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ATTAQUE DU SINAI - Echange d'accusations

 

Alors que 35 hommes armés ont ouvert le feu sur une position de l'armée égyptienne dans le Sinaï dimanche dernier, Israël a restitué à l'Egypte les corps de "six à huit" assaillants qui ont tué 16 gardes-frontières

L'armée égyptienne a promis de "venger" ces gardes-frontières en qualifiant l'attaque de "terroriste".

Tandis que pour le chef du gouvernement du Hamas à Gaza Ismaïl Haniyeh, "aucun Palestinien ne veut tuer qui que ce soit en Egypte. Toute attaque contre la sécurité de l'Egypte vise aussi la sécurité des Palestiniens. Nous appelons l'Egypte à discuter de toutes les questions touchant aux intérêts mutuels de l'Egypte et des Palestiniens", a-t-il dit.

En conséquence, l'Egypte a décidé de fermer "sine die" le terminal de Rafah, à sa frontière avec la bande de Gaza. Le terminal est l'unique point de passage entre le territoire palestinien, contrôlé par le mouvement islamiste Hamas, et le monde extérieur à ne pas être contrôlé par Israël.

Pour les Frères musulmans d'Egypte, "ce crime peut être attribué au Mossad, qui tente de faire avorter la révolution depuis qu'elle a eu lieu et la preuve en est qu'il a donné pour instruction à ses citoyens sionistes se trouvant dans le Sinaï de partir immédiatement il y a plusieurs jours".

Ils estiment aussi que que l'attentat visait notamment à "tenter d'entraver le projet de réforme du président", à montrer que son tout nouveau gouvernement est en situation "d'échec", et à "créer un gros problème pour l'Egypte (...) à la frontière en plus de problèmes internes".

En état d'alerte

Du côté israélien, le chef d’état-major de l’armée Benny Gantz estime avoir "évité un attentat gravissime qui aurait pu nous coûter cher en vies humaines. Notre politique sécuritaire se poursuivra donc et les forces israéliennes stationnées le long du désert du Sinaï resteront en état d’alerte "le temps qu’il faudra".

Le porte-parole du département d'Etat américain, Patrick Ventrell, a quant à lui déclaré que "la situation en terme de sécurité dans le Sinaï est un sujet que nous avons abordé avec les autorités égyptiennes, c'est une question d'inquiétude permanente pour nous", avant de préciser que Washington "se tenait 'prêt à aider le gouvernement égyptien' dans ses effort".

Depuis le début de cette année, les accrochages et les tirs de roquettes se sont multipliés le long de la frontière entre les deux pays.

Le président égyptien Mohamed Morsi a proclamé lundi trois jours de deuil national après l'attaque et a promis de reprendre en main la péninsule du Sinaï. Mais mardi, il a décidé de ne pas se rendre aux funérailles des soldats tués, en raison de sa sécurité qui ne pouvait pas être assurée convenablement.

Ce qui n'a pas manqué de provoquer la colère de ses opposants. Et surtout de soulever une question: "comment l'armée ne peut elle pas assurer la sécurité du président?" s'interrogeait un activiste sur Twitter.

LPJ Le Caire (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) mercredi 8 août 2012

 

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