Kuala Lumpur

FLORENT MAMELLE - En lice pour la sélection du National Geographic

Florent Mamelle est un passionné des grands espaces. Ingénieur de formation et diplômé en océanographie et en environnement marin, il commence à voyager en 1988 et se tourne davantage vers des pays chauds. Récemment, deux de ses photographies ont été selectionnées lors du célèbre Concours du National Geographic dont les résultats finaux tomberont ce mois-ci. Florent y voit une profonde reconnaissance de son travail de photographe professionnel. Depuis 21 ans, il parcourt la terre en quête de nouvelles photos, de nouvelles expériences et de nouveaux volcans en éruption. 

Lepetitjournal.com Kuala Lumpur : Votre travail de photographe tourne essentiellement autour des volcans, considérez-vous cela comme une passion présente en vous depuis toujours ?

Florent Mamelle : C'est en 1986 à 19 ans que j’ai vu mon premier volcan sur l’Ile de la Réunion, puis en 1989, j’ai gravi le Popocatepetl au Mexique en éruption depuis quelques jours. En 1990, j’ai étudié les volcans à l’université puis en 1998, j'ai assisté à une éruption de l’Etna puis du Stromboli en Sicile. C'est à ce moment là que mon intérêt pour les volcans s’est mué en passion. Depuis cette époque, je gravis régulièrement des volcans en éruption. C’est un univers fascinant avec des températures glaciales ou des chaleurs extrêmes, des vents violents ou des gaz toxiques, des marches épuisantes et des nuits blanches. Il faut vraiment être passionné ! Et il faut aussi savoir s’arrêter…

Comment choisissez-vous les lieux que vous photographiez ?

Ma passion pour les volcans m'a conduit à visiter des lieux vraiment en dehors des sentiers battus. J'ai commencé à prendre des photos de la vie autour des volcans et à développer mon goût pour les photos ethniques et la vie quotidienne dans les endroits reculés. Vivant en Malaisie depuis 2009, j'ai à proximité un immense réservoir de sujets à découvrir : les volcans d'Indonésie et du Pacifique, et les ethnies de Chine, du Myanmar ou de Papouasie Nouvelle Guinée par exemple. Je privilégie les cérémonies qui donnent de magnifiques opportunités de belles photos, et j'explore la région en prenant mon temps. 

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre objectif ?

Mon style photographique vient de l'expérience acquise avec les volcans : saisir l'instant, jouer avec la perspective, les couleurs et les formes. Je ne recherche pas à faire du photo journalisme mais plutôt à être le témoin de modes de vie, généralement très durs mais qui sont aussi porteurs de joie et de beauté. Je vis d’abord les évènements et j’essaie d’en capturer l’essence. Je me sers des volcans pour créer des images avec un maximum d’impact visuel.

L'année 2016 a été bien remplie pour vous, avec la réalisation d'une exposition à White Box ainsi que la vente de photographie Fine Art en grand format, quels sont vos projets pour la suite ?

Du point de vue photographique, je vais me concentrer sur le Myanmar et la Papouasie Nouvelle Guinée sur les deux prochaines années. Et pour les volcans je vais plutôt être en attente de grosses éruptions, ce qui signifie que je dois être prêt à partir à tout moment et n’importe où !

Des expositions sont en cours d'étude, notamment à White Box Publika, ainsi qu'à l'étranger. J'envisage également de réaliser un livre sur le Myanmar en 2018 car j'ai accumulé énormément de photos de ce pays depuis 1997. J'en reviens juste et j'y retourne bientôt.

Vous avez récemment eu recours aux réseaux sociaux pour faire connaître votre travail, parlez-nous un peu de cette expérience.

Je viens de démarrer sur Instagram, et j'espère avoir 10.000 followers d'ici six mois. Mon compte est florentmamelle. Ce qui est fabuleux avec Internet c'est qu'on ne sait pas dans quelle direction cela va aller. Par exemple, je n'imaginais pas qu'en un mois Instagram me ferait rentrer en relation avec deux grands photographes américains qui ont réalisés de nombreux livres sur les volcans et le Myanmar, ni que mes photos du concours du National Geographic se retrouveraient sur des sites russes. Depuis, j'ai de nombreux followers russes. Internet est un moyen simple de partager ses photos. Les photos n'ont pas l'impact d'une impression en grand format, mais elles sont accessibles par beaucoup plus de monde que pour une exposition. Exposition et internet sont donc complémentaires.

Vous faites partie des finalistes du célèbre concour photo du National Géographic, vous y attendiez-vous ?

J'ai envoyé des photos dans deux catégories et elles font partie des 70 finalistes dans chaque catégorie parmi 80.000 photos en compétition. Le résultat sera connu ce mois-ci mais j'ai peu de chance d'être parmi les gagnants. Pour cela, faire une très belle photo ne suffit pas, il faut le petit plus qui la rend unique. Néanmoins, avoir deux photos retenues est une reconnaissance qui me fait très plaisir, et qui m'ouvre des portes.

Du 14 au 25 Février, une exposition sur les volcans sera organisée à l'Alliance Française de Kuala Lumpur où le travail de Florent sera exposé. Le vendredi 19 à 19h30, une conférence vous permettra de rencontrer le photographe qui partagera de nombreuses anecdotes sur les volcans.

 

(www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) vendredi 30 décembre 2016

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