LIBERTES – Une première atteinte mortelle


Poignardé car il se promenait dans la rue avec sa fiancée, un étudiant a cette semaine succombé à ses blessures dans la ville de Suez. L’affaire provoque une forte indignation dans le pays

"C’est donc ce genre de dérives inacceptables que nous vaut l’élection de Morsy l’islamiste à la présidence de la république ?" s’interroge, effondrée, Lamis, jeune cadre dans une multinationale au Caire.

 

En début de semaine, alors qu’il se promenait main dans la main avec sa fiancée dans la ville de Suez, Ahmed Eid, étudiant de 20 ans en ingénierie est soudainement arrêté par deux hommes à moto.

Pour eux, le couple viole les règles de l’islam car non mariée, la jeune femme devrait être accompagnée  d’un "mehrem", personne dont le lien de parenté avec la femme est régi par les lois de l'inceste (frère, beau-frère, neveu, etc).

Outré, Ahmed Eid perd immédiatement son sang froid et répond "qu’il fait ce qu’il veut et ne laisse personne dicter sa conduite". Il recevra pour cette réponse un coup de poignard dans l’aine et décédera quelques heures plus tard à l’hôpital.

Les assaillants se sont dits appartenir, quand ils ont reconnu le crime sur une page du site Facebook, à "L’autorité de la prévention du vice et de la promotion de la vertu".

Dans les médias, la réaction est immédiate. Les commentateurs de tous genres se succèdent, tous dénoncent l’acte odieux. A la radio, une juriste réputée martèle que "ce genre de crime est gravement puni par les lois en vigueur et les autorités doivent agir rapidement".

A l’indignation générale, s’ajoute la lenteur de la police à retrouver les auteurs du crime dans une petite ville comme Suez, qui a d’ailleurs été témoin du premier "martyr du pays tombé pour la révolution en janvier 2011" souligne un quotidien arabophone.

Au Caire, dans le quartier de Mohandessine, quelques jours après le drame de Suez, deux hommes à moto aux allures de salafistes (barbe non taillée et sans moustache, vêtue de la traditionnelle tunique blanche) ont craché et insulté une française qui marchait dans la rue avec une poussette. Selon son bawab (portier), elle serait restée un long moment à pleurer après cette agression.

"Nous sommes écoeurés et très inquiets"
Pour Sameh, pharmacien,"ces actes traduisent la lente dérive liberticide dans laquelle plonge le pays. Beaucoup de mes amis et connaissance coptes pensent à quitter le pays  ou sont déjà partis. Nous sommes écoeurés et très inquiets par ce qui arrive en Egypte à cause des islamistes, ce ne sera bientôt plus l’Egypte que je connais".

Fait plus inquiétant, le président Morsy n’a pas condamné explicitement le crime, se contentant d’affirmer que ces "atteintes aux libertés individuelles n’étaient pas acceptables".

"Mais ce qui est le plus à craindre après l’élection de Morsy, ce n’est pas le président lui-même. Je redoute que la population masculine islamiste extrémiste se sente investie d’une mission de moralisation des mœurs de la société et qu’elle persécutent les passants par ses diverses remarques et actions. Cela sera un peu le sale travail laissé aux salafistes avec le feu vert tacite des Frères musulmans en échange des voix reçues par Morsy pour son élection à la présidence" estime l’universitaire Ahmed Aly.

Dans le quotidien La Croix,  Dina Aboul Fetouh Mohamed, chercheuse à l’Association pour la liberté de pensée et d’expression au Caire, déclare cette semaine de son côté "ne pas avoir encore le recul qui permettrait de comprendre comment ils (les frères musulmans) vont évoluer, quel sera leur vrai visage".

Morsy, qui, fait nouveau, a ouvert les portes du palais présidentiel aux doléances des Egyptiens - une démarche inimaginable sous Moubarak – fait face à la pression des libéraux après l’agression mortelle de Suez.

Une première épreuve décisive et dont la gestion aura des répercutions immédiates sur le crédit accordé aux Frères musulmans lors du dernier scrutin présidentiel.

Thomas Huget (www.lepetitjournal.com/le-caire.html) vendredi 6 juillet 2012

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