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PROJETS DE LOIS - Les incohérences se succèdent

Depuis l’élection du président Morsi, les Egyptiens comme les expatriés observent avec circonspection les changements sociopolitiques dans le pays, et notamment certaines tentatives de légiférer sur des sujets jugés abracadabrants.

Mohamed Morsi envisage de transformer la vie des noctambules, mais pas seulement. Voilà maintenant un mois que l’on parle d’un projet qui voudrait obliger les magasins et restaurants à fermer bien plus tôt le soir, que les critiques et railleries fusent de toutes parts.

"Vingt-deux heures tapantes pour les magasins et minuit pour les restaurants. Cela nous rappelle le couvre-feu de la sacro-sainte révolution", ironise Marianne, une enseignante de français du quartier de Mohandessine.

"Le gouvernement a presque oublié qu’il y a un an et demi, on descendait en plein couvre-feu dans les rues du Caire et d’Alexandrie simplement pour voir à quoi cela ressemblait. Je parie que si on risque de valider ce projet, le gouvernement aura affaire à un nouveau phénomène : celui des marchands ambulants nocturnes", ironise Rami, un jeune marchand de journaux.

Certainement, ne pas pouvoir faire ses courses le soir n’est pas un drame pour un occidental en terre d’Orient. Toutefois, la quasi-totalité des Egyptiens voient mal comment ils s’adapteront à cette décision qui serait loin d’être compatible avec le mode de vie cairote, alexandrin, ou celui des grandes villes du pays en général.

"Les propos du ministre égyptien du Développement local Ahmed Zaki semblent, à mon sens, incohérents. Que voudrait-il dire par le fait que nous allons, ainsi, marcher sur les pas des pays développés ? Si mes souvenirs sont bons, ces derniers en sont arrivés à leur niveau socio-économique à force de travailler de jour comme de nuit", s’insurge Mirella, une mordue des médias sociaux.

Et de poursuivre, non sans étonnement : "Et dire que les autorités ont justifié ce projet par la nécessité de réaliser des économies d’énergie !".

En effet, les autorités égyptiennes avancent que ce projet de loi permettrait de réaliser une économie de 750 millions d’euros par an. Une promesse qui laisse songeur…

Bête noire des étrangères
Quoi qu’il en soit, la bête noire des étrangers et plus précisément des étrangères reste le harcèlement sexuel. Cette année encore, des dizaines de cas de harcèlement de personnes ont été essentiellement recensés au niveau de la capitale du pays. De quoi prendre toutes ses précautions face à ces abus.

Dernièrement, la jeune réalisatrice égyptienne Neveen Shalaby s’est penchée sur l’absence de lois qui protègent la femme dans les lieux publics, dans le cadre d’un film documentaire tourné en immersion dans les rues cairotes.

A un moment du tournage, la jeune femme et son amie qui l’accompagnait se sont senties poursuivies pour un dandy d’un certain âge, conduisant une luxueuse voiture. Il a insisté à leur parler et accepté d’être filmé.

Aujourd’hui, le documentaire a été diffusé, montrant cette scène précise. Le plus intriguant dans cette histoire, c’est que l’homme en question menace la réalisatrice de la poursuivre en justice au cas où elle ne retirerait pas la scène montrant son harcèlement flagrant car "il tient à son épouse et à ses enfants", dit-il.

En Egypte, le phénomène du harcèlement est d’autant plus déplaisant que la première proposition de loi contre le fléau date, à peine, de juin dernier. Certainement, un tohu-bohu médiatique et associatif l’a précédé en 2010 mais a vite fait chou blanc et subi le piètre sort d’être jeté aux oubliettes. Et pourtant, l’actuelle proposition ne compte pas faire de cadeaux aux filles habillées en tenues légères.

"Parfois, c’est la femme qui provoque l’homme à cause de son habit indécent",
est une accusation qui fuse chez les plus conservateurs au pouvoir, dès que la question est soulevée dans ce pays du monde.

Houda Belabd (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) mardi 20 novembre 2012 (réédition)

 

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