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23 JUILLET – Le nouveau président face à l'ampleur de la tâche

 

L'Egypte célèbre aujourd'hui le 60ième anniversaire de la révolution 1952, avec le renversement par Gamal Abdel Nasser de la monarchie pour installer la république. Mais le pays se trouve, en ce début de mois de ramadan, dans une situation interne très préoccupante

Le nouveau président Morsi, issu des Frères musulmans, s'est adressé hier soir à la nation, pour rappeler ses missions et reconnaitre la révolution de 1952. Avec une confrérie combattue sous Nasser après en avoir été ses alliés, beaucoup se demandaient pourquoi il s'est exprimé en cette occasion alors qu'il avait refusé d'assister samedi dernier aux funérailles de Omar Souleiman, l'ancien chef des renseignements de Moubarak, et comme Nasser, officier de l'armée égyptienne. "Qu'il reste fidèle à sa ligne. S'il veut ignorer les militaires qui ont été à la tête du pays ces  60 dernières années, qu'il le fasse jusqu'au bout. Pourquoi veut-il maintenant célébrer le coup d'Etat de Nasser? " s'indigne Marwa, 34 ans, serveuse dans un café du centre-ville du Caire.

Morsi est en poste depuis maintenant 23 jours et ne possède toujours pas de gouvernement. De fait, ces pouvoirs ont été fortement réduits par le Conseil militaire au pouvoir, et le gouvernement en place avant l'élection présidentielle, choisi par les militaires, restera en place jusqu'à la fin du ramadan.

Signe que les choses vont de mal en pis depuis la victoire de Morsi, les plaintes se multiplient au Caire au sujet des coupures d'électricité, empoisonnant le déroulement du mois de jeûne, qui tombe cette année encore en plein été avec des températures qui flirtent avec les 40° dans la capitale. Des protestations importantes se sont formées devant le gouvernorat de Guizeh, pour réclamer des explications et surtout des solutions aux coupures de courant. De nombreuses personnes, les plus âgées, sont obligées de vivre avec la climatisation allumée toute la journée, au risque de faire des malaises.

Situation insensée

Dans les rues, la situation n'est pas meilleure. Depuis trois jours, les ordures ménagères ne sont plus ramassées, et les détritus s'amoncèlent pour former de véritables pyramides. Les débats s'enflamment dans les talk-shows télévisés avec des commentateurs qui s'égosillent face à cette situation insensée. "La majorité de la population a voté pour Mohamed Morsi lors des dernières présidentielles. Pourquoi ceux qui ont l'ont soutenu ne l'aident pas aujourd'hui dans sa nouvelle tâche de président " vocifère le célèbre animateur Amr Adib, dans son émission AL Qahera El Youm (Le Caire aujourd'hui). Un général retraité se demande "pourquoi les comités de sécurité apparus à tous les coins de rue pendant la révolution (janvier-février 2011) afin d'assurer la sécurité des habitations face aux vandales et pilleurs ne se reforment pas aujourd'hui? La situation est pourtant urgente pour nettoyer les rues? Et de poursuivre: " C'est quand même incroyable, on dirait maintenant que nous assistons à un travail de sape du premier président démocratiquement élu d'Egypte !"

Au niveau de la circulation, le problème des embouteillages est loin d'être résolu avec de nombreux automobilistes condamnés à rester des heures dans leur véhicule avant de pouvoir atteindre leur domicile en fin d'après-midi. Morsi a pourtant fait de cette plaie du Caire une de ses priorités, mais divers responsables se sont déjà cassé les dents sur la question. Du coup, des automobilistes sont obligés de rompre leur jeûne sur le bord du trottoir.

La police, toujours très faible depuis 18 mois, n'a pas non plus empêché qu'une simple bagarre dans la ville de Port-Saïd, dégénère en violence généralisée et fortement armée entre les habitants d'un voisinage. Avec des scènes où l'on a vu des hommes habillés d'un simple maillot de corps blanc descendre dans les rues brandissant des couteaux de boucher.  L'accès de la ville a même été fermé pendant plusieurs heures tant les rues ont été chahutées.

Face à un tel constat interne, de nombreux égyptiens se demandent déjà pourquoi ils ont été appelés à voter pour élire un président au mois de juin dernier.

Olivier Hubert (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) lundi 23 juillet 2012

 

 

 

 

 

 
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