LIBRAIRIES FRANCOPHONES - Un destin incertain

 

Le 9 mai dernier étaient supprimées les garanties Coface, obligeant les librairies à payer  comptant à la commande tous les livres commandés auprès des éditeurs français. Quelques mois plus tard et malgré une amélioration notable de la réglementation, les conséquences sont toujours aussi importantes pour les librairies

La coface, assureur crédit à l'export français, avait estimé que la situation économique et politique du pays ne lui permettait plus de maintenir ses garanties. A la suite de cela, les librairies francophones avaient envoyé un courrier commun auprès de la Centrale d'édition pour témoigner de leur incapacité à se plier aux nouvelles directives.

Fin mai, grâce au travail de discussion menée par celle-ci auprès des éditeurs et des pouvoirs publics, les libraires ont obtenu le droit de payer d’avance leurs commandes à hauteur de 25%. Une avancée qui ne suffit pas selon Agnès Debiage, directrice de la librairie Oum El Dounia : « Auparavant nous pouvions passer des commandes à la demande, aujourd'hui nous limitons leurs nombres car le processus est devenu compliqué ».

Nouvelle organisation

Tout le secteur de la librairie francophone est chamboulé, l'offre de nouveaux livres se retrouve réduit, la qualité du service client fragilisé. « La garantie coface permettait de commander des livres sans acompte, maintenant à la réception du devis émis par l'éditeur il faut payer 25% de la facture. Une fois la commande émise nous disposons de 60 jours pour payer la facture » explique Agnès Debiage. Autrement dit sans capital suffisant il est impossible d'importer de nouveaux livres.

Ce nouveau processus connaît aussi quelques défauts informatiques. En effet la coordination entre le service commercial et la comptabilité des éditions est quelque fois capricieuse. Selon Nourhane Nabil, directrice de la Librairie Renaissance, certaines librairies n'ont pas reçu leurs livres malgré le versement d'acompte de 25%. « Pour contrer cette problématique j'ai fait le choix de payer 100% en avance mais je ne pourrai pas le faire tout le temps » s'exclame Nourhane Nabil.

Les partenaires des librairies doivent aussi s'adapter, cela a été le cas des écoles pour la préparation de la rentrée scolaire. « Il a fallu qu'on s'organise, dès que j'ai su que la garantie coface allait être supprimée j'ai prévenu mes clients » précise Agnès Debiage. Cette contrainte pose toutefois des barrières. « Certaines écoles n'ont pas pu commander leurs livres scolaires à défaut de payer l'avance » relate Nourhane Nabil, gérante de la Librairie Renaissance. Les éditeurs ont fait eux aussi un geste commercial. Jusqu'alors garantis à hauteur de 90% de leurs factures en cas d'impayés, ils ont porté ce montant à 50% en cas de défaillance de paiement.

Reprise de dialogue

Cette suppression peut à terme engendrer de néfastes conséquences'' souligne Agnes Debiage. ''La francophonie est déjà peu présente en Egypte, ajoutons à cela les difficultés économiques engendrées par la révolution, l'avenir n'est pas des plus optimiste'' précise-t-elle.

Toutefois une récente reprise de dialogue pourrait apporter quelques changements. « Dans le cadre des mes activités associatives et en tant que secrétaire générale de l'Association internationale des librairies francophones (AILF), nous avons eu à Paris plusieurs rendez-vous importants ces derniers jours dont un entretien avec Madame Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministère des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie » rapporte Agnès Debiage. Elle confie également avoir pu s'entretenir quelques minutes sur ce sujet avec Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères. « Tous ces interlocuteurs se sont montrés très concernés par le problème de la coface » indique-t-elle. Une porte entrouverte qui donne espoir pour les librairies francophones.

Emilie Rolland (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) mercredi 10 octobre 2012  (réédition)

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