Photo : Amera DR
Racisme et solitude
Jets de cailloux, crachats, insultes, le quotidien des réfugiés n'est pas rose. Nombre d'entre eux font des dépressions. Pour les aider, une des équipes de l'organisation AMERA est spécialisée dans le psycho-social. Sessions avec un psychologue, soutien social pour trouver une école, voir un médecin...
Ces personnes quittent leur pays car leur situation est devenue dangereuse, et arrivent dans un autre, complètement dépaysés, sans leur famille, leur entourage social. « J'ai notamment l'exemple d'un Djiboutien, qui veut partir de ce pays où il n'y a rien pour lui, qui est exploité par les Egytpiens, qui est prêt à mourir pour traverser une frontière, et aller n'importe où » relate Sabrina.
Dans une société où le taux de chomage élevé ainsi que la crise du logement font partie des plaie du pays, il est difficile d'imaginer comment le gouvernement pourrait prendre en charge ces réfugiés de façon sérieuse...
Noémie Bonnin (www.lepetitjournal.com/le-caire) Dimanche 19 mai 2013 (réédition)






